EPEIRA
Caractères. — Toutes les espèces ont les yeux disposés ainsi (fig. 1968) ; toutefois les yeux qui composent chaque couple ont des dimensions plus égales que ne le représente la gravure; les yeux médians antérieurs sont plus rapprochés l'un de l'autre que des latéraux.
° o o o Fig. 1908. — Disposition des yeux chez les Épch-es.
La troisième paire de pattes atteint plus de la moitié de la longueur de la première.
Distribution séosjrapliique. — Le genre
Epnra, répandu sur toute la terre, compte en Europe de nombreux représentants.
L'ARAIGNÉE DIADKMKOU I-OIITIC-CROIX COMMUNE. — EPEIRA DIADEMJ.
Gemeine Kreûzspinne.
Caractère». — Son nom lui vient de la tache brillante en forme de croix qui tranche sur la teinte fondamentale d'un brun plus ou moins foncé et mélangé de gris que présente son abdomen gras et luisant. On trouve, en outre, d'autres taches et d'autres points d'un blanc en général assez pur. qui limitent une aire triangulaire. Sur la face dorsale du prothorax on remarque trois raies d'un noir brunâtre dont la médiane est rectiligne. et les deux latérales courbes et écourtées. Chez le Mâle, beaucoup plus petit, long de 11 miUimôtres seulement, les jambes de la deuxième paire de pattes sont épaissies (fig. 1966 et 1967).
Distribution gcograpliique. — OnlatrOUVe
dans la plus grande partie de l'Europe.
Mœurs, habitudes, régime. — Cette Araignée vit dans les jardins, dans les buissons et les bois et même à la lisière des forêts de Conifères à 2, 000 mètres d'altitude. Elle se tient géné-
ralement à une hauteur de 31 à 157 centimètres au-dessus du sol, et s'installe volontiers au voisinage des fossés, des mares, des lacs, et dans tous les endroits où elle peut espérer la visite d'une foule de Mouches et de Moustiques. Au commencement de mai éclosent les petits qui, pendant une huitaine de jours environ, présentent l'aspect d'une pelote qui s'entortille et se relâche tour à tour jusqu'au moment de la première mue. Ils sont d'abord demi-transparents et blanchâtres au niveau de la tête et des pattes, et leur abdomen est d'un jaune rougeâtre sans aucune marque; les yeux sont entourés d'un cercle rougeâtre, et les tarses sont revêtus de poils fins. Avec les différentes mues apparaissent peu à peu les marques qui font de celte Épéire adulte une des plus belles Araignées de nos pays.
Sitôt après s'être dispersées, les jeunes Épéires se mettent chacune à tisser leur toile qu'on remarque moins aisément en raison de ses petites dimensions que celle de l'Araignée adulte tissée à une époque plus tardive et mesurant 31 centimètres de diamètre ou même davantage. L'Epéire diadème n'a pas l'instinct pratique de certaines Araignées porte-croix de l'Inde occidentale observées clans leurs toiles par Darwin : il trouva, dans leurs réseaux, des Araignées plus petites qui, dit-il, se nourrissaient des captures dédaignées par l'Animal qui avait construit cette toile.
Quelques observateurs affirment que l'Araignée porte-croix répare ses toiles déchirées ; d'autres auteurs nient le fait. Comme la provision de matière textile dépend de l'alimentation sans que l'on puisse en estimer la richesse d'après l'aspect extérieur de l'Araignée, et comme la convenant e de la résidence est plus appréciable pour l'Araignée même que pour l'Homme qui l'observe, il est prés umable que dans certains cas l'Animal répare sa toile et que, dans d'autres cas que nousne saurionsdislinguer.ellereconstruit un nouveau réseau dans un autre endroit. L'Araignée porte-croix se comporte de diverses manières non seulement lorsqu'il s'agit d'établir le cadre de la toile, de capturer sa proie ou de la dévorer, mais encore lorsqu'il s'agit d'échapper a quelque danger. Le moyen qu'elle emploie habituellement consiste à descendre le long d'un fil auquel elle reste suspendue dans l'air quand celte précaution lui paraît suffire, ou à se jeter à terre pour y faire le mort et pour regrimper ensuite tranquillement. On a remarqué également qu'elle des-