L'ACAHUS DU FROMAGE OU ÏYROGLYPHE DU FROMAGE
Classification. — D'après leur genre de vie, M. Mégnin a divisé les Sarcoptides en cinq tribus : les Sarcoptides détriticoles, plumicoles, cysticoles, gliricoles et psoriques.
LES SARCOPTIDES DÉTRITICOLES LES TYROGLYPHES — TYROGLYPHUS
Caractères. — Leur corps cylindrique, arrondi en arrière, conique en avant, offre entre les deuxième et troisième paires de pattes un sillon circulaire bien accusé ; les tarses se terminent par une caroncule vésiculaire trilobée et un angle recourbé. L'abdomen porte de petites ventouses de chaque côté de la fente génitale femelle. Ce sont ces Acariens, ainsi que nous l'avons vu précédemment, dont les Nymphes ont la singulière faculté de devenir cuirassées, de se munir de ventouses sous-abdominales, de s'armer à l'extrémité des pattes de solides crochets, d'obturer leurs orifices buccaux et autres, en un mot de se transformer en Hypopes ou Nymphes hypopiales, jusqu'à ce que les conditions favorables à leur développement se présentent; c'est à M. Mégnin que Ton est redevable de ces intéressantes observations (1). Ces Nymphes hypopiales ne constituent donc pas des formes spécifiques et génériques distinctes comme le supposaient les' anciens auteurs ; les genres I/ypopus, Homopus, Trichodactylus doivent donc disparaître.
L'ACARUS DU FROMAGE OU TYROGLYPIIE DU FRO- MAGE. — TYHOGLYP1IUS SIRO SEV FARINM.
Kâse Milbe.
Caractères. — L'Acarus du fromage n'apparaît à l'œil nu que sous l'aspect d'un point très difficile à distinguer; à l'aide des instruments grossissants on discerne sa forme (fig. 2029 à 2032). C'est un animalcule allongé, muni de longues soies, dont le corps brillant et gras, d'une couleur gris de perle, se trouve partagé en deux régions; ses mandibules ont la forme de ciseaux et ses pattes composées de cinq articles se terminent par une ventouse à long pédicule; les tarses de la quatrième paire de pattes portent deux tubercules.
Mœurs, habitudes, régime. — Ces bestioles habitent par millions les vieux fromages secs et durcis, gruyère, septmoncel, roquefort, etc., qu'elles transforment avec le temps
(1) Mégnin, Mémoire anatomique et zooloyique sur un nouvel Acarien, le Tyroylyphus roslroserratus et sur son Hypope (Journ. de l'Anal, et de la Phys., 1873).
en une poussière composée de leurs excréments et de leurs dépouilles. C'est précisément ce que désirent certains amateurs qui entretiennent ces Acariens avec soin et recherchent précieusement les fromages habités par eux. Leur présence est un indice certain de l'altération des farines ; plus rarement ils détruisent entièrement des amas de céréales mal surveillées; ils se rencontrent encore dans les caves, les garde-manger, les écuries, les granges, etc.
Dans les tonneaux de bière, sur les bords des terrines de lait mal entretenues, sur les viandes desséchées, au milieu des semences, etc., on découvre encore d'autres espèces de Tyroglyphes qui montrent la prodigieuse extension et la merveilleuse variété des Acariens.
Avec le Tyroglyphus siro se trouve très souvent le Tyroglyphe allongé (fig. 2027), qui lui ressemble beaucoup, mais se distingue par la
Fig. 2033. — Le Glyciphage coureur {Glycipkayus cursur seu hippopodos) (très grossi).
plus grande longueur de son corps, de ses poils, de ses pattes, toutes semblables entre elles.
Dans les collections d'Insectes, souvent les épingles sont entourées à la base d'un petit amas de poussière qui révèle la présence d'Acariens d'une espèce particulière {Tyroglyphus entomophagus) qui cause de nombreux dégâts si l'on n'a soin de prendre au plus vite des mesures de précautions, notamment en benzinant les Insectes un à un ou en les exposant en vase clos aux vapeurs du sulfure de carbone (fig. 2028).
LES QARPOGLYPHES Bf LES GLYGIPHAGES.
Fig. 2036.
Fig. 2034. — Màlo, vu par la face inférieure
et grossi 150 fots. Fig. 2036.
Fig. 2035. — Femelle ovigère, vue par la face
Fig. 2034 à 2036. — Les Sarcoptides plumicoles (Proctophyllodes glandarinits)
inférieure et grossie 150 fois.
Appareil mâle d'un Proctopliyllode.
Un Tyroglyphe (Tyroghjphus siculus) a été trouvé par MM. Fumouze et Robin dans lapous sièredes Cantharides desséchées (fig. 202(3).
Quant à l'efflorescence blanchâtre qu'on observe sur les fruits desséchés et durs, tels que les Prunes, les Cerises, les Raisins, les Figues, les Dattes et d'autres encore, elle n'est pas due toujours à l'exsudation des matières sucrées; mais elle est souvent produite par des milliers d'Acariens qui appartiennent principalement au Carpoglyphe des figues [Cai-poglyphus passulurum) et au Glyciphage coureur {Glyciphagus curso7-). Ce dernier que
nous représentons (fig. 2033) se trouve également sur les Oiseaux et les Insectes desséchés, sur les squelettes et les pièces anatomiques mal dégraissés, dans les poussières des caves et des greniers, etc.
LES SARCOPTIDES PLUMICOLES
LES PROCTOPI1YLLODES — PROCTO-
PIIYLLODES
Caractères. — Les Mâles diffèrent beaucoup des Femelles et ont tous des ventouses abdo
LE SARCOPTE OU ACARUS DE LA GALE HUMAINE-
minales et de plus une paire d'appendices foliaciés, très élargis à l'extrémité du corps. Rs sont d'une couleur gris-roussâtre et leur taille ne dépasse guère un demi-millimètre (fig. 203 i à 2036).
Mœurs, habitudes, régime. — ■ Ces Acariens
comme tous les Sarcoptides sont inoffensifs ; ils se nourrissent exclusivement des humeurs sécrétées naturellement par la peau. Nous représentons, d'après MM. Ch. Robin et Mégnin, le Proctophyllodes glandarinus (fig. 2034 et 2035) qui s'abrite entre les barbes des rémiges et des sectrices du Geai et du Gros bec.
LES SARCOPTIDES PSORIQUES