‹ Merveilles de la natureChapitre 27 sur 412 · MOEURS, IIARÎTUDES, RÉGIME. — COMBATS · texte numérisé non relu

MOEURS, IIARÎTUDES, RÉGIME. — COMBATS

moins disputés que la surface du sol. » Les petites Fourmis brunes attaquent les Fourmis à ventre fauve, chaque fois qu'elles en trouvent l'occasion, et ne les quittent qu'après les avoir tuées; les Fourmis a ventre fauve se sauvent toujours à moins qu'elles ne soient en grand nombre et près de leur Fourmilière. Dans ce dernier cas, malgré son énergie ei sa rage, la Fourmi brune se trouve souvent prise par tant de Fourmis a la lois, que malgré ses efforts elle succombe déchirée en lambeaux. 11 n'est pas rare que toute une Fourmilière (à l'exception toutefois des Femelles ailées ou de Mâles destinés seulement à procréer et jamais à combattre) se dirige vers une Fourmilière voisine, pour en expulser les habitants. Dans ce cas une guerre acharnée se livre, les vainqueurs entraînent les vaincus et pendant ce temps un certain nombre d'individus de la Fourmilière menacée court s'emparer des petits pour les soustraire aux vainqueurs. Les Fourmis, sous ce rapport comme sous plusieurs autres, font exactement ce que nous faisons.

Il y a chez elles des Fourmis qui ne vivent que par la guerre : Huber les appelle Fourmis amazones-; celles-là, ainsi que nous l'avons dit précédemment (p. 50), ne prennent aucun soin de leurs petits, ne construisent rien, et ne vont jamais chercher leur nourriture au dehors ; leur métier est la guerre, elles ne sortent que pour voler aux Fourmilières voisines des Larves et des Nymphes, qu'elles emportent chez elles et dont plus tard elles font leurs esclaves.

La manière dont les Fourmis combattent varie beaucoup suivant les espèces, ainsi que Forel l'a très bien observé. Certaines espèces sont aussi beaucoup moins belliqueuses que d'autres.

La Uyrmecina Latreillii, par exemple, n'att ique jamais et cherche même rarement à se défendre. Sa peau est très dure, et elle se roule sur elle-même comme une boule; mais elle ne défend même pas son Nid lorsqu'il est envahi; cependant, pour le mettre autant que possible à l'abri des attaques, elle en fait les entrées très petites, et y établit souvent des postes gardés pardes Ouvrières qui ferment le passage à l'aide de leurs têtes. L'odeur de cette espèce lui sert peut-être aussi de protection.

La Tetramorium cœspilum a l'habitude de feindre la mort. Cependant les Fourmis de cette espèce ne se roulent pas comme la Uyrmecina Latreillii, mais elles laissent seulement

tomber leurs pattes et leurs antennes le long de leur corps.

La Formica rufa, la Fourmi rousse si commune, attaque en masses serrées, sort rarement en petit nombre et ne combat presque jamais seule. Il est fort rare de la voir poursuivre l'ennemi en fuite; mais elle ne faitpas quartier, tue autant d'ennemis qu'elle peut, et n'hésite jamais à se sacrifier à l'intérêt commun.

La Formica sanguinea, au contraire, au moins dans les expéditions qu'elle fait pour se procurer des Esclaves, cherche plutôt à terrifier qu'à tuer. Il est vrai que lorsqu'elle envahit un Nid, elle n'attaque pas les fuyardes, à moins que ces dernières ne cherchent à emporter les Nymphes; dans ce cas elles se voient forcées d'abandonner les Nymphes. La Formica sanguinea, lorsqu'elle combat, s'efforce de broyer son ennemie avec ses mandibules.

La Formica exsecta est une espèce très délicate, mais très active. Elle s'avance aussi au combat en masses compactes; mais, dans la mêlée, elle mord à droite et à gauche, et se jette de côté pour éviter d'être mordue ellemême. Si elle se bat contre une espèce plus grande qu'elle, elle saute sur le dos de son adversaire, puis la saisit par le cou ou par une antenne. Elle a aussi l'instinct de se grouper en petits pelotons. Trois ou quatre Formica exsecta saisissent d'abord une ennemie et la tirent en différents sens, de sorte qu'elle, de son côté, ne peut atteindre aucune de ses adversaires. Alors une de ces dernières saule sur son dos et lui coupe ou plutôt lui scie la tête. Dans les batailles entre cespetitesFourmis et les F. pratensis, qui sont beaucoup plus grandes, on peut voir un grand nombre de ces dernières ayant sur le dos une petite F. exsecta occupée à lui scier la tête.

Au premier abord, il semble que les Fourmis années de dards ont un grand avantage sur celles qui en sont dépourvues. Néanmoins, dans certains cas, le poison, qu'elles peuvent parfois lancer à grande distance, est si fort qu'il suffit que l'ennemie en soit touchée pour être mise hors de combat, ou du moins rendue incapable de se mouvoir, avec tous les symptômes d'une souffrance extrême. Les espèces qui présentent cette particularité ont l'abdomen très mobile.

Chez toutes les espèces de Lasius, le nombre supplée à la force. Plusieurs d'entre elles saisissent à la fois une ennemie par les pattes ou par les antennes, et une fois qu'elles la tiennent,

LES FORMICIDES.

elles se feraient mettre enpièces plutôt que de la lâcher.

La Polyergus rufescens, la célèbre Fourmi à Esclaves ou Fourmi amazone, combat d'une façon presque unique. Ses mâchoires sont très fortes et pourvues de pointes acérées. Si elle est attaquée — si, par exemple, une autre Fourmi la saisit par la patte, — elle prend d'abord la tête de son ennemie entre ses mâchoires, ce qui généralement force celle-ci à lâcher prise. Si, cependant, elle persiste, le Polyergue ferme ses mâchoires, et ses pointes aiguës s'enfoncent dans la cervelle de son adversaire dont elle paralyse le système nerveux (fig. 991, p. 81). La victime tombe avec des convulsions en rendant la liberté à sa terrible ennemie. De cette manière, un nombre comparativement petit de Pulyeryus peut, sans crainte, attaquer une armée beaucoup plus considérable, et cela en ayant rarement la moindre perte à subir.

Les combats des Fourmis ont eu leur historien, on pourrait dire leur chantre, car Iluber les a décrits avec non moins de poésie qu'on n'en trouve dans les récits homériques, ou les strophes de la Thébaïde.

On va le voir par la description de l'une de ces batailles que nous empruntons au savant Genevois. Celle-ci avait lieu entre deux Fourmilières de la même espèce (Formica rufa), situées a une centaine de pas l'une de l'autre.

« Je ne dirai pas, écrit-il, ce qui avait allumé la discorde entre ces deux Républiques aussi populeuses l'une que l'autre; deux empires ne possèdent pas un plus grand nombre de combattants. Les armées se rencontrèrent à moitié chemin de leur résidence respective. Leurs colonnes serrées s'étendaient du champ de bataille jusqu'à la Fourmilière, sur une largeur de deux pieds, une immense réserve soutenait aussi le corps de bataille. Dans celui-ci. des milliers de Fourmis montées sur les moindres saillies du sol luttèrent deux à deux, s'atlaquant mutuellement à l'aide de leurs mâchoires. D'autres enlevaient des prisonniers, mais non sans de rudes combats, ceux-ci prévoyant le sort cruel qui les menaçait aussitôt leur arrivée dans la Fourmilière ennemie.

« Le champ de bataille qui se développait sur un espace de deux à trois pieds carrés était jonché de cadavres et de blessés, couvert de venin et exhalait une odeur pénétrante. Çà et là, aussi, leurs combats particuliers s'engageaient encore, la lutte commençait entre

deux Fourmis qui s'accrochaient par leurs mandibules en s'exhaussant sur leurs jambes. Bientôt elles se serraient de si près qu'elles roulaient l'une sur l'autre dans la poussière. Le plus souvent alors les deux athlètes recevaient du secours, et l'on voyait des chaînes de six à dix Fourmis toutes cramponnées les unes aux autres et tirant en sens inverse les deux adversaires jusqu'à ce que l'un ou l'autre lâchât prise ou fût entraîné par une force supérieure.

« A l'approche de la nuit, les deux armées opérèrent leur retraite et rentrèrent dans leurs demeures. Mais, le lendemain, le carnage recommença avec plus de fureur et Huber vit la mêlée occuper six pieds de profondeur sur deux de front.

« L'acharnement des combattants était tel qu'aucun d'eux n'aperçut l'observateur et ne songea à l'attaquer.

« Vers cinq heures de l'après-midi, dit encore Huber, je vois des Fourmis amazones sortir de leur retraite, elles s'agitent, s'avancent au dehors de la Fourmilière, leur nombre augmente de moment en moment, un geste se répète constamment entre elles. Toutes ces Fourmis vont de l'une à l'autre, en touchant de leurs antennes et de leur front le corselet de leurs compagnes; celles-ci, à leur tour, s'approchent de celles qu'elles voient venir et leur communiquent le même signal, c'est celui du départ. L'effet de ce signal n'est pas équivoque, car on voit celles qui l'ont reçu se mettre en marche et se joindre à la troupe. La colonne s'organise, elle avance en ligne droite et bientôt on ne voit plus aucune Fourmi amazone sur la Fourmilière.

« La tête de la légion semble quelquefois attendre que l'arrière-garde l'ait rejointe ; elle se répand à droite et à gauche, sans avancer, l'armée se rassemble de nouveau en un seul corps, et repart avec rapidité.

«On n'y remarque aucun chef; toutes les Fourmis se trouvent tour à tour les premières ; elles semblent cherchera se devancer.

» Cependant, quelques-unes d'entre elles vont dans un sens opposé, elles redescendent de la tête à la queue, puis reviennent sur leurs pas, et suivent le mouvement général.

« Arrivées à plus de trente pieds de leur habitation, elles s'arrêtent, se dispersent et talent le terrain avec leurs antennes, comme les chiens flairent les traces du gibier; elles découvrent bientôt uneFourmilière souterraine

MOEURS, HABITUDES, RÉGIME. — COMBATS

occupée par des Fourmis noir-cendrées, et dont les habitantes sont retirées au fond de leur demeure. Les Fourmis légionnaires, ne trouvant aucune opposition, pénètrent dans une galerie ouverte, s'emparent des Nymphes qu'elles rencontrent, sortent par plusieurs issues et retournent chez elles. Là, elles déposent leur fardeau qui est reçu par des Fourmis roussatres, et retournent jusqu'à trois fois prendre de nouveau butin.

« Les Fourmis auxquelles on enlève leurs Larves et leurs Nymphes, cherchent à les défendre; mais elles sont vaincues par l'ardeur et l'impétuosité des Fourmis amazones. »

M. Ilanhart de Bàle raconte comme suit, une bataille dont il fut témoin entre deux espèces de Fourmis, l'une la Formica rufa, l'autre la Formica fusca.

« L'espèce noir-cendrée (F. fusca) possédait deux édifices, et l'espèce fauve (F. rufa) en avait cinq pelits du même genre très rapprochés l'un de l'autre et à douze pas de distance des premiers. A la Pentecôte, vers dix heures du matin, un inconvénient extraordinaire se produisit parmi les Fourmis noirs cendrées.

«Ces Insectes, dit-il, s'approchèrent dans un ordre de bataille composé de leurs divers escadrons et marchaient dans le plus grand ordre. Les Formica rufa s'avançaient sur une colonne de front, formant une ligne de trois à quatre mètres de long, flanquée de différents corps, disposés en carrés et composés de vingt à soixante combattants. On voit que ces Fourmis affectaient ce que le chevalier de Folard appelle l'ordre mince. La seconde espèce, plus nombreuse, avait un front beaucoup plus étendu, quoiqu'elle eût deux ou trois lignes de combattants. Cette disposition plus savante, se rapprochait davantage de l'ordre profond. Les Formica fusca laissèrent des détachements près de leurs collines ou Fourmilières pour les défendre contre une attaque imprévue. La grande ligne était flanquée sur la droite d'un corps compacte de plusieurs centaines de combattants; un corps semblable de plus de mille flanquait l'aile gauche, les différents corps avançaient dans le plus grand ordre et sans changer leurs positions respectives. Les deux corps latéraux ne prirent point part à l'action principale; celui de l'aile droite fit une balte pour former une armée de réserve, tandis que le corps qui marchait en colonne à l'aile gauche, manœuvrant de manièreà tourner l'armée ennemie, s'avança rapidement vers la

Fourmilière des Formica rufa et la prit d'assaut. Les deux armées s'attaquèrent avec acharnement et combattirent longtemps sans rompre leurs lignes; la lutte était des plus acharnées! Les adversaires se mordant sans miséricorde, pattes eL antennes pendaient arrachées ; la fureur et la rage des combattants était poussée à un tel degré que si on tirait une Fourmi de la mêlée elle courait sur la main sans môme songer à mordre et ne touchait pas au sucre placé devant elle. A la fin, le désordre se mit sur différents points, et la bataille continua par groupes détachés. Après un combat sanglant, qui se prolongea de trois à quatre heures, les Formica rufa furent mises en fuite, abandonnant leurs deux Fourmilières et se réfugièrent sur d'autres points avec les débris de leur armée. Ce qu'il y avait de plus intéressant dans cette scène singulière, c'était de voir ces Insectes se faisant réciproquement des prisonniers et transportant leurs propres blessés sur les derrières de leurs lignes. Les Formica rufa montraient tant de dévouement pour les blessés, qu'en les transportant, elles se laissaient tuer sans résistance par leurs ennemis, plutôt que de laisser leurs charges, tandis que les noires cendrées abandonnaient les leurs à leur destinée.

« Quand au bout de deux heures l'observateur revint visiter le champ de bataille il trouva les noires cendrées en pleine déroute; c'est à peine si on en voyait encore quelques-unes fuyant de divers côtés. Les fauves s'étaient emparées du Nid de leurs adversaires, et on les voyait circuler activement entre celui-ci et leurs propres Fourmilières. »

Le Dr Lincecum (1) a raconté les combats que se livrent en Amérique les Fourmis erratiques ou Fourmis folles et les Fourmis des arbres à tête rouge.

« Le conflit est très souvent l'occasion d'un immense désastre. Quoique les petites Fourmis noires soient capables d'amener quelquefois sur le champ de bataille plus de deux fois le nombre de leurs ennemies, les têtes rouges, elles sont souvent défaites et battues. Une bataille à laquelle j'ai assisté, entre ces deux espèces, n'a pas duré moins de quatre à cinq heures.

<> Quelques compagniesétaient déjà engagées dans une lutte ardente, quand au lever du soleil je commençai à les observer. Elles combat-

(1) Lincecum, Un combat de Fourmis aux Etats-Unis Un Nature, 1875, p. 282).

LES FORMICIDES.

taient au milieu d'une route et leur nombre augmentait rapidement. Le soin vulgaire de déjeuner me force à quitter mon observation ; mais à mon retour, les deux armées avaient beaucoup grandi, des renforts arrivaient sans relâche et la bataille s'étendait sur une surface de 3 à 4 mètres de longueur.

« La discipline et la manière de combattre étaient absolument différentes avec les deux es ■ pèces. Le mode d'attaque, avec les petites Fourmis noires, avait évidemment pour objectif les jambes et les pieds de leurs ennemies ; comme elles étaient beaucoup plus nombreuses que les têtes rouges, en se mettant deux ou trois contre une, elles arrivaient à l'estropier et à en mettre un bon nombre hors de combat. Les têtes rouges, au contraire, ne s'adonnaient qu'à la décapitation, elle s'accomplissait avec une dextérité et une aisance surprenante. Lorsque je revins, les deux armées avaient donc reçu des renforts ; la lutte s'étendait sur tout l'espace indiqué ; autant qu'il était possible d'en juger, la scène était terrible ; la mort fauchait dans tous les sens !

« Bientôt les petites Fourmis noires envoyèrent des ordres pour qu'on leur expédiât toutes leurs réserves, aussi des portes d'une de leurs grandes villes, qui était bien à soixantedix pas de distance, commencèrent à venir des miliers d'individus. Évidemment, ils avançaient à marche forcée, et leur nombre était tel, tandis qu'ils marchèrent vingt ou trente pas de long, qu'on les eût pris pour un ruban d'un noir profond qui aurait roulé sur le sol et qui n'avait pas de lin, car ils sortaient toujours de leur ville par milliers innombrables.

«Malheureusement, à ce moment, leurarmée sur le champ de bataille, lâcha pied, fut mise en déroute et commença une retraite désastreuse au milieu d'une panique générale. Bientôt, dans leur fuite désordonnée, les coureurs rencontrèrent leurs renforts, et mirent dans les premiers rangs le désordre le plus complet. La panique alors devint universelle ; les renforts et le reste s'enfuirent précipitamment dans leur ville. En cinq minutes, il ne resta pas une Fourmi noire vivante sur le terrain. La nouvelle de cette grande bataille et ses désastreux résultats, nous semble avoir été répandue à la ronde par ceux-là même qui n'avaient pas été engagés dans l'action et étaient demeurés à leurs occupations journalières. Quelle qu'en soit la cause, le fait évident pour nous, c'est que toute Fourmi noire

disparut immédiatement de la surface de la terre dans tout le voisinage.

« Il n'en fut pas de même sur le champ de bataille. Des inspecteurs nombreux envahirent la plaine sanglante et, pendant plusieurs heures, y trouvèrent une rude besogne. La plupart d'entre eux assistaient les blessés qui étaient nombreux ; ils les emportaient à l'ombre d'une grosse motte de terre soulevée par quelque voilure lourdement chargée, afin de les soustraire aux rayons brûlants du soleil qui frappaient avec une grande force, car il était aux environs de onze heures. Une bonne partie des inspecteurs était occupée à rassembler et à emporter les troncs décapités des Fourmis noires et à les charrier à un poteau de Chêne dans lequel elles avaient une ville et qui se trouvait non loin de là. J'ai supposé qu'elles se proposaient de faire un grand festin de ces victimes, sans tête, en l'honneur du dieu de la guerre !..

« On pouvait constater en même temps une immense activité chez ceux qui assistaient les blessés. Ils paraissaient faire tout leur possible, et leur montrer la plus grande sympathie ; aussi en une heure à peu près, une très grande partie des blessés fut reconnue encore bonne pour le travail, tandis que ceux qui paraissaient frappés de mort, étaient emportés dans le poteau par leurs compagnons.

Quoique un grand nombre de têtes rouges fussenL blessées, et quelques-unes très sérieusement, il n'y en eut qu'une petite quantité de tuées. Elles furent également portées au poteau avec les cadavres sans têles de leurs ennemies. Lorsque les têtes rouges victorieuses eurent quitté le champ de bataille, rien ne resta plus pour indiquer la lutte à cette place, que les têtes séparées des vaincus, si nombreuses, qu'elles ressemblaient à des grains de pavot dont on aurait saupoudré la terre !... »

Mac-Cook, l'excellent historien des mœurs des Fourmis américaines que nous ne saurions trop citer, nous apprend (1) qu'il a observé plusieurs fois les combats que se livrent les Fourmis; il nous apprend notamment que la Fourmi fauve [Formica ru fa) est l'ennemie acharnée de la Formica Pennsi/lvanica. « J'ai observé, dit-il, avec quelle énergie la première éloigne la dernière des alentours de ses colonies. Dans mon excursion d'été sur le Brush Mountain faite pour étudier les habitations de la Fourmi

(1) Mac-Cook, Notes on the Architecture and Habits of Formica Pennsylvanica, 1876.

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