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LES SIM U LIES — SIMULIA

Caractères. — Ces Simulides se rangent parmi les Diptères les plus petits et se rapprochent déjà plus des Mouches par leur conformation lourde et épaisse. Les ailes, larges et troubles, comme laiteuses, sont presque anguleuses à leur extrémité ; les nervures, très pâles, ne deviennent nettes que vers la lisière, au voisinage de plis bifurques et simples. Les pattes, généralement tachetées, se font remarbRLiiM. — VIII.

quer par l'épaisseur des cuisses et par la longueur du premier article du tarse. La tète offre à étudier ses antennes courtes, composées de onze articles, ses palpes formés de quatre articles de plus en plus minces, sa lèvre supérieure, libre et effilée en forme de dard, et sa trompe, apte aux piqûres. Les yeux accessoires font défaut. Les deux sexes diffèrent souvent essentiellement dans une même espèce, par leurs couleurs et par d'autres caractères encore.

Mœurs, habitudes, régime. — Ces Diptère? Insixtes. — 163

SIMULIE DE COLUMBATSCH.

apparaissent en masses nombreuses et passent souvent inaperçus en raison de leur exiguité, à moins que les Femelles, avides de sang, n'attirent l'attention en faisant sentir leurs piqûres. Nombre de Mosquitos de l'Amérique du Sud (la Simuliapertinaxpar exemple) appartiennent à ce genre. Les Larves et les Nymphes vivent dans l'eau, où elles se maintiennent auprès des pierres, des brins d'herbes, ou des plantes aquatiques, dans des coques en forme de cornets.

LA SIMULIE DE COMJMBATSCII. — SIMVLIA COLVMDATZENS1S-

Columbatscher Mâche.

Cette espèce redoutée en Europe a été décrite par Schônbauer, elle tire son nom d'un village du district serbe de Passarowitz, où la royance populaire la fait émaner d'une caverne dans laquelle le chevalier saint Georges aurait exterminé le dragon.

Caractères. — La Simulie en question ne se confond point, comme on l'admet généralement, avec les Simulia maculata de Meigen.

Fig. 1738. — La Simulie de Columbatscli.

Schiner, qui l'a étudiée non seulement sur les pièces conservées dans l'esprit-de-vin, collectionnées et classées méthodiquement par Kollar, mais aussi à l'état de nature, donne la description suivante : « Parmi ces centaines d'exemplaires il ne se trouve pas un Mâle. La Femelle, noirâtre, est couverte entièrement d'une poussière blanchâtre et de poils d'une teinte jaune-de-laiton; l'écusson dorsal présente, surtout en avant, un aspect ardoisé bleuâtre. L'abdomen, d'un blanc jaunâtre, prend, à la partie supérieure, une teinte brunâtre, sur laquelle la couleur blanc-jaunâtre

empiète jusqu'à d'assez grandes hauteurs ; sur les pièces desséchées, les parties latérales de l'abdomen seulement sont jaunes et le dos est d'un brun noirâtre. Les antennes sont entièrement jaunes; les palpes sont jaunes ou brun jaunâtre ; les pattes, blanchâtres sur le vivant, deviennent jaunâtres après la mort ; les extrémités des cuisses et des jambes postérieures sont brunes; les tarses antérieurs sont d'un brun noir ; et les ailes sont transparentes. Le corps mesure de 3mm,37 à 4 millimètres environ. » Le grand nombre de dénominations que les Entomologistes ont affectées à beaucoup de ces espèces témoignent des difficultés qu'on éprouve à les reconnaître.

Moeurs, habitudes, régime. — C'est dans

des creux de rochers que ces Diptères se réfugient, pendant les orages, pour en sortir ensuite sous l'aspect d'un nuage brumeux. Dans toutes les régions de la parlie inférieure du Danube, ils répandent la terreur et l'effroi parmi les Hommes et les bestiaux. Ainsi, on annonçait, à Vienne, le 26 juin 1813, que dans le Banat et dans une partie de la Hongrie, les bêtes à cornes et les bêtes à laine avaient péri par centaines à la suite des tortures prodigieuses que leur avaient fait subir ces Insectes, pendant les mois d'avril et de mai. Ces Simulies, qui apparaissent pour la seconde fois au mois d'août, ont à peine la taille d'une Puce ; elles pénètrent dans la bouche, dans les oreilles, dans les naseaux, où elles piquent le bétail pour se gorger de son sang. Les pauvres victimes martyrisées s'enfuient de leurs pâturages ; en proie à un véritable délire, elles écorchent à vif la tumeur indurée qui succède rapidement à la démangeaison de la piqûre; l'Animal le plus vigoureux peut être mis de la sorte aux abois pendant six heures de temps. Chez l'Homme, c'est vers le coin de l'œil que ces Moustiques se précipitent de préférence ; plaignons ceux qui par expérience connaîtront les douloureuses caresses des Simulies ; les piqûres acérées dont vous gratifient leurs dards sont plus insupportables encore que celles des Cousins.

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