‹ Merveilles de la natureChapitre 299 sur 412 · LE BOMBYLE MOYEN. — BOMBYLIVS MEDIUS · texte numérisé non relu

LE BOMBYLE MOYEN. — BOMBYLIVS MEDIUS

Caractères. — Nous représentons ici (fig. 1753) ce Bombyle qu'il est facile de reconnaître à ses ailes dont la base et le bord externe sont bruns, et dont la base de chaque cellule est marquée d'une tache brune ; les côtés du thorax ont une bande de poils noirs, le dos porte une ligne de poils blancs chez le Mâle.

Mœurs, habitudes, régime. — C'est une espèce des plus communes, qu'on voit voltiger dans les lieux secs et arides.

LE BOMBYLE VEINÉ. - BOMBYLWS FENOSUS.

Giftiger Gemeinschweber.

Caractères. — Parmi les espèces qui portent de longs poils noirs derrière la tête, et des poils noirs plus longs encore derrière les yeux, ce Bombylius se reconnaît aux poils gris-jaunâtres dont il est revêtu.

Mœurs, habitudes, régime. — C'est une espèce des plus répandues en Europe ; nous le représentons sur notre planche XIV, t. VII, p. 522, plongeant sa longue trompe dans un chaton de Saule, entre les deux Insectes les plus élevés.

LES STRATIOMYDES — STRAT10MYD.E

Waffenfliegen.

Caractères. — Chez le Mâle, les yeux à facettes se touchent sur le vertex. L'article terminal des antennes paraît formé de cinq anneaux et sa forme est un peu aplatie. La trompe ou lèvre inférieure, infléchie et rétractée au repos, cache dans son intérieur quatre soies courtes, rudimentaires, qui ne font, d'ailleurs, jamais de piqûres (mâchoires palpigères, épipharynx et hypopharynx) ; les palpes sont petits et composés de deux articles.

Au repos, les ailes reposent à plat sur le corps, dont elles ne peuvent recouvrir les côtés à cause de sa largeur trop grande. La nervure marginale ne s'étend que jusqu'à la pointe, et les nervures longitudinales se resserrent l'une contre l'autre, en sorte que la cellule médiane est très allongée; elle émet quatre nervures longitudinales pâles et très infléchies qui n'arrivent pas tout à fait jusqu'au bord alaire. La troisième nervure longitudinale se bifurque.

Distribution géographique.— Ces genres très

nombreux sont répandus sur le monde entier.

Mœurs, habitudes, régime. — Ces Diptères volent silencieusement de fleur en fleur, et principalement parmi les Ombelles ; lorsqu'on les tient emprisonnées dansle creuxde la main, elles font entendre un bourdonnement puissant.

Les Larves ne vivent pas toutes dans l'eau, quoique la plupart s'y plaisent généralement, car il en est qui vivent dans le bois mort, le terreau, les plaies d'arbres, notamment dans celles des Ormes.

LES STRATIOMES — STRATIOMY*

Caractères. — Indépendamment des caractères de la famille, ces Diptères ont en particulier les suivants : le premierarticle des antennes est beaucoup plus long que le deuxième ; le troisième est long, fusiforme à cinq petits articles sans style.

Mœurs, habitudes, régime. — Pendant les journées chaudes, les Stratiomes se plaisent au bord des mares; souvent ils se tiennent im-

LE STHATIOME CAMELEON.

mobiles à la l'ace inférieure d'une feuille de Roseau au-dessus de la surface de l'eau ; à moins qu'ils ne se mettent en quête de fleurs dans un vol silencieux et rapide. C'est là qu'ils effectuent la ponte de leurs Œufs. Tandis que les Femelles font saillir leur tarière, habituellement rétractée et dissimulée, une petite masse d'aspect feutré s'allonge au fur et à mesure derrière elle pour dissimuler les OEufs. Ce sont de petits grains gris-verdàtres, cylindriques, d'environ 2mm,'25 de long, dressés l'un auprès de l'autre obliquement, au nombre de quelques centaines ; d'une apparence extrêmement fragile, ils sont fixés l'un à l'autre par une matière gluante verdàtre, dans laquelle ils semblaient enchâssés.

Les Larves de Stratiumys sont eflilées aux deux bouts et tranchantes sur les côtés ; leur coupe transversale représenterait à peu près celle d'une lentille. Le corps est formé de douze anneaux; le bord postérieur de chacundes quatre premiers articles est recouvert par le bord antérieur du suivant ; à partir du cinquième, c'est le bord postérieur de chaque article qui recouvre le bord antérieur du suivant. On peut comparer cette structure à celle d'une lunette d'approche dont les derniers tubes se rentrent l'un dans l'autre jusque dans le quatrième, et dont les trois premiers s'emboîtent également jusqu'au quatrième. Tous ces anneaux sont d'un gris-brunâtre et terreux ; examinés de près, ils semblent comme chagrinés en raison des stries longitudinales et des points noirs de leur surface. L'extrémité caudale offre dans sa partie externe une ouverture qui sert de conduit aérien ; l'orifice qui donne passage aux excréments s'ouvre plus en avant. Cet orifice aérien est bordé d'une couronne de cils élégants. Ceux-ci peuvent s'écarter suivant les rayons d'une étoile ou se refermer en se touchant de leurs extrémités ; et comme ils ont une direction courbe, ils circonscrivent une cavité de forme sphéroïdale. Au point de vue de leurs mouvements, ces Larves sont très analogues à celles des Cousins. Elles serpentent, en se tortillant, la tète en bas, l'extrémité caudale en haut, et donnent à leurs corps la forme d'un s ou d'un c. Elles oscillent ainsi de haut en bas, et demeurent fréquemment suspendues, dans une position verticale, par leur queue étoilée qui s'étale sur la surface. Dès qu'elles plongent, celte couronne de poils reprend la forme sphérique, emprisonnant dans sa cavité une bulle d'air à reflets argentés ;

c'est une provision pour l'Insecte, qui peut ainsi rester sous l'eau plus longtemps. Leur lête, écailleuse et noire, présente deux yeux simples ; elle porte, en avant, une sorte de rostre auprès duquel se meut une paire d'organes dentés et ciliés qu'on peut désigner sous le nom de mâchoires, d'antennes, ou de tel autre nom qu'on voudra. Les Larves s'en servent en manière de crochets qu'elles implantent dans la vase pour progresser à la façon des Perroquets qui font de leur bec une troisième patte. Elles subissent trois mues. Une fois à terme pour effectuer leur Nymphose, elles quittent l'eau et cherchent un abri sous une pierre souvent à plusieurs mètres de l'étang ou de la mare où elles ont vécu ; elles commencent à éclore à la fin de mai et se montrent abondamment au mois de juin.

Les Larves de Stratiomes sont fort rustiques et faciles à élever pourvu qu'on leur donne la facilité d'hiverner dans de la terre maintenue légèrement humide où elles pénètrent quelque peu. Elles se transforment au printemps et se métamorphosent en Insectes ailés sans subir de mue à l'intérieur même de la peau de la Larve qui constitue une Pupe abritant la véritable Nymphe.

Celte Pupe ressemble à une Larve raccourcie et recroquevillée, dont la partie antérieure se rétracte, en sorte qu'elle devient un peu anguleuse et que les crochets écailleux de la tête font une saillie en forme d'ardillon. Bien que leur mode d'existence semble les mettre en sûreté contre les parasites, ces larves n'en sont pas toujours garanties. Un Chalcidide a larges cuisses (Smicra sispes) vit souvent à leurs dépens.

LE STHATIOME CAMÉLÉON. — STRdTIOMYS CHA- MjELEON.

Gemeine Waffenfliege.

Caractères. — C'est une des espèces les plus

Fig. 1154. — Le Stratiome caméléon.

répandues (fig. 1754 et pi. XXXIII, n" 12 et 14) La tête présente une teintejaune vif sur les joues

LES SYRPHIDES.

Fig. n.v>.

Fig. 1755. — L'Oxycère à trois ligues.

Fig. 1756. — I.e Stratiome longicorne nu strié.

Fig. 175C. Fig. 1757.

| Fig. 1757. — Némotèle des marais.

Fig. 1755 à 1757. — Les Stratiomydes (Sti'atiomys, Qrycera, Nemntfhm) ,

qui sont épaisses et font une saillie en avant, ainsi que sur la face qui est traversée par une raie étroite d'un noir luisant; l'écusson, plus ou moins coloré en jaune, est armé, au niveau de son angle postérieur, arrondi, d'une épine qui se dresse; sur les jambes, et même sur l'anneau noir qui fait le tour de chaque cuisse, les marques sont de la même couleur jaune.

Mœurs, habitudes, régime. — Ce Stratiome

se plaît au bord des mares et des eaux stagnantes, et aime a se reposer sur les plantes environnantes comme son congénère le stratiome longicorne (fig. 1756).

Nous mentionnerons encore, parmi les Stratiomydes, les Oxycères et les Némotèles qu'on prend en fauchant dans les prairies humides; nous représentons (fig. 1755 et fig. 1757)l'0xycère rayée {Oxycera trilineal a) et le Némotèle des marais (Nemolelus uliginasus).

LES SYRPHIDES — SYfiPHWJÏ

Sohwirrfliegen oiler Schwebfliegen.

Caractères. — Chacun de ces Syrphides présente une conformation spéciale, mais on reconnaît fous les membres de cette famille à la nervure longitudinale surnuméraire qui coupe la petite nervure transversale et s'enchâsse entre la troisième et la quatrième nervure longitudinale ordinaires ; elle n'est pas bifurquée, mais elle est parfois infléchie brusquement, surtout dans la tribu des Eristalines. La première, cellule marginale postérieure est toujours close, et la cellule anale se prolonge jusqu'au bord alaire ou peu s'en faut. La tête offre toujours la même largeur que le prothorax, et présente une petite excavation au-dessous des antennes formées de trois articles; la face présente une saillie antérieure en forme de nez, et le vertex porte trois yeux accessoires bien nets ; les yeux à facettes se touchent étroitement chez les Mâles ; une cavité située â la face inférieure de la tête per-

met h la trompe de se cacher presque toujours entièrement; cette trompe se termine par des paraglossesqui offrent une large surface de succion sillonnée de nombreux canalicules servant à l'ascension des liquides; ces liquides passent ensuite dans un canal formé par la lèvre inférieure, puis entre l'hypopharynx et l'épipharynx (labre des auteurs) qui ménage entre eux un véritable orifice buccal comparable au bec d'un Oiseau et de là traversent le pharynx et l'œsophage; de chaque côté sont situées de> mâchoires munies de palpes d'un seul article ; les mandibules ont disparu (1).

■Mstribution géographique. — Les Syrphides renferment des espèces nombreuses qui se rencontrent partout et qui constituent une des familles les plus considérables.

(I) Voyez pour la structure de la trompe des Syrphi des : .1. Kunekel et .1. Gazagnaire, Inc. cil.

LES SYHPHKS.

rig. ne i.

Fig. 1158.

Fig. 1759.

Fig. 1762. F

Fig. 1758. — Le Syrplie à croissants, grand, nat.

Fig. 1759. — Sa Larve suçant un Puceron, de grand, nat.

Fig. 1760. — Larve, très grossie.

1700. Fig. 1763.

Fig. 1761. — Pupe, de grand, nat.

Fig. 1762. — Pupe vue en dessous, très grossie.

Fig. 1763. — Pupe vue de côté, très grossie.

Fig. 1758 à 1763. — Syrphides [Syrphus).

Mœurs, habitudes, régime. — Les Syrphides visitent assidûment les fleurs; ils se distinguent par leur vol puissant et quelque peu sauvage. Parmi leurs Larves, les unes sont carnassières, les autres vivent de matières organiques.

Les représentants de cette famille sont élancés ou trapus. Les espèces du genre Melilhre/>tus, qui semblent destinés à voltiger éternellement parmi les fleurs et les gazons, ont un corps presque linéaire. Tels sont le Melitkreptus scriplus, le Melithreptus txniatus que nous figurons sous les n°'3, 8 et 23 auprès d'une ombelle avec d'autres Mouches de la même famille dans notre pi. XXXIII intitulée « les Diptères ». Ce sont les espèces du genre fiaccha qui présentent le corps le plus ténu, car plusieurs d'entre elles nous offrent un abdomen pédicule comme celui des Aninpphila et des Trypoxylon parmi les Sphégides. En opposition complète, les espèces les plus trapues de nos pays présentent un corps très large ; telles sont les Volucelles proprement dites i Voiucelia), les Lristales (Erislalis).

Bheum. — Vlll.

LES SYRPHINES — SYRPIUNjE Schwirrfliegen.

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