LE PHYLLOXERA DU CHENE
portent appliquées horizontalement sur le dos à la manière des Coccides et non pas inclinées en toit à la façon des Aphides. D'autre part, une particularité importante permet de les caractériser nettement : les antennes n'ont que trois articles à toutes les phases de leur existence. Le troisième article offre des particularités de structure qui suffisent à elles seules pour caractériser la tribu des Phylloxerines. 11 présente chez les jeunes et les Nymphes au voisinage de l'extrémité et du côté externe un organe particulier qui a l'aspect d'un chaton de bague (fig. 1G33, p. 501, et fig. 1630, 1651, p. 512), d'où le nom de chaton qu'on lui donne habituellement; il est constitué par une membrane bombée, sorte de tympan, sertie d'un cadre chitineux ovalaire. Chez les individus ailés l'article terminal s'allonge considérablement; le chaton de l'extrémité du troisième article existe comme chez les jeunes et les Nymphes, mais il se constitue à la base, également du côté externe, un nouveau chaton (fig. 1645, p. 511). Ces chatons sont évidemment des organes de sens, très probablement des organes d'odorat. Les Phylloxerines sont ovipares comme les Coccides, et parthénogénésiques comme les Pucerons.
LKS PHYLLOXERAS — PHYLLOXERA
Caractère». — Créé en 1834 par Boyer de Fonscolombe, ce genre se distingue par les caractères essentiels précédents, ainsi que par les suivants : le corps est large et aplati; la tête étroite porte trois ocelles et des yeux à facettes gros, mamelonnés, divisés en deux parties, l'une supérieure, la plus considérable, l'autre logée dans une échancrure de la précédente et composée seulement de trois cristallins ; le thorax est plus long que large; l'abdomen est aussi long que le reste du corps ; les pattes sont longues, à tarses d'un seul article dans le jeune âge, de deux articles dans un âge plus avancé ; les ailes supérieures larges et longues à trois nervures obliques dépassent de moitié l'abdomen; les ailes inférieures, à une seule nervure médiane, sont petites et étroites, sinueuses au bord supérieur.
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Caractères. — Leur thorax est noir, leur tète large, leur abdomen court, et leurs pattes d'un
rouge plus ou moins jaunâtre. Sur leurs antennes tortueuses on ne peut distinguer que trois articles dont le dernier, à peu près deux fois aussi long que l'ensemble des deux larges articles basilaires, est armé dans son tiers inférieur de prolongements dentelés dirigés en dehors. Les ailes antérieures portent une marque marginale d'un jaune rougeâtre et trois rameaux obliques simples et fins; les ailes postérieures n'ont que deux nervures longitudinales.
Ce Phylloxéra a attiré récemment l'attention des Naturalistes en raison des particularités extraordinaires de son développement qui a été étudié principalement par M. Balbiani (1).
Mœurs, habitudes, régime. — Au printemps, vers le 20 mai, à Montpellier, ainsi que l'indique Lichtenstein, plus tard dans les régions septentrionales, on voit apparaître sur le revers des feuilles des Chênes [Quercus pedunculata et pubescens) des Pucerons dont l'aspect rappelle celui des Chermes ou Adelges du Sapin, dont nous parlerons plus loin.
Ce sont de petites Larves d'un jaune pâle, dont chacune occupe le centre d'une tache jaunâtre produite par la piqûre du parenchyme de la feuille. Ces Larves grandissent sans changer de place ; puis après avoir atteint une taille d'environ 1 millimètre, s'entourent successivement d'un nombre assez considérable d'OEufs disposés autour d'elles en cercles concentriques. Le développement de ces OEufs commence presqu'aussilôt après la ponte, et, au bout de quelques jours, on en voit sortir les jeunes individus.
Les nouveaux venus dont le corps élargi rappelle celui des Coccides, courent çà et là hâtivement sur le revêtement duveteux des feuilles, en quête d'une place où ils pourront se fixer. Ils se fixent pour puiser la sève et provoquent ainsi le développement d'une tache jaune. Au milieu de chaque tache se trouve un Puceron, qui après avoir subi quelques mues, devient apte à la procréation, prend une forme légèrement cylindrique (fig. 1633), et dépose trente à quarante OEufs en cercle, autour de lui. Ces OEufs donnentissue à une seconde couvée, et plusieurs générations se succèdent ainsi jusqu'en août ; les dernières sont toujours moins nombreuses, mais toutes sont engendrées sans l'interven-
(1) M. Balbiani, le Phylloxéra du Chêne (Revue scientifi</ne, 187-1, p. 1159 et suiv.)-