‹ Merveilles de la natureChapitre 34 sur 412 · Fig · texte numérisé non relu

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Fig. 1010. — Ouvrière, vue de profil et grossie.

Fig. 1011. — Ouvrière, vue de face et grossie.

Fig. 1012. — Tôted'uncûuvrière.vuedefaccettrèsgrossie.

Fi<r. 1007 h 1012. —Types de Formicines [Formica rufa).

qui minent le sol pour s'y loger aiment beaucoup à s'établir dans les vases remplis de terre où sont plantés des arbustes; or l'attrait qu'elles ont pour cette espèce de local pourrait être puissamment augmenté par le voisinage des Pucerons qu'elles recherchent avec tant d'empressement, ou par l'abondance et la qualité des vivres qu'elles auraient a discrétion, précisément là où elles sont déjà naturellement si portées à s'installer. Il serait facile ensuite de détruire entièrement la Fourmilière avec de l'eau bouillante en transportant et en vidant d'abord le vase dans un endroit convenable pour faire cette opération.

Quant au Lasius cmarginaltts , qui s'introduit dans les maisons, dans les meubles et sous les boiseries, où elle devient parfois très incommode, on pourrait aussi, je crois, la détruire par un procédé analogue, en plaçant près de l'endroit où elle serait logée, au lieu d'un potrempli de terre, un tronçon débranche d'arbre d'une certaine grosseur, en partie pourri et creux intérieurement ou couvert d'écorces à moitié détachées, dans les cavités duquel on mettrait un peu de miel ou de' sucre pour servir d'appât ; cette espèce, qui fixe quelquefois sa demeure dans les vieilles murailles, aimant surtout à faire son Nid dans les vieux troncs d'arbres, où, le plus souvent, on la rencontre.

Enfin je terminerai en faisant ohserver que les moyens précédemment indiqués peuvent Brf.hm. — VIII.

être employés non seulement contre le Lasius niger, dont j'ai plus spécialement parlé, mais généralement encore contre les autres espèces qui ont des habitudes souterraines.

« Le remède le plus rationnel qui ait été essayé pour détruire les Lasius flavus qui infestent les prairies, dit Forel, est de piler leurs Nids avec une poutre courte et pesante, de manière aies enfoncer jusqu'au-dessous, du niveau du sol. Pour que cela soit utile, il faut que les Fourmis soient bien sous leur dôme et non dans les canaux souterrains des environs. Je pense donc que le mieux est de choisir le moment où le Nid est plein de Cocons des trois sexes ou des Ouvrières et Mâles éclos, c'est-à-dire les mois de juin et de juillet (le moment qui suit la fenaison). On doit alors écraser la majeure partie de la Fourmilière et de sa descendance. Je n'ai pas de données sur les résultats qu'on obtient par ce moyen.

«Le fait que les champs, qu'on laboure toutes les années, n'ont presque pas de Fourmilières montre que le labour répété est un remède efficace, mais il faut avouer qu'il est un peu trop radical.

« Latreille indique les moyens suivants dont je n'ai éprouvé que le dernier :

« 1° Entourer le pied des arbres, de poix ou de suie ;

« 2° De l'eau chargée d'une forte décoction de feuilles de Noyer est sensée tuer les Fourmis;

« 3° La Rue (en décoction) et le Tabac sont Insectes. — 106

censés les faire fuir; je n'ai jamais vu le labac produire cet effet;

« 4° Apporter des Formica rufa en quantité considérable dans les jardins qu'on veut purger d'autres Fourmis.

« J'avais mis ce dernier système en pratique longtemps avant de savoir que Latreille l'avait déjà inventé, et je vais raconter une de mes expériences à ce sujet :

« J'avais promis au propriétaire d'un jardin situé dans un faubourg de Zurich et infesté de Formica cinerea, de faire mon possible pour le débarrasser de ces Insectes. Je le prévins que j'apporterais dans ce but d'autres Fourmis, ennemies des premières, et qui n'auraient aucun des inconvénients de celles-ci. Malheureusement les Formica rufa el pratensis sont peu abondantes autour de Zurich et n'y sont qu'en petites Fourmilières. Un premier essai que je fis avec une Fourmilière rufa et une Fourmilière piatensis, apportées dans des sacs, manqua complètement. Les deux Fourmilières furent exterminées par les F. cinerea jusqu'à la dernière Femelle. Je m'armai de grands sacs, je pris un porteur avec moi, et j'allai, le 11 mai 1870, par le bateau à vapeur, à Zollikon, village aux environs duquel il y a d'assez grands bois. Là, je trouvai deux ou trois belles Fourmilières rufa dont je remplis un sac, puis deux grandes Fourmilières pratensis dont je remplis un second sac, et enfin une dizaine de Fourmilières sanguinea qui occupèrent le troisième sac. Mon porteur s'en chargea non sans peine, et, arrivé au jardin, je déposai chacun des sacs à une place différente, les rufa au pied d'un grand Sapin, les autres vers des massifs d'arbustes. Les FemellesdeFounnilièresdifférentes mêlées dans un même sac ne tardèrent pas à s'allier, vu la gravité des circonstances. En effet, les nouvelles venues s'étendirent à la ronde autour de leurs tas respectifs, mais elles durent bientôt se limitera un cercle de deux ou trois pieds de rayon autour de chaque tas, car des millions de cinerea vinrent les assiéger. Rien n'était curieux à voir comme l'énorme tas des F. rufa qui paraissait aussi peuplé qu'un grand Nid des bois, et qui pourtant était bloqué par celte nuée de petites Fourmis grises, lesquelles sortaient de tous les coins du jardin. Cependant les nouvelles venues étaient trop fortes pour rester dans cet élat. Chacune des trois sortes prit l'offensive et repoussa peu à peu les cinerea à la ronde, non sans des combats acharnés. Lesrufa conquirent un second Sapin et s'éten-

dirent sur une pelouse; les sanguinea s'emparèrent d'assaut de deux ou trois Nids de cinerea, et les pralensis en firent autant. Ces fails se passèrent pendant les deux ou trois premiers jours. Dès lors les combats devinrent moins acharnés ; les cinerea se contentèrent de faire un blocus moins resserré, et les autres ne cherchèrent plus à rompre pour l'ordinaire les limites qui leur étaient ainsi assignées, de sorte quele jardin continua à être surtout le domaine des cinerea, mais renfermant les trois autres domaines comme trois enclaves. Cependant les rufa et les pralensis firent de temps à autre de nouvelles attaques, et finirent par augmenter leurs domaines respectifs, tandis que les sanguinea ne surent que s'emparer d'un petitPrunier. Le 8juin, les rufa occupaient unepelouse sur un rayon de plus de six mètres; les pratensis avaient conquis de nouveau trois ou quatre Nids très peuplés de F. cinerea et tout un massif d'arbustes. Les cadavres de Fourmis des quatre sortes jonchaient le terrain à certains endroits. Mais, chose singulière, la plus grande partie d'entre eux avaient été amoncelés par les Fourmis (probablement par les cinerea) sur le gravier, exactement au milieu des allées, où ils formaient une traînée longue de dix mètres et large de trois centimètres, traînée qu'on apercevait à distance comme une bande grisâtre ; les cadavres y étaient serrés, entassés les uns sur les autres. J'ignore le motif qui a pu engager les Fourmis à disposer ces cadavres dans un ordre, on peut dire dans une symétrie aussi frappante. Curieux de savoir de combien les Fourmis que j'avais apportées l'emportaient dans la lutte sur les cinerea, à nombre égal, je pris plusieurs pincées de ces cadavres à divers endroits, je comptai dans chacune le nombre des cinerea et celui de leurs ennemies, et je pris à la fin la moyenne totale (basée sur plusieurs centaines de cadavres). Je trouvai qu'en moyenne il y avait à peu près trois cadavres de cimrea (2,9) pour un des autres (je ne pris pas la peine de distinguer les rufa des pratensis et des sanguinea, ce qui eût souvent nécessité la loupe et n'eût servi à rien, vu que ces trois sortes n'avaient pu combattre les unes contre les autres, leurs cercles respectifs ne s'étant jamais rejoints).

« Le 3 juillet, rien n'avaitchangé ; les Fourmis de Zollikon avaient cessé d'avancer; les combats n'avaient plus lieu ; on ne voyait plus guère de cadavres; il y avait évidemment trêve. Cependant les cinerea avaient sensiblement dimi-

LE CAMPONOTE HERCULÉEN.

nué dans la plus grande partie du jardin, mais elles s'étaient concentrées à l'une des extrémités où elles couvraient d'autant plus le terrain et les arbres restés en leur pouvoir. Le 4 août je trouvai le tas des rufa détruit, et le reste des £ dont l'immense majorité avait disparu, établies à quelque dislance. Le propriétaire m'assura que cela s'était passé subitement, pendant une nuit. ]1 est certain que les cinerea n'en étaient pas cause, car elles n'avaient pas encore osé remettre les pieds dans l'ancien domaine des rufa. Les sanguinea avaient entièrement disparu de la môme manière. Les pratensis seules étaient encore assez florissantes, mais elles finirent aussi par disparaître plus tard. L'année suivante les cinerea envahirent de nouveau tout le jardin.

« Cette expérience dont le résultat n'est guère encourageant au premier abord montre que le moyen n'est cependant pas entièrement inefficace. Je suis persuadé que si mon temps me l'avait permis, et si j'avais eu plus de F. rufa et pratensis à ma portée, je serais arrivé à faire disparaître les cinerea jusqu'à la dernière. Une fois ce résultat atteint, il aurait suffi d'entretenir chaque année une ou deux faibles Fourmilières rufa ou pratensis dans le jardin pour cviler une nouvelle invasion. Or, les F. rufa et pratensis ne causent aucun désagrément dans les jardins et leur sont plutôt utiles.

«En défendant la destruction des Fourmilières, le gouvernement prussien empêche donc, de faitseulement, la destruction des espèces utiles, et il atteint parfaitement son but. De plus, je suis sûr que la propagation des Formica rufa, pratensis elexsecta empêche jusqu'à un certain point celle de diverses formes nuisibles telles que les Camponolus, les Lasius fuliginosus et niger qui sont en concuirence directe avec elles. »

Voici maintenant un procédé héroïque de destruction, qui n'est pas très pratique, mais que nous citerons à titre de curiosité :

Smith raconte que, pendant son séjour au cap Corse, l'habitation dans laquelle il se trouvait fut tout à coup envahie par des légions de Fourmis dont les'colonnes étaient si profondes, que, quoique l'intérieur de l'établissement fût déjà occupé par ces dangereux ennemis, la queue de leur armée n'en était pas moins à quelques centaines de 'mètres de distance. L'événement méritait bien qu'on lui donnât une sérieuse attention, et après un conseil tenu à ce sujet, on décida qu'il fallait'répandre sur la voie que parcouraient les phalanges hostiles,

de larges traînées de poudre auxquelles on mettrait le feu ; ce qui fut dit fut fait, et bientôt des milliers de ces guerriers d'un nouveau genre couvrirent le sol de leurs membres fracassés, ou plutôt pulvérisés. Les colonnes de l'arrière battirent aussitôt en retraite et de longtemps sans doute elles ne songèrent à revenir assiéger le même lieu.

En résumé, nous disposons de bien faibles moyens pour détruire les Fourmis nuisibles.

LES FORMICINES - FORMIVINsE

Die D> ùsenameisen. Die Furmicinen.

Caractères. — Les Fourmis appartenant à cette tribu, très riche en espèces, ont l'abdomen rattaché au thorax par un pétiole ou pédicule d'un seul article surmonté le plus souvent d'une écaille de forme variée, ou d'un nœud sphérique ou cubique; l'abdomen n'a pas de rétrécissement après le premier segment et ne porte pas d'aiguillon. Les Formicines étant privées d'aiguillon sont par conséquent inoffensives.

Leurs dimensions varient beaucoup depuis le Camponotus, qui a plus d'un pouce de longueur, jusqu'à certaines espèces presque microscopiques.

LES CAMPONOTES — CAMPONOTUS(l)

Die Roszameisen.

Parmi les Formicines, se rangent les Camponotus.

Caractères. — Leurs crêtes frontales courbées en S, leurs antennes écartées et insérées loin du chaperon qui est trapéziforme, l'absence des ocelles chez les Ouvrières, leur écaille de forme ovale, droite, légèrement convexe sur les deux faces, les caractérisent nettement.

Distribution géographique. — De nombreuses espèces de ce même genre se rencontrent dans toutes les parties du monde, sans exception.

LIC CAMPONOTE IIEUCULÉKN. — CASIVONOTUS llEHCULEAiSVS-

Caractères. — La Fourmi herculéenne, Camponolus /terculeanus{fig. 1002, 1003, 1004, p. 106) est la plus grande Fourmi de la France et de l'AUe-

'I) Xjp.jr/i, courbure; vôjto;, des.

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