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MOEURS, HABITUDES, REGIME. — ALIMENTATION

Lorsqu'une Fourmi veut manger, elle fait un mouvement fort complexe du pharynx qui pousse en avant la langue et toutes les parties circonvoisines (langues accessoires, mâchoires, etc.), tout en soulevant le labre comme un couvercle. Mais les mâchoires sont beaucoup trop courtes, trop faibles, trop membraneuses pour broyer un solide quelconque; elles ne peuvent faire entrer dans la bouche par leur mouvement de va-et-vient qu'un liquide ou tout au plus une bouillie. L'observation montre que c'est la langue qui sert surtout aux Fourmis, lorsqu'elles mangent ; elles l'emploient exactement comme les chiens lorsqu'ils lapent ou lorsqu'ils lèchent le fond d'une assiette; j'avais fait cette comparaison avant de savoir qu'elle avait déjà été faite par Lespès, et je ne saurais m'exprimer plus clairement. Lorsqu'elles ont affaire à un corps solide renfermant du liquide (un Insectep. ex.), les Fourmis le déchirent d'abord avec leurs mandibules, puis lapent ensuite son contenu. Ces faits ont été déjà reconnus, fort bien décrits par Huber, puis confirmés par Lespès, tandis que Léon Dufour croit les Fourmis capables de manger des corps solides et que d'Esterno les accuse de dévorer. Je ne saurais trop insister sur ce point, car il est incroyable de voir combien de personnes persistent à rester dans l'erreur à ce sujet. »

Elles trouvent leurs aliments dans les fruits, les sucs végétaux, les viandes, les cadavres d'Animaux, en particulier d'Insectes, en première ligne, dans les déjections des Cochenilles et des Pucerons, et non pas, ainsi que l'a constaté le docteur Forel, dans les sécrétions que leur fournissent certaines glandes par des conduits qui ont reçu le nom erroné de canaux mellifères. Aussi les Fourmis se trouvent-elles en grand nombre, là où demeurent les Pucerons, et les poursuivent-elles sur les plantes où ils s'installent.

C'est ainsi, par exemple, que la petite Fourmi brune des jardins (Lasius niger) gvimpe sur les arbrisseaux à la recherche des Aphides, caresse doucement avec son antenne le Puceron qu'elle choisit jusqu'à ce que celui-ci laisse échapper une goutte d'un liquide sucré que la Fourmi boit avec avidité. Quelquefois même, ainsi que nous le verrons, les Fourmis industrieuses font des chemins couverts pour atteindre les Aphides qu'elles enveloppent d'un abri maçonné afin de les protéger contre les attaques des autres Insectes.

Elles ne nuisent, du reste, aux végétaux

qu'en fouissant le sol autour des radicules qu'elles atteignent et qu'elles découvrent.

« Quoiqu'on ne puisse dire positivement que les Fourmis anglaises (1) fassent des provisions, quelques-unes se préparent du moins à en amasser à l'avenir. La petite Fourmi jaune des prairies (Lasius flavus), par exemple, se nourrit principalement du miellat de certaines Aphides qui sucent les racines de Gramen. Les Fourmis réunissent les Aphides dans le Nid; et, comme j'ai pu le constater moi-même, elles exercent une surveillance attentive non seulement sur les Aphides, mais encore sur leurs Œufs, action où l'on serait tenté de voir la prévoyance, et qui, dans un cas semblable, implique une prudence supérieure à celle de quelques Sauvages.

Les Cochenilles donnent aux Fourmis un aliment semblable à celui qui sort de l'orifice postérieur des Pucerons ; mais on n'a pas encore vu que les Fourmis les aient mis en réserve pour s'en servir au besoin.

Outre ces Hémithères, beaucoup d'autres Insectes vivent dans les Nids de Fourmis. Si on les considère comme Animaux domestiques, alors les Fourmis ont plus d'Animaux domestiques que l'Homme. La grande majorité de ces hôtes des Fourmis consistent en Coléoptères (2).

Outre l'alimentation indiquée, les Fourmis ont besoin d'un certain degré d'humidité pour prospérer et cette condition commande l'emplacement du Nid.

Elles ne rapportent point de provisions, à la façon des Abeilles ou des Guêpes sociales, mais certaines d'entre elles non contentes de cueillir et manger des graines de céréales, accumulent des réserves alimentaires considérables ainsi quenous le verrons plus loin.

« Les Fourmis du nord de l'Europe ne font pas de provisions pour l'hiver; leur nourriture n'est pas de nature à le permettre; mais elles réunissent souvent des graines afin de s'en servir comme matériaux propres à bâtir, et on les trouve sur le dôme de quelques Fourmilières; ce sont certaines espèces du centre et du sud qui amassent des grains, et quelquefois en quantités considérables.

11 n'y a pas de difficulté, de peine, de distance qui arrête les Fourmis pourla recherche de leur nourriture; d'ailleurs la gourmandise la plus raffinée développe toutes leurs aptitudes.

(1) Lubbock, p. 57.

(2) Nous y reviendrons à propos des Commensaux et Parasites des Fourmis.

LES PORMICIDES.

« Dans la cave d'une pharmacie bien connue de Berne, dit Vogt (1), il y avait depuis des années à la même place un énorme vase de sirop qu'on remplissait toujours. Depuis des années, les Fourmis y allaient comme chez elles; un jour nous fûmes curieux de suivre leur chemin... Il nous conduisit, par ie soupirail, dans la rue, la principale de Berne, où il y a beaucoup de circulation; de là, à travers le ruisseau, à la grande promenade de l'église, puis à travers les allées et le gazon jusqu'au parapet, et enfin au bas des murs de la terrasse, qui a environ 150 pieds de haut ; là, dans la muraille, se trouvait la Fourmilière. Le chemin avec ses détours mesurait plus de 600 mètres, traversait une promenade très fréquentée, plusieurs grandes rues en long et en large, un ruisseau, pour arriver enfin à un pot de sirop. N'est-ce pas pour le petit peuple des Fourmis un travail qui dépasse de beaucoup le fameux chemin de fer du Sômmering. »

C'est avec des gouttelettes limpides, qu'elles dégorgent de bouche à bouche que les Fourmis nourrissent les Larves, les Mâles, les Femelles de leur Nid ou quelque autre Ouvrière de leur colonie qui vient mendier auprès d'elles.

Durée de la vie des fourmis. —En poursuivant ce tableau de la vie des Fourmis, nous sommes obligés de nous en tenir aux traits les plus saillants; non seulement l'influence du lieu, de l'époque, du temps se fait sentir sur une seule et même espèce ; mais le mode d'existence présente des différences plus importantes encore d'une espèce à l'autre ; à dire vrai, d'ailleurs, nos connaissances sur ce point sont encore très incomplètes.

En premier lieu, la durée de chaque état de développement et l'époque où chacun de ses états se rencontre dans les Nids, varient suivant les espèces, suivant les saisons, et suivant les années.

On sait, par exemple, que, dans quelques espèces, telles que notre petite Fourmi des prairies, tandis que les Larves d'été ne durent que quelques semaines, les Larves d'automne se conservent, en subissant peu de changements, pendant tout l'hiver.

Les OEufs sont pondus en automne, et les Femelles fécondes ne se rencontrent plus dans les Nids au printemps (Solenopsis fugax) ; chez la plupart des autres espèces, les OEufs se trou-

(I) Vogt, Leçons sur les Animaux utiles et nuisibles. Paris, 1867, p. 250.

vent dans le Nid depuis le printemps jusqu'à l'automne, et metlent le minimum de temps (14 jours) à passer au degré suivant de leur évolution. Dans l'espèce que nous venons de citer, les Larves vivent depuis l'automne jusqu'au mois de juillet de l'année suivante; tandis que chez les Tapinoma, par exemple, les Larves, écloses des OEufs au commencement d'avril, peuvent devenir des Nymphes avant la fin de mai. Celles-ci mettent le moins de temps possible à terminer leur évolution complète lorsqu'elle commence aussitôt après la ponte; mais elles peuvent aussi passer l'hiver.

Il est bien difficile d'établir la durée de la vie d'une Fourmi adulte, tant à cause de l'habitude qu'ont les Fourmis de vivre par troupes, qu'à cause de la difficulté qu'il y a à reconnaître les individus. On estime, par comparaison, que celle des Mâles, qui ne servent à la procréation qu'à des époques déterminées, est la plus courte ; celle des Femelles fécondées serait plus longue que celle des Ouvrières, qui s'éteignent.

Cependant on suppose généralement qu'elles vivent environ une saison, et ceci est probablement la vérité, les Mâles mourant peu après l'accouplement.

On admet qu'une mère primitive peut vivre un peu plus d'un an. On en trouve souvent un grand nombre dans un Nid, car elles ne connaissent point la jalousie, comme les Abeilles-Reines. On ne trouve des Femelles ailées, par conséquent non fécondées encore, et des Mâles, qu'à des époques fixes; à ce point de vue il faut encore observer quelques différences. Ainsi les Nids de Formica pratensis renferment toute l'année des Mâles et des Femelles à côté des Ouvrières; ceux des Leptothorax ne contiennent à une certaine époque que des Mâles, à une autre époque que des Femelles.

D'après Christ, les Femelles et les Ouvrières vivraient par contre trois ou quatre ans. Cette opinion n'est guère admissible.

«J'ai gardé, il est vrai.ditForel, une Ouvrière de L. luberum huit mois en vie dans une boite, et elle était certainement éclose depuis quatre mois quand j'ai commencé à l'élever, mais c'est le seul exemple positif que je connaisse d'une pareille longévité en captivité. L'ensemble de mes observations sur les mœurs des Fourmis m'a amené à la conviction que la vie moyenne de ces Insectes Femelles, et Ouvrières à l'état parfait, doit être d'un an environ, plus souvent moins que davantage.

MŒURS, HABITUDES, RÉGIME. — OHGANE DES FOURMILIERES.

Je suis persuadé qu'en automne il ne reste presque plus que les Femelles écloses pendant le courant de l'été. Christ base son opinion sur la coloration plus ou moins foncée des Femelles d'une même Fourmilière. Or, lorsqu'il fait chaud, une Fourmi atteint peu de jours après son éclosion la nuance qu'elle gardera toute sa vie. Il ne faut pas confondre ce fait avec celui des variétés individuelles de coloration (les petites Femelles sont ordinairement plus foncées que les grandes); dans une môme Fourmilière, une Femelle plus foncée qu'une autre est souvent beaucoup plus jeune qu'elle, ce dont je me suis très souvent assuré en suivant le développement des jeunes Femelles après leur éclosion.

Cependant Lubbock (1) raconte, en 1877, qu'il a encore des Ouvrières de la F. cinerea, prises a Castellamare en décembre 1875, et quelquesunes de la F. sangirinea et de la F. fusca qu'il possède depuis le mois de septembre de la même année. Elles ont donc aujourd'hui un an et demi. Il a aussi quelques Reines de la F. fusca qu'il observe depuis le mois de décembre 1874, et qui paraissent encore en parfaite santé.

Si elles vivaient plus longtemps, et qu'elles pussent comparer les résultats acquis par l'expérience, les Fourmis, grâce à leur puissance de propagation, même dans les régions tempérées, pourraient lutter avec l'Homme sans trop de désavantage.

Origine des fourmilières. — « Des milliers de Fourmilières, toutes ennemies les unes des autres, peuplent chacune de nos prairies (2). Nous en voyons qui s'éteignent, d'autres qui apparaissent, d'autres qui déménagent; nous pouvons aussi en observer beaucoup qui demeurent florissantes pendant de nombreuses années. Mais d'où vient que leur origine nous échappe toujours ou presque toujours ?

Huber l'avait, semblait-il, mise au jour d'une manière aussi plausible qu'ingénieuse ; il croyait avoir des preuves suffisantes pour affirmer que les Ouvrières fécondes sont capables à elles seules de fonder une nouvelle Fourmilière. Mais les .observations d'Ebrard, celles de Forel paraissent montrer qu'un fait pareil ne peut pas se produire. Pourquoi ne trouve-t-on jamais d'Ouvrières seules avec des Larves avancées ou des Nymphes? Un fait positif est qu'on voit souvent apparaître en un lieu une

(1) Lubbock, loc. cit., p. 58.

2) Forel, loc. cit., p. 4l7.

Fourmilière encore faible, composée de Femelles en assezpetilnombre, avec une Ouvrière féconde, sans qu'on puisse comprendre d'où elle est venue (ainsi chez la F. pratensis). C'est laque nous manquons de données et que nous devons encore avoir recours aux conjectures. « La supposition qui se présente tout naturellement, c'est qu'une Ouvrière féconde isolée, établie dans une case, est découverte par une ou plusieurs Femelles de son espèce, égarées ou éloignées de leur Fourmilière, lesquelles s'allient à elle et fondent avec elle une nouvelle peuplade, abandonnant toute relation avec leurs anciennes compagnes.

« Cette hypothèse a déjà été faile par Le Pe- Ictier (1 ), et il la base sur une observation. 11 dit avoir vu une Ouvrière féconde seule dans un trou, puis les Femelles de son espèce venir aux alentours, la nourrir, et fonder le lendemain un Nid à cet endroit.

J'avoue que cette observation m'inspire très peu de confiance, d'autant plus que Le Peletier ne s'est point occupé spécialement de Fourmis; il ne donne aucun détail sur le temps qu'il a employé à suivre cet épisode, ni sur les Fourmilières avoisinantes. La supposition n'en reste pas moins très heureuse.

Ebrard l'a faite de nouveau, sans citer Le Peletier; pour lui c'est un fait évident, car il croit que les Fourmis de Fourmilières différentes ne sont point ennemies lorsqu'elles sont de même espèce En outre, Ebrard parle des colonies et de la formation de Fourmilières nouvelles (il confond les notions de Nid et de Fourmilière) par ce moyen.

Mais je n'en reste pas moins persuadé que la scission d'une colonie en deux ou plusieurs Fourmilières n'est point un fait normal, se produisant régulièrement; je la regarde plutôt comme un cas exceptionnel. Il ne peut en être question chez les espèces qui ne font jamais de colonies.

« Il ne nous reste donc que la supposition de Le Peletier, mais je crois qu'il faut se garder de la prendre pour un fait acquis. Je ne crois pas non plus que l'idée d'Huber puisse être encore absolument rejelée.

« N'oublions pas la grande variété de Fourmis. Ce qui est vrai pour une espèce ne l'est peut-être pas pour une autre. »

Si je prends des cas particuliers, on s'en rendra compte. L7/. quadripunctata, la C. trun-

1 1 Le Peletier, Hist. liât, '/es Ht/m., t. I, p. lii;

LES PORMICIDES.

enta et divers Leptothorax ne vivent presque que dans ou sur les arbres, en Fourmilières assez petites ou très petites. Les deux premières espèces ne sont pas communes. Comment se fait-il qu'on en trouve des Fourmilières sur des arbres entièrement isolés, au milieu d'une prairie, par exemple. J'avoue que je ne puis me représenter une demeure de C. u-uncata traversant seule une prairie sur la longueur d'une centaine de mètres pour venir tomber sur un Noyer et y trouver une Femelle féconde isolée de son espèce. Ici l'on revient involontairement à l'opinion d'Huber.

Mais d'un autre côté il est tout aussi difficile de se représenter une Ouvrière pmtensis fondant seule une Fourmilière, pour qui connaît les mœurs de cette Fourmi.

Il en est de même du L. fuliginosus, comment arrive-t-il dans des bouquets d'arbres isolés? Mais aussi comment une Ouvrière de cette espèce fonderait-elle seule une Fourmilière? Il y a là encore des découvertes à faire, j'en suis persuadé.

« Les suppositions d'Huber et de LePeletier n'expliquent du reste pas tous les faits, à supposer même qu'elles soient vraies pour les Fourmis ordinaires.

« Comment commencent les Fourmilières des Polyergus, Slrongylognatkàs et Anergates? Huber s'imagine que les Ouvrières fécondes de P. rufiscens se mettent à travailler, à élever leur famille, et qu'ensuite les Femelles, elles aussi, sont laborieuses jusqu'à ce qu'elles aient pu se faire des esclaves. Ici il y a double hypothèse, et probablement double erreur. Les Ouvrières rufesceiis sont incapables d'élever des Larves et de les nourrir; tout nous le montre, et le passage de Latreille, cité par Huber (I), prouve tout simplement que le premier de ces auteurs n'avait pas su voir les Fourmilières de cette espèce (2).

« Toutes les observations faites dès lors, y compris les miennes, montrent que jamais le le P. rufescens ne se trouve sans esclaves, que jamais il ne travaille. 11 en est de même des deux autres genres que je viens de nommer. Avec l'hypothèse de Le Peletier, les faits s'ex-

(1) Huber, loc. cit., p. 253.

(2) Latreille dit : « Cetle espèce est fort rare ; je ne l'ai observée en société qu'une seule fois, encore n'y avait-il qu'un très petit nombre d'individus. Elle court très vite, et fait son Nid, je crois, dans la terre. » Huber en déduit que, plus heureux que lui, son prédécesseur avait vu une Fourmilière naissante, composée de P. rufescens sans esclaves.

pliqueraient déjà beaucoup mieux. Il suffirait pour ces trois genres que les Ouvrières fécondes soient trouvées par des Femelles de l'espèce esclave qui s'allient à elles, fait qui n'aurait rien d'étonnant. Mais cela n'explique point la manière dont se continuent les Fourmilières de Strongylognathns testaceus et d'A nergates, car ces espèces étant incapables de se procurer des esclaves, et les Ouvrières et Mâles TelramoriUm manquant dans leurs Fourmilières, celles-ci s'éteindraient à la première génération. Si l'on arrivait à démontrer que les Ouvrières peuvent se reproduire par parthénogenèse, la question serait peut-être résolue, mais on ne peut admettre un fait pareil sans de bonnes preuves.

Lubbock (1) résume la question en quelques lignes : «11 est étonnant, qu'à l'heure qu'il est nous ne sachions même pas exactement comment un Nid deFourmis prend naissance. Est- ce une colonie détachée d'un Nid plus ancien ; des Ouvrières errantes, qui par hasard rencontrent une Reine, s'attachent-elles à elle dans certaines circonstances, et commencent-elles un nouveau Nid ; ou bien encore, la Reine des Fourmis, comme la Reine des Guêpes, se bàtit-elle une cellule, et ensuite amène-t-elle quelques Ouvrières qui se chargent alors de tous les travaux de la famille ? C'est ce que nous ne savons pas encore. »

Habitat des fourmis. — "L'habitat des Fourmis est très varié (2). Certains lieux sont cependant plus ou moins complètement à leur abri. Ce sont d'abord les champs cultivés qu'on laboure toutes les années ou au bout d'un cycle de peu d'années (champs de céréales, de Colza, de Pommes de terre, etc. ; prairies artificielles). Ce fait était déjà connu de Latreille. Il n'a guère besoin d'explication ; le labour détruit les Nids, ce qui, joint à une trop grande infériorité de végétation, engage les Fourmis à émigrer. Les F. rufibarbis, sanguinea et fitsca bravent souvent ces inconvénients. Les marais proprement dits sont inhabitables pour les Fourmis. On est cependant étonné de trouver encore des Fourmilières florissantes de L. flarus et de M. Ixvinodis dans les prairies marécageuses qui sont submergées pendant une partie de l'année; il semble qu'elles devraient être noyées. Les parties centrales, touffues des forêts, où aucun rayon de soleil ne peut pénétrer, sont le plus souvent sans Four-

(I) Lubbock, loc. cit., p. 63.

(?) Forel, loc. cit., p. 232.

Brehm, Insectes.

T. VIII, PI. XIX, p. 15.

Corbeil, Crèlé, inip.

Paris, J.-B. Baillière «l Fils, édil. „„„.

FOURMILIERE DE LA FOURMI ROUSSE DES FORÊTS (FORMICA RUFAj.

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