L'ICHNEUMON RECLUS. —ICHNEUMON PISOJIIUS
Caractères. — L' Ichneumon pisorius{Rg. 1067), qui donne une excellente idée du port général de toute la tribu, appartient à un groupe chez lequel le post-pédicule paraît finement strié ; les empreintes de l'origine du second anneau sont profondes et au moins aussi larges que les intervalles qui les séparent et qui sont aussi striés en long; le sillon intermédiaire entre cet anneau et le suivant est profond ; l'aire médiane supérieure du métathorax est presque carrée, à peine arrondie en avant, et les antennes des Femelles, comme celles de tous les Milles, sont pointues à leur extrémité antérieure. L'écusson, ainsi qu'une ligne située à la naissance des ailes, est jaune; l'abdomen, mat à cause de sa ponctuation, est d'un rouge de rouille assez
pale, à l'exception du pédicule formé d'un article brun. Chez le Mâle, sur la face et les pattes, le jaune domine. Chez la Femelle, il n'y a de blancs que les bords des yeux en rapport avec le front et avec le vertex, ainsi qu'un cercle autour des antennes, et le milieu des jambes, le reste des pattes étant noir. Toutes les parties du corps non mentionnées sont noires.
Distribution géographique. — C'est une des espèces les plus grandes de France et d'Allemagne.
Mœurs, habitudes, régime. — L' Ichneumon pisôrius se promène activement dans les bois de Pins, à partir de juin ; il semble avoir conscience de sa taille, supérieure à celle de ses compagnons; c'est un hardi et joyeux compère. Pendant le vol, ses ailes d'un jaune vineux font entendre un bruit perceptible.
La Femelle pique les Chenilles des grands Sphyngides, principalement celle du Sphinx des Pins, qui se trouvent en grand nombre dans les mêmes parages; mais elle ne dépose qu'un OEuf sur chacune. La Chenille piquée paraît peu incommodée par son Parasite, car elle accomplit sa Nymphose d'une façon régulière en apparence. Mais c'est alors que la présence de l'intrus exerce une iniluence visible ; peu à peu cette Nymphe devient roide et légère, et si on l'ouvre à point on y trouve un
LES PHYGADEUON.
Ver ilasque, d'un blanc jaunâtre, et d'une longueur de 45mm. Il porte de chaque côté, audessus de bords renflés de ses anneaux, neuf stigmates, dont les trois derniers paraissent être moins développés que les autres et n'avoir pas la même transparence jaunâtre. Après sa Nymphose, il ne met généralement que quatorze jours à acquérir ses ailes. La coque du Sphinx du Pin (Sphinx Pinastri) dont le sommet est enlevé, qui est placé au-dessous de l'Insecte, est destinée à montrer la façon dont ces Ichneumons s'échappent de leur prison.
L'ICHNEUMON FONDEUR. — ICIINEUMON FUSOMUS.
Caractères. — L' Ichneumon fusorius, aussi fréquent, est tout à fait pareil à l'Ichneumou reclus quant à la taille, et à la couleurgénérale ; seulement, chez lui, l'écusson, le bord des yeux en rapport avec le vertex, et parfois, un ou deux points situés à la base de l'aile, sont blancs ; en revanche, les jambes et les tarses paraissent rouges.
Mœurs, habitudes, régime. — Au point de vue de ses mœurs, nous savons d'après Boie qu'il se développe dans les Chenilles du Callimorpha dominula.
LES AMBLYTÈLES — AMBLYTELES (1)
Caractères. — On distingue facilement des Ichneumons les Femelles du genre Amblyteks à l'extrémité plus obtuse de leur abdomen ainsi qu'à la dernière écaille ventrale qui arrive à peu près jusqu'à la pointe, et dont la tarière est plus rapprochée à son origine ; un grand nombre sefait remarquerpar l'éclat particulier de la surface du corps et par la vivacité des couleurs ; les annelets des antennes sont moins étroits aussi que chez les Ichneumons.
On en connaît environ quatorze espèces, qui toutes se rangent, en raison de leurs dimensions et de leurs couleurs, parmi les Ichneumonides les plus importants ; elles mesurent 17mm, o, quelquefois même davantage.
Les nombreuses espèces pluspetites de cette tribu ont des teintes plus monotones ; leur abdomen est noir ou rouge ; le chaperon ou les hanches postérieures sont ornées de marques particulières; le métathorax est pourvu de stigmates aériens circulaires. Wesmaôl les a divisés en un grand nombre de sous-genres, sur lesquels nous n'avons pas à insister ici.
(1) 'A|j6).0e;, émoussé; ts'Xo;, extrémité.
LES CRYPTINES — CRYPTIN^E
Cryptinen.
Caractères. — Les Cryptines ont de commun avec les Ichneumons la forme pédiculée de l'abdomen, et les antennes légèrement noueuses. La cellule spéculaire, pentagonale aussi, tend vers la forme carrée ; les aires du métathorax sont moins complètes. La tarière, qui émerge d'une fente ventrale, fait saillie au repos ; les orifices aérifères du premier segment abdominal sont plus rapprochés les uns des autres que de l'extrémité de l'anneau ; les antennes sont beaucoup plus grêles, la plupart du temps, et présentent plusieurs épaississements au-dessous de la pointe. Les Hyménoptères qui appartiennent à cette tribu diffèrent déjà trop entre elles pour pouvoir se caractériser complètement en quelques mots; nous trouvons réunies, dans le genre Pezomachus de Gravenhorst, les seuls Ichneumonides dont les Femelles, au moins, soient aptères.
Pour passer de la tribu des Ichneumonines à celle des Cryptines, nous décrirons le genre Phygadeuon qui nous servira de transition.
LES PHYGADEUON — PHYGA- DEUON (1)
Caractères. — Le genre Phygadeuon est composé surtout d'espèces petites et trapues. Les Femelles ont des antennes très courtes, formées d'articles noueux, dont le troisième, le plus long, est à peine deux fois plus long que large, et qui s'enroulent à leur extrémité obtuse. Parfois elles sont plus allongées et s'élargissent au-dessous de la pointe; si cet élargissement n'a pas lieu, les aires plus nombreuses du métathorax fournissent de bons signes distinctifs pour les discerner des autres représentants de la tribu. La tarière dépasse peu l'extrémité de l'abdomenpédiculé ; elle émerge d'une fente ventrale.
Chez le Mâle le post-pédicule est notablement plus large que le pédicule et se trouve sur un plan différent. Malgré l'analogie des formes, et l'identité des nervures alaires, ce genre est nettement séparé des Ichneumons par la situation des stigmates aériens, indiquée déjà à propos de la distinction des tribus,
(I) 4)UYaSeûw, exiler.
LES HEMITÈLES.
et par la structure des antennes formées d'articles peu nombreux et unies, même chez les Maies.
LE riIYGADF.UON I>ES LOI'IIYRES. — P1IYGÂ- DEUON PTF.ROISORVM.
Caractères. — Parmi les espèces du genre, les plus grandes et les plus communes, se rangent les Phygadeuon pteronorum, qui mesurent de 6mm, 5 à 8mm, 75 de long.
Mœurs, habitudes, régime. — Elles SOnt les
Parasites ordinaires de ces coques en barillet des Lophyres des Pins déjà mentionnées (Lophyrus pini). Ratzeburg recueillit dans la mousse, en automne, une quantité de ces petits barillets, qu'il enferma dans une pièce chauffée. Le 24 avril suivant, apparurent de petits Cryptines de l'espèce Ifemite/es areator. Les deux cocons, dont elles étaient sorties, furent soumis à un examen minutieux, et l'on fut surpris d'y trouver : d'abord l'habitant régulier, le Lophyre dont les ailes n'étaient pas normalement développées, puis un Phygadeuon tout prêt à prendre son vol. Comment expliquer ce cas extraordinaire? Probablement la Larve de la Tenthrède était assez avancée déjà dans son développement, au moment où le Phygadeuon l'a piquée, pour que sa Nymphose régulière et son développement ultérieur n'en fussent pas entravés. La Larve du Phygadeuon en était sans doute arrivée au même degré de développement quand YHemitelesYa. dotée d'un OEuf, à son tour; et les trois Insectes sont parvenus à leur développement, mais tout juste, car deux d'entre eux n'eurent pas la force de traverser le Cocon.