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l'ig. i-

Parii, J.-B Ba.Mière et Fil», édit.

Fig. 4.

Corbeil. Crelé. >mp.

GALES OU DERMATOSES ACARIENNES.

Les Acariens qui déterminent ces affections cutanées.

PÎÇ. 1 et 2. — Mains tle galeux sur lesquelles on aperçoit les Fig. 4. — Follicule sébacé renfermant trois Dcmodex (Démode

lieu* d'élection des Sarcoptes et les silluus qu'ils creusent dans folliculorum homiuis) et deux de leurs OKufs, grossi 350 fois,

la peau ; c, eczéma ; s, sillon. Fig. 5.— Follicules sébacés de la peau d'un Chien remplis de Dcmn

Fig. 3. — Acarus de la Gale de l'Homme (Sarcoptes scabiei seu dei (Demodex folliculorum caninus), grossis. nominis), grossi 80 fois.

LE SARCOPTE OU ACARUS DE LA GALE HUMAINE

Acarus de la Gale. Nous serions obligé de reproduire les polémiques fort curieuses qui s'élevèrent à ce moment et divisèrent le corps médical; mais le temps nous presse.

Maintenant qu'on a pu discernerentre elles les diverses maladies cutanées et qu'on s'est mieux rendu compte de leurs origines, on a reconnu que la Gale reconnaissait pourcause la présence d'Acariens qui fouillaient l'épiderme. Cette affection ne survient donc jamais spontanément ; elle apparaît à la suite de la pénétration de ces animalcules ou de leurs Œufs; ils viennent de l'extérieur et sont transmis par les vêtements, par la literie, etc. L'Animal qui produit la Gale chez l'Homme a reçu le nom d'Acarus de la Gale humaine (Sarcoptes Scabiei seu Hominis); la désignation technique de Sarcoptes Homïnis, introduite par Raspail, est préférable à celle à'Acarus Scabîei, adoptée jadis par Fabricius, dont la description n'est pas assez nette pour établir que c'est bien à l'espèce en question qu'il l'attribuait et non à d'autres espèces fort analogues.

La Gale apparaît sous la forme d'élevures linéaires, correspondant à autant de galeries, parfois disséminées sur le corps entier, mais généralement limitées à certaines régions revêtues d'un épiderme mince, telles que le poignet, les coudes, les genoux, etc. Chacune de ces galeries émane d'un point enflammé, et suivant l'irritabilité du sujet et la régionc utanée affectée, la lésion se montre ponctiforme, papuleuse,vésiculeuse ou pustuleuse (PI. XXXVI, fig. 1 et 2). Lorsqu'en effet ces Acariens se trouvent placés sur la peau, ils s'enfoncent pius ou moins obliquement à travers un sillon cutané ou au voisinage d'un poil, et sécrètent un liquide acre qui produit par irritation les taches ponctiformes, vésiculeuses et autres, que nous venons de mentionner.

Dans ces lésions initiales de la Gale on ne trouve ponit d'Acariens, parce que ces Animaux ont déjà pénétré plus profondément, ou qu'ils sont déjà répartis; tous ces Sarcoptes jeunes (les Mâles aussi bien que les Femelles non fécondées) mènent une existence tout à fait errante et abandonnent rapidement leurs galeries pour creuser de nouveaux conduits. Ce sont ceux-là surtout qui provoquent des démangeaisons intolérables. Les Femelles fécondées, au contraire, creusent des galeries plus longues qui leur servent de nids et qu'elles ne quittent plus ; elles y déposent leurs Œufs et meurent à l'extrémité de ces conduits. Pas plus

qu'au début de l'affection on ne trouve généralement d'Acariens dans les écailles et dans les croûtes épidermiques, qui peuvent former escarre; c'est en raison de cette circonstance qu'on n'a pas voulu, pendant si longtemps, voir dans ces Animalcules la cause de cette maladie. C'est à ces troubles que se borne l'affection chez l'Homme, parmi les populations bien entretenues qui n'ont pas à attendre trop longtemps les secours de la médecine. D'ailleurs,même dans les cas où l'affection est négligée, le mal ne dépasse guère un certain degré, car une irritation trop forte de la peau ne convient pas aux Sarcoptes dont elle favorise peu le développement. Aussi a-t-on vu des gens, atteints de la Gale depuis de longues années, sans que cette maladie présentât de caractère' essentiellement différent de celui qu'elle offre habituellement. Mais lorsque les Sarcoptes se trouvent dans des conditions particulièrement favorables, lorsque la peau en raison d'une disposition spéciale est moins irritée, lorsque la constitution générale du sujet est moins susceptible, lorsque la vie de ces Parasites n'a été troublée par aucun traitement pendant un mois entier ou pendant un temps plus long encore, ils multiplient alors dans une proportion incroyable. Leurs couvées nombreuses qui se succèdent rapidement ne trouvent plus de place pour établir leurs Nids en forme de galeries dans les régions où ils s'installent d'habitude, et ils se trouvent contraints de se transporter dans les autres parties du corps qui demeurent ordinairement indemnes. C'est alors que les souffrances s'aggravent; l'irritation constante qu'ils déterminent dans la peau provoque une néoformation exceptionnellement rapide des éléments épidermiques; les couches plus anciennes, criblées de galeries courtes et nombreuses, sont repoussées au dehors avec les cadavres des mères d'où émanent les couvées nouvelles, mais elles restent adhérentes aux couches sous-jacentes par l'intermédiaire de la masse poreuse des cellules qui s'infiltrent de sérosité. Cette formation d'escarres constitue, avec l'extension du mal à la surface du corps, le caractère de la « Gale escarotique ». Cette forme, beaucoup plus grave, est analogue à la « rogne » que déterminent d'autres Acariens répandus sur nos Animaux domestiques, tels que les Chevaux, les Porcs, les Chiens, les Chats, les Lapins, etc. Parmi un très petit nombre de cas recueillis dans l'Europe entière, on n'a observé cette forme gêné-

LES DEMODECIDES.

ralement que chez des gens pauvres, mal nourris, inintelligents et apathiques. La Norvège, dont la population est si fortement infestée par la Gale, en fournit cinq exemples; puis vient l'Allemagne centrale qui en fournit quatre; tandis que la France, la Suède, le Danemark, Constantinople, n'en fournissent chacun qu'un exemple. En Norwège, en Islande, dans les îles Féroë, et dans le Groenland dont la population est d'une malpropreté extrême, ces cas doivent être plus nombreux; cette forme, en tout cas, était plus répandue dans les temps anciens, alors que le traitement des maladies était loin d'atteindre au niveau qu'il possède aujourd'hui. La «phthiriase» légendaire dontparlent les vieux auteurs n'étaitelle, dans certains cas du moins, autre chose que la maladie en question? C'est là un problème qu'on ne saurait résoudre actuellement. R. Bergh expose minutieusement un cas de Gale escarotique observé par lui; nous y relèverons seulement quelques détails relatifs à ces Sarcoptes. Les débris nombreux qui se trouvent inclus dans la couche escarotique sont formés principalement par les dépouilles résultant des mues ; ce qui frappe les regards ce sont les crêtes chitineuses de la face ventrale sur lesquelles s'arc-boutent les pattes. Tantôt on y trouve fixées les pattes complètes ou peu s'en faut, tantôt on ne les rencontre que sous forme de fragments épars.Les cadavres mêmes des Sarcoptes ont été trouvés presque toujours intacts. Les excréments sont très variables de formes et de dimensions ; généralement ils sont arrondis ou allongés irrégulièrement, lisses ou inégaux, granuleux et d'une teinte jaune brunâtre. Un fragment de la partie la plus ancienne, la plus superficielle et la plus épaisse, de la couche escarotique, mesurant un millimètre cube environ et pesant 0er,0008, contenait : 2 Femelles, 8 petits pourvus de six pattes, 21 fragments plus ou moins considérables de petits et de Femelles isolées, 6 OEufs, 58 co-

ques, et environ 1030 granulations excrémentitielles plus ou moins grosses. Dans un fragment de la couche inférieure de l'escarre, on ne put discerner qu'une quantité bien moins considérable de débris animaux.

Les OEufs presque ovalaires sont d'un tiers presque plus longs que larges ; ils mesurent en moyenne 0mm,15 de longueur, et sont enveloppés d'une membrane presque incolore, épaisse, mais pourtant transparente. On peut suivre au travers, d'une façon générale, le développement depuis l'apparition des rudiments de la tête et des divers segments jusqu'à la formation du petit Animal muni de six pattes dont les tarses postérieurs sont bifurques. L'OEuf s'ouvre généralement par deux fentes longitudinales inégales, qui livrent passage au petit, et se trouve ensuite recroquevillé et plissé longitudinalement.

Le Sarcoptes scabiei a été trouvé sur plus de dix espèces animales sauvages ou domestiques (I) carnassières ou herbivores, et présente alors quelques modifications qui, d'après M. Mégnin, autorisent à admettre l'existence de variétés que les auteurs Allemands auraient tort déconsidérer comme des espèces; le fait d'ailleurs parfaitement établi de la contagion de la Gale des Animaux à l'Homme justifie parfaitement la manière de voir de cet excellent observateur.

Il est encore des Sarcoptes appartenant aux genres Psoroptes et Choriuples qui déterminent chez les Animaux des Dermatoses, dites Gales psuroptiques ou choriopliques, qui ne se transmettent pas à l'Homme; tels sont par exemple : le Psoroptes à long bec (Psoi'oples longirostris) avec ses variétés equi, bouis, ovis, cuniculi; le Chorioptes spathifère [Chorïoptes spathiferus, du Cheval ; le Ch. sélifôre [Ch. setiferus) de l'Hyène et du Renard; le Ch. sans queue (Ch. ecandalus) qui vit dans Ja conque auriculaire des Chats, des Chiens, des Furets.

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