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LA TIQUE COMMUNE DU CHIEN

(fig. 2013), la face dorsale presque entière est recouverte par une plaque d'un brun de poix luisant, un peu velue, criblée d'empreintes ponctiformes et plus longue de moitié au moins que chez la Femelle; la face ventrale présente des crêtes transversales entre l'orifice sexuel et l'orifice anal ; en outre , le rostre est beaucoup plus court. Taschenberg présume que le Tiquet marginé (Ixodes marginalis) de Hahn, qu'on trouve figuré çà et là, est simplement le Mâle de cette espèce commune.

La Femelle (fig. 2014) porte un écusson arrondi, un peu rétréci en avant, qui laisse libre la plus grande partie du corps et lui permet de se dilater. Une fois gorgée de sang elle prend l'aspect qne nous avons représenté sur les figures 2015, 2016 et 2017, et sa coloration varie du blanc au brun en passant par la teinte rouge chair. C'est sous cette forme que cette bête est observée le plus fréquemment.

Mœurs, habitudes, régime. — Pagenstecher a observé le Tiquet commun à son premier âge, sur le Lérot (Myoxus quercinus seu nitela), l'Écureuil commun et la Taupe; mais il ne l'a trouvé que très isolément. L'auteur cherche à expliquer cette rareté en disant qu'il a moins examiné les Tiques comme Parasites des Vertébrés, que comme Animaux vivant en toute . liberté; il ajoute que ces Animaux, dans le cas où ils errent librement pendant leur première période de développement, se faufilent sur le sol même plutôt que sur les tiges d'herbes, et par suite ne peuvent être saisis dans le filet. Les Tiques pourvues de huit pattes, qui n'ont pas encore acquis leur maturité sexuelle, se comportent absolument comme les individus adultes : elles grimpent avec indolence et lenteur sur l'herbe et sur les buissons qui croissent dans les forêts, et s'accrochent tout d'un coup au premier objet venu qui passe à leur portée ; en raison de leur petite taille on ne peut qu'avec peine les observer en liberté. Elles affectionnent de préférence certaines régions dans lesquelles elles se maintiennent: dans d'autres endroits on n'en rencontre pas une. « Je me rappelle fort bien, rapporte Taschenberg, que dans ma jeunesse il y avait auprès de Naumbourg un bois avoisinant la Saale, qui était renommé à cause d'elles autant que la montée à côté d'Erfurt; on ne pouvait guère s'y promener sans recueillir au moins une de ces Tiques. Je ressentis un jour à l'aisselle gauche une douleur vive et passagère que je ne sau-

rais mieux comparer qu'à ce qu'on appelle en Allemagne « un point rhumatismal » ; mais comme je n'avais encore jamais vu cet Animal se loger dans cette région, j'eus quelques doutes sur la cause de cette douleur et j'en cherchai la cause ailleurs. Je découvris cependant bientôt la Tique qui venait de s'implanter sur moi, mais je ne saurais dire si elle se trouvait alors dans le stade de développement en question ou à son dernier stade d'évolution. Depuis plusieurs années je parcours les bois et les forêts qui diminuent de plus en plus aux environs de Halle, sans rapporter jamais une seule Tique sur mon corps, bien que j'en recueille de temps en temps dans les flacons d'esprit-de-vin que j'emporte pour conserver certains Insectes dont je veux faire collection. » D'après les observations de Pagenstecher on trouve ces Animaux pendant l'été dans les bois des environs de Heidelberg, surtout dans les endroits où passent fréquemment aussi des Mammifères et des Oiseaux, notamment des Écureuils et des Geais, et dans les chemins herbeux et criblés de tanières que suivent volontiers les bêtes forestières.

Ou rencontre ces Tiques de l'un et l'autre sexe, errant à jeun et s'efforcant de trouver à s'installer sur un Animal ou sur l'Homme, pour s'y engraisser si cette Tique est une Femelle, pour s'y accoupler si c'est un Mâle.

Bien que la Tique se développe rapidement dans des circonstances favorables, elle subit souvent de longs jeûnes en raison de son mode d'existence, et la durée de sa vie s'étend, en moyenne, du mois de mai au mois d'octobre.

A partir de la fin de septembre on ne rencontre guère de Tiques qui ne soient pas encore à maturité; et dès le commencement d'octobre, on trouve rarement des Tiques adultes de l'un et l'autre sexe en liberté. On observe assez souvent des Tiques dans le second stade de leur évolution, gorgées de sang et variant d'aspect non seulement suivant la masse de liquide ingérée et la plénitude du tube digestif, mais encore suivant l'Animal qui leur a servi d'hôte; on les voit parfois se traîner péniblement en liberté ; plus souvent on les trouve implantées sur l'Homme ou sur toutes sortes de Mammifères dont elles sucent le sang, notamment sur les Chiens et sur les Écureuils; chez ces derniers elles choisissent de préférence pour leur piqûre les bords des paupières et les lèvres.

Une Femelle adulte, installée sur un Chien,

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atteint en neuf jours une longueur de 11 millimètres et une largeur correspondante; elle devient alors tellement élastique, qu'en tombant sur le sol elle rebondit comme une balle de Caoutchouc. Sur le Chien, sa couleur est généralement d'un gris pierreux avec des reflets graisseux.

Moyens <1<- destruction. — Le moyen le plus

simple et le plus rapide de faire lâcher prise à ces bestioles consiste aies frotter avec un peu d'huile; si on veut les tuer instantanément, il suffit de les enduire de benzine ou d'alcool.

M: TIQUIiT RÉDEVE. — IXODES 1IEDUVWS-

Yiolettrother Holzbock.

Caractères. — Le Tiquet représenté dans la figure 2018, et que certains auteurs ont confondu avec le précédent, quoiqu'il soit différent, est rouge avec l'écusson dorsal plus grand, avec les pattes parsemées par places d'une poussière blanchâtre ; la partie plus sombre que l'écusson laisse à découvert porte les marques indiquées sur la figure 2018.

Mœurs, habitudes, régime. — Cet Ixode présente absolument le même mode d'existence que le précédent; il se trouve principalement sur les Moutons, les Bœufs, mais on l'observe aussi, mais plus rarement, sur les Chiens, notamment les Chiens de chasse, et sur les Hérissons ; mais au besoin il s'attache passagèrement à une foule d'Animaux, Reptiles, Insectes, Mammifères, pour y prendre sa nourriture : ainsi c'est d'après M. Mégnin, qu'on trouve sa Larve et sa Nymphe sur des Lézards, des Verdiers, des Goélands , des Chauves-Souris, des Fouines, des Lapins, des Lièvres, des Écureuils, des Chevreuils, des Chevaux.

L'Ixode égyptien est une grande et belle espèce du Nord de l'Afrique, que l'importation des Bœufs algériens a naturalisée dans le Midi de la France; cet Ixode, au témoignage de M. Lucas, peut dans certains cas faire périr les Bœufs d'épuisement, car chaque individu absorberait 4 grammes de sang; les Ixodes algérien et de Dugès ont les mœurs du précédent.

LES AMBLYOMMES

AMBLYOMMA

Caractères. — Koch a réuni de nombreuses espèces d'Ixodides, voisines des Argas, sous ce nom générique; il indique comme caractère commun chez les Femelles un corps extensible

et d'une teinte presque uniforme, mais revêtu d'un reflet blanc ou jaune, et d'un écusson dorsal foncé.

Ces Tiques sont analogues aux précédentes au point de vue de la conformation et de la taille, mais de couleurs plus bariolées; elles présentent notamment le rouge dans ses nuances les plus variées et portent des marques plus claires ou plus foncées. Elles diffèrent toutefois essentiellement des Tiquets de nos climats, en ce que vers le milieu des parties latérales de l'écusson elles présentent dans une dépression peu profonde des yeux qui apparaissent sous l'aspect d'un point de couleur claire et mate.

Distribution géographique. — Les Altl-

blyommes habitent l'Amérique du Sud et d'autres pays chauds.

Mœurs, habitudes, régime. — Les deux espèces que Bâtes a vues en si grand nombre au voisinage de Villa-Nova, dans les régions basses de l'Amazone, appartiennent certainement à ce groupe.

Dans ces contrées, où s'élèvent des plateaux secs et sablonneux, les chemins sont bordés de hautes herbes très épaisses et taillés à travers les jeunes bois. C'est dans ces lieux que pullulent les horribles Tiques, appelées Carapalos, qui se posent à l'extrémité des herbes et s'acérochent aux vêtements des passants. Bâtes perdait chaque jour une heure entière à débarrasser son corps de ces bêtes insupportables, chaque fois qu'il rentrait de quelque excursion. Il en distingue deux sortes qui ont en commun, cependant, une trompe courte et épaisse , un revêtement écailleux et des mœurs semblables. Elles s'installent sur la peau où elles enfoncent leur trompe pour se gorger de sang, et transforment ainsi leur corps aplati en une masse sphéroïdale ; mais il leur faut plusieurs jourspour qu'elles se remplissent complètement. Leur présence ne provoque ni douleur ni démangeaison, mais en les arrachant imprudemment on s'expose à des abcès fort douloureux parce que la trompe demeure dans la plaie. Pour les forcer à lâcher prise, ordinairement on les enduit de jus de tabac.

Ces Tiques ne se fixent guère à la peau au moyen de leurs pattes. Pour cheminer le long des brins d'herbe ou des feuilles, elles ne se servent que de la paire de pattes antérieure; elles maintiennent leurs autres pattes étendues, toujours prêtes à saisir la victime qui passe à leur portée. L'espèce la plus petite est jaunâtre ; elle est tellement nombreuse que les

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