LA GÉGIDOMYB DU FROMENT
tête les ferait passer pour des Larves de Mouches véritables ou Muscides. Ces Larves nous représentent ainsi un type intermédiaire aux deux types signalés précédemment et propre à toutes les Larves de Tipulaires gallicoles.
Ces Larves fort indolentes vivent isolées ou en colonies de neufindividusau plus ;onles trouve, l'extrémité inférieure dirigée en bas, entre le chaume et la gaine d'une feuille, soit en bas immédiatement au-dessus de la souche, soit juste au-dessus d'un des deux nœufs inférieurs du Seigle ou du Froment. Par suite d'un développement graisseux considérable , elle prend avec le temps une forme plus ovoïde, tout en se rétractant pour laisser libre une partie de son tégument qui se transforme peu à peu en une coque de plus en plus brune, et constitue ainsi une petite pupe-en-barillet (forme spéciale aux Pupes des Mouches proprement dites). Elle passe l'hiver dans cet état (fig. 1736). Quatorze jours environ avant l'apparition de l'adulte on trouve dans ce barillet une pupe momiforme (fig. 1737). Les deux petites cornes latérales inférieures qu'on remarque sur sa tête sont des conduits trachéaux, qui caractérisent cette famille lorsqu'ils présentent cette forme et cette disposition ; les deux petites cornes latérales supérieures représentent seulement des soies.
Jusque vers le 20 juillet, la plupart des Larves atteignent leur maturité ; les plus anciennes sont transformées en pupes-en-barillet, d'où éclora, en septembre ou dès la fin d'août, la couvée d'été.
Les jeunes plantes de semailles, sur lesquelles vivent les Larves de la seconde couvée (couvée d'hiver), provenant des Tipulides qui volent en septembre, seront anéanties presque toutes. C'est ainsi, justement, que ces Diptères causent de grands ravages, non seulement dans l'Amérique septentrionale, mais récemment encore, tout spécialement dans le duché de Posen, en Silésie ; et dans d'autres régions de l'Allemagne. Par bonheur, cette Cécidomye n'a que deux pontes par an : il en existe d'autres qui pondent trois ou quatre fois ! Celles qui n'ont par an qu'une seule couvée sont rares.
LA CÉCIDOMYE DU FKOMEMT. — CECIDOMY14 OIT VIPLOSIS TXITICI.
Caractères. — Ce petit Diptère diffère essentiellement suivant les sexes. La Femelle qui mesure à peine 2 millimètres a de grands
yeux noirs séparés seulement par une ligne jaune, des antennes moniliformes à articles allongés, le thorax et l'abdomen jaune citron passant quelquefois au jaune orangé. Les pattes sont longues et jaunâtres; les ailes transparentes sont ciliées ; l'abdomen se prolonge en un long oviscapte. Le Mâle, moins commun, se distingue par sa coloration plus foncée et l'absence de tarières; le thorax et l'abdomen sont d'un jaune brun; les ailes sont teintées de noir.
tiiiMir», habitudes, régime. — Lorsque vers le soir, au milieu de juin, les Cécidomyes du froment quittent le bas des tiges de Blé où elles se sont abritées de la chaleur du jour et prennent leur essor en essaims nombreux, elles n'ont d'autres préoccupations que de mettre en lieu de sûreté leur génération future. Elles viennent déposer leurs Œufs sur les épis un peu avant qu'ils ne fleurissent en enfonçant leur longue tarière entre les glumes des épillets, à. l'endroit même où le grain doit prendre naissance de manière à mettre les OEufs à l'abri des intempéries.
« 11 est à remarquer, dit M. Bazin (1), que cette ponte a lieu dès le premier moment où les épis commencent à sortir de la feuille qui leur sert de gaine avant la floraison. Dès que les étamines paraissent, ou autrement dit quand le Blé entre en fleur, les Cécidomyes finissent leur ponte. Elles ne confient pas leurs Œufs à un épi défleuri. Le grain qui se forme aussitôt la fécondation serait trop avancé quand, huit ou neuf jours après avoir été déposés, les Œufs donneraient naissance à des Larves pour lesquelles est nécessaire une nourriture tout à fait liquide. L'instinct apprend à leurs mères les secrets de la végétation. Si dans un champ de Blé quelques épis sont sur les bordures, en retard de fleurir, ce sera sur ceux-ci seulement qu'on rencontrera des Cécidomyes occupées à pondre. La ponte la plus active a lieu dans les derniers jours de juin; elle commence vers le milieu de ce mois et se prolonge jusque vers la mi-juillet.
« Si les Cécidomyes à l'état d'Insectes parfaits étaient innombrables dans ces dernières années, les Larves éclosant des Œufs quelques jours après la ponte ne l'étaient pas moins. D'abord blanchâtres, elles deviennent bien vite d'un jaune vif, et sous cette dernière cou-
(1) C. Bazin, Notice sur un Insecte gui a causé tes pius grands ravages da?is nos dernières récoltes de Blé sur pied. Paris, 185C.
LA CECIDOMYI-: Dl* FHUMKNÏ.
leur on les voit très facilement au nombre de cinq, de dix et même de vingt pour un seul grain. Elles se nourrissent des sucs qui montent pour former le grain de blé. Si elles sont nombreuses, il ne prend aucun développement, il manque complètement; quinze Larves, dix Larves et même moins, qui en quelques jours atteignent un développement complet de deux millimètres environ, suffisent bien pour absorber tous les sucs qui auraient produit un grain de blé. Si des balles renferment seulement quelques Larves, celles-ci partagent avec le grain de blé l'aliment qui devait revenir à lui seul, et suivant qu'elles se seront établies dans le haut ou dans les parties latérales, le grain n'aura pas tout son développement, soit en hauteur, soit en largeur. De là, ces grains mal faits, tronqués, bossus, contournés, amaigris, qui iront au vannage grossir le las de ce qu'on appelle le petit blé, ramassis moins riche souvent en farine qu'en son.
« Les grains se trouvent ainsi détruits en totalité ou en partie par les Larves de Cécidomyes, au moment de leur formation avant que les épis n'aient passé du vert au jaune. Le commencement de juillet est l'époque de leur plus grand concours; la fin, l'époque de leur disparition. Pendant leur séjour, leur présence est accusée ordinairement à l'extérieur par une couleur livide que prend la glume à l'endroit où elles résident vers sa base le plus souvent. On comprend que, par un séjour assez prolongé et continu, cette place soit maculée et flétrie.
« Lorsque l'épi, sous l'action du soleil, tend à quitter sa couleur verte, les endroits qui sont tachés par la présence des Cécidomyes deviennent moins apparents, la différence des nuances est moins tranchée. Au surplus les épillets victimes de leurs dégâts jaunissent plus promplement que les autres ; cette tendance est naturelle ; ne renfermant pas de grains pour entretenir à l'intérieur une certaine humidité, ils sont pour le soleil une paille légère qu'il dessèche facilement.
« A mesure que les Larves de Cécidomyes atteignent leur entier développement, elles gagnent la terre et s'y abritent. Pour exécuter cette manœuvre, elles se courbent en arc de cercle et se lancent dans l'espace. Si elles se laissent tomber sans se donner cette impulsion, elles pourraient être retenues dans les anfractuosités de l'épi qu'elles habitaient et ne pas rencontrer le lieu qui convient à leur nouvel état de Larves accomplies.
« Il y a cependant exception à cette règle.
« Quelques unes restent dans les épis qui les ont nourries et sont transportées avec les gerbes dans les granges, oùcellesqui échappent aux dangers du battage et du van pourront devenir Cécidomyes parfaites l'année suivante.
« La grande majorité des Larves de Cécidomyes, disons-nous, a gagné la terre bien avant la récolte; là elles s'abritent près de la tige du blé ou se cachent dans le sol à une petite profondeur. Elles ont à passer le reste de l'été, l'automne, l'hiver, le printemps dans cette situation d'immobilité qui n'est pas la mort, qui n'est pas la vie active ; assoupissement que les naturalistes appellent l'état dormant. Quelque temps avant de quitter cette position la Larve passe de l'état dormant à l'état de nymphe, la nymphe peu après devient Insecte ailé, Insecte parfait, vers le milieu de juin, avons-nous dit.
« A cette date on trouve, dans le courant de la journée, des Cécidomyes posées sur le sol qui l'année précédente portait des récoltes de blé; elles viennent de quitterleur enveloppe de chrysalide, elles vont prendre leur vol vers les champs de blé de l'année et cette génération nouvelle fera ce que la précédente a fait; elle ira pondre sur les épis avec les précautions dictées par son instinct merveilleux pour la conservation de sa race maudite. Mais ce ne sera pas toujours précisément dans les mêmes localités que la présence des Cécidomyes se fera sentir.
« Leur multiplication excessive sera même ordinairement le présage de leur prochaine disparition, grâce à l'intervention des Parasites. C'est le résultat d'une loi générale souvent observée dans l'étude des Insectes. Le développement inquiétant de certaines espèces est arrêté par l'action destructive d'autres espèces nées pour les combattre.
« Les dégâts qui seront causés par les Cécidomyes peuvent être prévus dès le mois de juin, suivant le plus ou moins grand nombre de ces Insectes, qui s'abat sur les épis. Ils peuvent être constatés positivement au milieu de juillet, alors que tous les blés sont défleuris et toutes les Larves écloses. Comptant les grains qui manquent et tenant compte de ceux incomplets, on apprécie facilement en prenant une moyenne l'état futur du rendement. Dès 1852, dans une année qui n'eut pas généralement à souffrir d'une manière sensible de la présence des Cécidomyes, je trouvais
LES SIMULIKS.
Fig. 1730. Fig. 1731.
Fig. 1737.
Fig.
— Femelle, très grossie.
Fig.
— Abdomen du Mâle.
Fig.
— Tiges de Froment saines.
— Tiges ravagées par les Larves.
Fig.
— Larve, vue de protil et grossie.
Fig. 1730 à 1737.
Fig. 173i
Fig. 1734.
Fig. 1732.
Fig. 1735. — Larve vue en dessus, très grossie.
Fig. I73G. — Peau desséchée de la Larve constituant la
Pupe, très grossie.
Fig. 1737. — Nymphe retirée de la l'upe, vue en dessous
et très grossie.
Les Cécidomyides (Cecidomya destructor
dans certains champs un déficit d'un huitième ou d'un septième de la récolte totale, dont je rendis, en toute sûreté de conscience, les Cécidomyes responsables. Depuis j'aurais pu arriver à des chiffres plus élevés, si j'avais ramené à un calcul exact des appréciations approximatives. Certains champs ont été réduits de moitié et peut-être dans une proportion plus grande. J'ai entre les mains des épis qui ne portent que quelques grains, les autres ont été la proie des malheureuses Larves jaunes. Ces résultats désastreux se sont surtout produits dans de petites pièces qui ont fleuri avant les autres, ayant
été semées plus tôt. Les Cécidomyes les trouvant à leur convenance s'y précipitent, et toutes celles qui auront assuré le sort de toute leur progéniture n'iront pas s'abattre sur les blés qui fleuriront ensuite. Faut-il conclure de cette remarque que semer tard, en temps de Cécidomyes, pour retarder la floraison, soit mesure prudente. »
Quant aux moyens de détruire ces Insectes ou de s'en préserver, le plus pratique et le plus économique consiste à brûler les chaumes, les Larves de Cécidomyes allant hiverner dans la terre au pied des tiges.
LES SIMULIDES
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Kiïebelmùcken . — Qnitsen.