LES CIGADIDES OU CIGALES CHANTEUSES
Fig 1595. — Cigale plébéienne vue à l'envers pour montrer le rostre, l'insertion et la forme des pattes ; les opercules ou volets v de l'appareil musical.
Fig. 1^90. — Appareil musical de la Cigale? (Cicada
Fig. 159G.
plebeiu). Partie antérieure, le volet gauche v a été coupé à la base ; le fond de la caverne C a été enlevé pour laisser voir nettement la timbale (d'après Carlet) (*).
(*) In, premier anneau de l'abdomen ; 2«, deuxième anneau; ap, apophyse de la membrane plissée; C, caverne; c cheville de F.éaumur ou trochantin de la 3' patte; ent, aile de l'entogastre : mi, miroir; mpl, membrane plissée; P, patte de la troisième paire : st, stigmate dumétathorax; st' ,st", premier et deuxième stigmate de l'abdomen ; t, timbale ;v, volet.
Celles-ci reviennent sur elles-mêmes par leur élasticité.
« La caisse du tambour [cari té thoraco-abdominale) est en partie constituée par des membranes, les unes sèches [miroirs), les autres molles [membranes plissées) et tendues par des muscles propres [muscles tenseui'S des membranes plissées). Ces membranes vibrent par influence, ébranlées par les vibrations des timbales. Des stigmates mettent la caisse en communication avec le dehors, et maintiennent à son intérieur la pression normale.
« Le tambour est renfermé dans une cavité où des loges spéciales [cavernes, cavités semioperculaires) protègent respectivement les timbales et la partie membraneuse de la caisse. ce Quand la Cigale chante en liberté, elle remue rapidement l'abdomen, l'élevant et l'abaissant tour à tour. En agissant ainsi, elle ouvre et ferme à volonté la cavité protectrice du tambour et donne à son chant plus ou moins d'éclat(l). » Les Femelles ne jouissent pas de cet organe phonateur; elles gardent, discrètes compagnes, un silence modeste, et se livrent tout entières aux soins domestiques, c'est-à-dire s'occupent d'assurer la conservation de l'espèce et le sort de leur progéniture. Il leur suffit de percevoir les sons à l'aide desquels les Mâles les attirent;
(1) G. Carlet, Mémoire sur l'appareil musical de la Cigale; Ann. se. natur. , 1877.
on ne sait pas encore aujourd'hui comment a lieu cette perception.
La stridulation est forte et aiguë, formée d'une seule note fréquemment réitérée, finissant par s'affaiblir peu à peu, et se terminant par une sorte de sifflement comme st, analogue au bruit de l'air sortant par une petite ouverture. Si on la saisit, elle jette des cris très forts, qui diffèrent assez notablement de son chant en liberté.
En sifflant devant une Cigale de manière à imiter sa stridulation, on la charme et l'attire ; c'est ainsi que Boyer de Foscolombe réussissait à déterminer ces Insectes à descendre des arbres, à venir se poser sur sa canne et même, chose plus singulière, sur son nez.
La Fontaine a dit :
La Cigale ayant chanté
Tout l'été Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue.
C'est là une erreur, la Cigale n'est pas frivole, ni paresseuse, ni imprévoyante, elle n'est pas tout occupée de ses plaisirs ; elle s lit pourvoir à tout et n'a pas besoin du secours de ses voisins. La Cigale a été souvent confondue dans les pays du Nord avec la grande Sauterelle verte dont le cri rappelle celui de la Cigale, bien qu'il soit beaucoup moins retentissant; voilà pourquoi les figures qui ornent les anciennes éditions des Fables de La Fontaine représentent
Bbehvi, Insectes
Pans, J.-B. Bjillière et FiK ed
LES RHYNCHOTES, HÉMIPTÈRES ET HOMOPTÈRES.
'1. Membrace à bonnet phrygien.