LES CRYPTES — CRYPTUS
Caractères. — Le genre Cryptus, répandu sur toute la terre, se distingue des Ichneumons, par la tarière saillante des Femelles, par une cellule spéculaire qui tend le plus souvent vers la forme quadrangulaire, et par les aires très peu nombreuses du métathorax qui se réduisent la plupart du temps à deux crêtes transversales.
Le Mâle du Cryptus tarsoleucus (fig. 1068, page 165) permet de se figurer la sveltesse de sa Femelle, qui, chez beaucoup d'espèces, présente quelques articles blancs aux tarses postérieurs.
Blœurs, habitudes, régime. — Les Cryptus
(1) KpuTiTÔ;, caché.
vivent en Parasites, souvent dans plusieurs Insectes en même temps, principalement dans les Tenthrédines et les Bombycides.
LES MÉSOSTERNES — MESOS- TERNUS (1)
Caractères. — Les Mésosternes pourraient être pris pour des Cryptes, si leur cellule spéculaire, extrêmement petite et quadrangulaire, ne recevait la nervure récurrente sur un côté parfaitement rectiligne. Un second caractère distinctif repose sur la direction de la tarière dont l'extrémité se recourbe en bas.
LK MÉSOSTERNE POUTE-GLAIVE. — MESOSTEIiNUS GLADIATOR.
Caractères. — Nous représentons, au-dessus du Cryptus tarsoleucus, une Femelle de Mesosternus gladiator (fig. 1069, page 165) voltigeant avec sa longue queue. Cet Ichneumon, dont le métathorax, dépourvu d'épine et rugueux en raison de sa ponctuation serrée, porte des stigmates ovales, a les cuisses et les jambes antérieures au voisinage de leurs tarses rouges ; quelquefois aussi la moitié supérieure des jambes, chez le Mâle, le second, le troisième, et le quatrième article des tarses postérieures, et quelques articles antennaires chez la Femelle blancs.
Mœurs, habitudes, régime. — Cet Insecte élégant s'envole en juin, et déploie son activité à explorer les vieux murs ; on est porté à croire qu'il est Parasite des Vespides ou des Apides qui y creusent leurs cellules.
LES HEMITÈLES — HEMITELES (2)
Caractères. — Ils se distinguent, ainsi que les autres espèces petites et nombreuses du même genre, par leur cellule spéculaire pentagonale qui n'est pas close du côté externe. Le métathorax porte une ponctuation serrée, et présente une aire médiane supérieure, qui résulte du croisement de ses crêtes transversales et de ses courts sillons longitudinaux. Le premier segment abdominal s'élargit graduellement jusqu'à des renflements noueux, à partir desquels il s'élargit encore une fois jusqu'à l'extrémité du post-pédicule; comme les articles suivants, il est pourvu d'une ponctuation serrée.
(1) Mîto;. qui est au milieu ; aiéptov, sternum, poitrine.
(2) 'H|iiT£>ik, imparfait.
LES HHYSSA.
I III Mil ELI S AREATOR.
AREATOR.
HEJIITELES
Caractères. — Cet animalcule, élégant, mais peu visible, mesure de 3mm,37 à 5mni,17 de long, et se reconnaît à ses antennes filiformes, à ses ailes ornées de trois bandes transversales foncées chez la Femelle, de deux chez le Mâle; à sa tête décorée de taches noires sur un fond rouge, ainsi que son thorax et son second article abdominal; enfin à ses pattes rouges, et aux extrémités blanches de ses jambes postérieures.
Mœurs, habitudes, régime. — L' ffettlilelcs
areator a été signalé comme Parasite des Insectes les plus divers, et paraît être un Animal extrêmement rôdeur, peu difficile sur le choix de sa victime, car on l'a retiré des Insectes les plus divers : des Chenilles du Platypterix falcula, des Chenilles de Tinéides, des Larves de Coléoptères (Dennestes et Attagenus), Aussi peut-on le saisir, de juin à novembre, sur les fenêtres des chambres habitées qui renferment ces deux Larves de Coléoptères.
LES PIMPLARINES — PIMPLABINsE
Pimpîàrinen.
Caractères. — Les IJimplarines [Pimplarinsé] se distinguent, en général, par un abdomen sessile, aplati, dont le premier anneau, sans courbure, porte ses stigmates au centre ou un peu en avant, et dont le dernier segment est débordé, chez les Femelles, par la tarière souvent fort longue. La cellule spéculaire est généralement triangulaire, mais elle peut manquer aussi totalement. La division en aires du métathorax est très incomplète; ses orifices aérifères sont plus souvent ronds et petits, qu'allongés; la plupart du temps, les articles des antennes sont absolument cylindriques et à peine distincts les uns des autres.
De même que les Cryptines sont des «Ichneumonides caudés » à abdomen pédicule, les Pimplarines sont des Ichneumonides caudés à abdomen sessile. La tarière des Femelles, qui a précisément l'apparence d'une queue, émerge, chez certaines espèces, d'une fente ventrale, et, chez d'autres, de l'extrémité abdominale; elle a alors parfois une longueur triple de celle du corps.
LES RHYSSA — RIIVSSA
Caractères. — Le genre H/tyssa, reconnaissable à son mésothorax strié transversalement, surpasse par ses dimensions tous les autres genres de sa tribu et tous les membres de cette famille. Sans parler de quelques espèces de l'Amérique septentrionale dont le corps mesure 3e'", 5 chez les Femelles, et dont la tarière, de l'épaisseur d'un crin, atteint 10cm,4 de longueur, en sorte que \&Rtty$sa, dans son ensemble, doit les trois quarts de sa longueur environ à l'impression produite par cette queue. Il existe dans nos forêts de Conifères quelques espèces, noires, richement décorées de marques blanches, et munies de pattes d'un jaunerouge, dont les dimensions sont en rapport avec celles des espèces américaines.
LA RHYSSA PERSUASIVE. — RIlrSSA PERSUASORIA.
Caractères. — Ce magnifique Insecte (fig. 1072) se reconnaît entre tous par sa coloration brune relevée de taches jaunes qui forment d'élégants dessins.
Mœurs, habitudes, régime. — La Ji/iyssa persuasoria est parasite des Larves de Sirex qui vivent à une certaine profondeur dans l'épaisseur des Sapins. Les Femelles, lorsqu'elle pondent, savent enfoncer leur tarière jusqu'à sa base, à 6 centimètres de profondeur environ, pour atteindre la Larve saine.
<c En voulant enjamber une masse de troncs de Sapins écorcés qui étaient dégringolés de la montagne, sur le chemin de la chapelle de Guillaume Tell, je fus arrêté, dit Taschenberg, par un essaim de ces Hyménoptères qui s'y trouvaient réunis. L'un d'eux s'était implanté dans le bois aussi profondément qu'il avait pu; je le saisis et je cherchai, avec beaucoup de prudence et avec une certaine vigueur, à retirer sa tarière sans abîmer les autres parties de son corps. Je ne pus réussir; les derniers anneaux abdominaux se déchirèrent avant que la tarière eût apparu dans son entier, et les mouvements musculaires continuèrent encore quelque temps dans les articles détachés. »
On reste étonné devant ce fait merveilleux; comment une sorte de soie, épaisse comme un crin de Cheval, qu'un collectionneur désignait un jour sous la dénomination pittoresque de h cure-pipe », peut-elle pénétrer à .6 centime-
LA RHYSSA PERSUASIVE.
MM
Fig. 1072. — LaRhyssa persuasive.
L'Epliialtes manifestateur, grossi.
Fig. 1072 et 1073. — Les Ichneumonides (Ephialtes et Rhyssa),
très et plus dans un tronc d'arbre un peu tendre, et livrer passage à un OEuf. Or une même Femelle répète l'acte plusieurs fois ! Quelle dépense de forces est nécessaire à ce faible Insecte! sans doute la tarière s'infléchit à droite et à gauche pour s'adapter aux espaces intermédiaires entre les fibres et les vaisseaux du bois ; aussi ne s'enfonce-t-elle que lentement et en plusieurs temps. L'OEuf est peut-être arrivé déjà à l'extrémité de la tarière, avant que celle-ci ne commence à se frayer une voie ; mais nous ne pouvons toujours comprendre comment ses parties mobiles et extensibles peuvent encore entrer en action dans de pa- Brejim. — VUl.
reilles conditions. On peut se demander, en outre, sur quel indice la Femelle découvre la présence d'une Larve convenable à l'évolution de son OEuf; comment arrive-t-elle à connaître sa retraite pour enfoncer sa tarière juste en ce point, jamais à un centimètre plus haut ou plus bas? Nous avons dit déjà qu'elle ne recherchait point le passage de la Larve, ainsi que l'indique l'intégrité de la surface du tronc, et la solidité avec laquelle la tarière reste implantée dans le bois. D'où peut-elle savoir qu'aucune de ses sœurs n'est venue pondre avant elle dans cette Larve qui ne peut suflire à plus d'un OEuf? L'instinct naturel des Insec- Insectes. — 1-1 3
L'ÉPHIALTES EMPEREUR.
tes, la « sagesse du Créateur » ne nous permettent guère de voir dans ce travail pénible et violent de simples tâtonnements; l'Hyménoptère doit sans doute atteindre son but à tout coup, et s'acquitter ainsi de ses devoirs maternels. Répondra qui pourra à toutes ces questions; je n'ai d'autre réponse à donner que celle-ci. Nous nous trouvons, comme pour bien d'autres problèmes, en présence d'un secret de la nature, qu'on découvrira peut-être un jour, peut-être jamais.
LES ÉPHIALTES — EPEIALTES (1)
Caractères. — Le genre Ephialles comprend un plus grand nombre d'espèces ; leur thorax est glabre, mais elles rappellent beaucoup les Rhyssapav l'allongement des anneaux de leur abdomen, qui sont plus ou moins lisses, par la longueur relative de leur tarière, et par la coloration de leurs pattes.
La longueur des diverses espèces &' Ephialles varie suivant la grosseur de la Larve qu'elles habitent; aussi en trouve-t-on déplus grandes et de plus petites que la Femelle représentée sur la figure 1070. Il en est qui mesurent environ 3 cent. 5 de longueur; leur tarière est presque aussi longue, en ne tenant compte que du fourreau; comme elle émerge d'une fente ventrale et que par conséquent son origine a lieu beaucoup plus en avant, elle est en réalité bien plus longue que sa gaine. Le Mâle, toujours plus petit, se distingue à son abdomen plus élancé.
Mœurs, habitudes, régime. — TOUS les
Ephialtes sont parasites des Larves dissimulées dans le bois, comme l'indique la longue tarière des Femelles; mais ils semblent suivre davantage, pendant la ponte, les trous fixés dans le bois; ils ne pourraient, sans doute, pénétrer avec leur tarière entre les faisceaux d'un bois très dur, tels que les fibres serrées du Chêne, comme le font les Femelles des llhyssa dans un bois plus tendre. A cela près leurs mœurs sont les mêmes que celles des Rhyssa.
En été, les diverses espèces d' Ephialles se pressent dans les bois, autour des troncs d'arbres forés par les xylophages; car c'est là seulement qu'elles trouveront les berceaux de leurs progénitures. La Femelle explore chaque trou, avec beaucoup d'attention, à
(I) 'Eïia/xr;;, qui saute dessus.
l'aide de ses antennes allongées dont la pointe se recourbe en bas; elle s'arrête partout, cherchant, et flairant pour ainsi dire, et dans cette besogne tout son être craintif est absorbé si profondément, qu'on pourrait se tenir dans son voisinage immédiat sans l'effaroucher. A-t-elle enfin trouvé la place convenable, elle relève son abdomen, de telle sorte que l'Animal semble se tenir sur la tête; elle introduit alors sa tarière et l'enfonce dans la Larve avec circonspection; à ce moment l'abdomen retombe peu à peu, tandis que la gaine se relève de plus en plus. L'Insecte se maintient dans cette position, jusqu'à ce que l'Œuf soit pondu ; elle se trouve, pendant ce temps, tout à fait sans défense, et c'est elle-même qui s'est fixée dans cette situation précaire. La Larve, devenue adulte l'année suivante, se lisse un cocon noir cylindrique, que l'Hyménoptère éclos dans son corps transperce pour conquérir sa liberté et s'échapper par l'orifice foré par son hôte.
L'ÉPHIALTES EMPEREUR. — EPHIALTES /.tf- I'EIUTOIt.
Caractères. — Nous représentons les deux sexes de VEphialies imperator (fig. 1070 et 107 1 , p. 1G3). Il se distingue des autres espèces dont la coloration est très analogue par les surfaces courbes et rbombiques formées parles nodosités latérales qui s'élèvent de part et d'autre de la ligne médiane sur les segments abdominaux moyens; par les tarses postérieurs, plus longs que les jambes correspondantes; enfin par les poils courts qui revêtent la gaine de la tarière. Le corps est noir; seules, les écailles alaires et les pattes sont d'un brun-rouge; les jambes postérieures et leurs tarses sont noirs. L'aile jaunâtre possède un stigma brunfoncé; la cellule spéculaire est triangulaire.
Nous représentons également (fig. 1073) VEphialies manifestator : une de nos espèces indigènes les plus répandues ; c'est un grand Insecte à longues pattes roussâtres ayant les jambes postérieures tirant sur le noir.
Il perfore les bois où les Larves de Chalcophora (Ruprestides) et de Callidium (Cérambycides), ainsi que celles de beaucoup d'autres espèces, creusent leurs galeries.
Taschenberg a retiré quelques Mâles de plusieurs espèces plus petites, des Chenilles de
LES GLYPTES.
certains Papillons aux ailes transparentes, les Sésies [S esta sp/icgifurmis), de certaines Tinéides [S cardia polypori ou boletella), des tumeurs noueuses que produisent les Larves des petits Coléoptères capricornes, la Saperde des peupliers [Saperda populnea), enfin des bourgeons de Sapins.
LES PIMPLA — PIMPLA (1)
Caractères. — La différence essentielle qui sépare les deux genres Pimpla et Ephialles repose sur l'aspect plus ramassé de ceux-là : les segments abdominaux sont, au moins cbez les
Fig. 1071. — Le Pimpla instigateur mâle, de grand, nat.
Femelles, plus larges que longs, et la tarière n'atteint que rarement la même longueur que l'abdomen.
Distribution géographique. — Le genre
Pimpla, ainsi que le genre précédent, répand sur toute la terre ses nombreuses espèces.
LE PIMPLA INSTIGATEUR. — PIMPLA 1NSTIGATOR.
Caractères. — Le Pimpla insligator est un des Ichneumonides les plus communs, et une des espèces de nos pays, les plus grandes de la tribu, quand elle jouit d'une nourriture abondante pendant son évolution. C'est un Insecte noir, dont les jambes et les tarses sont d'un rouge-jaunâtre très vif sur les quatre pattes antérieures, dont les jambes seules présentent cette teinte sur les pattes postérieures. Le Mâle représenté ici se distingue par ses écailles claires et ses palpes brillants ; ces mêmes parties sont plus foncées cbez la Femelle dont l'abdomen est un peu plus large et dont la tarière atteint à peine la demi-longueur de l'abdomen. Les stigmates du métatborax, large et rugueux, sont allongés; le front jusqu'aux antennes est rendu rugueux par des stries très fines; les articles des antennes sont un peu
(1) Nom d'une montagne de la Macédoine.
rendes vers la pointe; les griffes sont, comme chez d'autres espèces, munies d'un petit appendice lobé ; enfin la nervure transversale interne de l'aile postérieure se plie vers le milieu pour détacher une nervure longitudinale ; tous ces caractères doivent entrer en considéralionlorsqu'on veutdistinguerdes espèces si nombreuses et souvent fort semblables.
Mœurs, habitudes, régime. — La fréquence
des Pimpla instigator, et la variété que présentent leurs dimensions, oscillant entre 11 mmet 19mm,5, ont leur raison d'être dans cette particularité que la Femelle incorpore ses OEufs dans une foule de Chenilles d'espèces très diverses et de taille très variable appartenant pour la plupart aux Bombycides. Elle vit aux dépens de toutes ces Chenilles qui sont inutiles dans nos jardins, et de beaucoup d'autres qui sont redoutées par les ravages qu'elles causent aux arbres fruitiers ou forestiers, notammentdes Chenilles de certains Bombycides, tels que les Cnethocampa processionea et pinivora ; c'est pourquoi nous rencontrons cet Ichneumonide rôdant partout. 11 se promène, la plupart du temps, les ailes relevées, le long des troncs d'arbres, des haies, des murs, en quête d'une proie. Avant que la Chenille paisible ait le temps de se mettre en garde, elle est piquée, et malgré tous ses tortillements défensifs, l'OEuf glisse en un moment le long de la courte tarière et pénètre à l'intérieur de son corps. Le cruel Hyménoptère s'envole, en se balançant, et poursuit ses forfaits dans le voisinage, sans se laisser jamais embarrasser. Même les OEufs d'Araignées, dans leurs conques entassées, ne sont pas à l'abri de ses attaques, bien qu'à ma connaissance on n'ait pas encore surpris les Femelles de nos pays à la besogne.
LES GLYPTES — GLYPTA (1)
Caractères. — Leur abdomen est inégal, comme dans les deux genres précédents; cet aspect n'est pas dû à des nodosités, mais à deux empreintes longitudinales qui se rapprochent en avant, et qui s'étendent du quatrième au deuxième article. C'est là le signe distinctif du genre Glypia, qui renferme de nombreuses espèces. Chez toutes les Glypta, la tarière qui émerge de l'extrémité abdominale est de la même longueur que le corps.
(1) rXviTiToç, ciselé.
LES BRACONIDES.
LA GLYt'TE DE LA RESINE. — GLYPTA
RESINANJE.
Caractères. — Chez cette Glypte de nos climats, les grifl'es des tarses sont simples, le métathorax est divisé en aires, les ailes antérieures n'ont pas de cellule spéculaire ; le chaperon et les pattes sont rouges, à l'exception des jambes postérieures et de leurs tarses qui sont noirs, mais colorés en blanc à la base. Chez les Mâles, les jambes postérieures sont rouges, et le chaperon est noir.
,\!u'iirs. habitudes^ régime. — Il n'est pas
rare d'observer une excrétion résineuse à l'extrémité des branches des jeunes Pins. On les a désignées à tort sous le nom de « Galles résineuses », car il n'y a pas là la moindre prolifération du tissu cellulaire; par le pertuis qu'une Chenille a foré dans le bois jeune, la sève résineuse s'écoule simplement au dehors, puis durcit à l'air. Ces excrétions, qui peuvent atteindre les dimensions d'une Noix, sont provoquées par les Chenilles de plusieurs espèces de Tortricides fort élégantes. Quand on
les recueille au printemps pour en retirer la Tortrix resinana, ou Retinia resinella ainsi qu'on désigne celle dont il s'agit en ce moment, on peut se trouver parfaitement attrapé. Au lieu du Papillon, apparaît un Pimplarine noir, mesurant à peine 8mm,7o, le Giypta resinanœ. Chaque tumeur résineuse donne issue à un seul individu Mâle ou Femelle.
En été cet Hyménoptère escalade les aiguilles de Pins, et n'a guère besoin d'explorer d'autres parages, car les Pucerons ne manquent pas, sur ces arbres, comme chacun sait, pour lui fournir les sucs nécessaires à son alimentation. Si la Femelle rencontre une excrétion résineuse récente, elle sait fort bien, après l'avoir explorée et examinée minutieusement, atteindre la Larve qui y est cachée. Celleci continue à vivre, tout l'hiver, portant en elle un germe de mort; ce n'est qu'au printemps, alors qu'elle est devenue adulte, et qu'elle est prête à accomplir sa Nymphose, qu'on se trouve désabusé. Au lieu de la noire Chysalide qui doit donner naissance au Papillon, apparaît une coque claire d'où s'échappe bientôt le Ghjpta que nous venons de décrire.
LES BRACONIDES — BRACONW.E
Die Scludpfwespcnverivandtcn. — Braconiden.
Caractères. — Les Braconides, eu égard à leur organisation, se placent entre les vrais Ichneumons, et les Chalcidides dont ils ont d'ailleurs les mœurs.
Ce sont de petits Hyménoptères de 2mm, 25 à 6mm de long ; un très petit nombre atteint une longueur de 13ram. On les reconnaît facilement à la disposition des nervures des ailes, car l'aile antérieure n'a qu'une seule nervure récurrente. Sur la face dorsale, le second segment abdominal se continue avec le troisième sans suture, de façon à ne permettre aucun mouvement. Ce fait facilite la distinction des espèces aplères peu nombreuses qui se présentent ici moins fréquemment que chez lesPtéromalides. Seuls les Aphidius font exception à la règle ; ils ne présentent pas ce caractère, et la configuration de leurs ailes est plus simple. A part les cas isolés, les Braconides ont des antennes droites, filiformes ou sétiformes, composées d'une foule d'articles qu'on ne compte plus. Comme tous les Hyménoptères suivants,
ils ont deux trochanters, une tarière et des tarses à cinq articles.
Pour distinguer les genres et les espèces, on doit considérer le mésothorax, qui peut être pourvu ou dénué des sillons longitudinaux commechezles Chalcidides; on doit examiner aussi les reliefs du métathorax qui est parfois divisé en plusieurs aires par des crêtes disposées autrement que chez les vrais Ichneumons. Sur l'abdomen, c'est surtout le premier segment, qui doit fixer l'attention, suivant qu'il est rétréci en forme de pédicule sur toute sa longueur, sur sa moitié antérieure seulement, ou pas du tout. Le caractère fourni par l'abdomen, qui peut être pédicule, subpédiculé, ou sessile, etc., joue un rôle aussi important que dans la famille précédente. En outre, la variété dans la disposition des nervures de l'aile antérieure prend ici un intérêt plus grand au point de vue de la distinction des espèces.
Les signes les plus importants reposent sur
LES BHACONIDES.
Fig. 1032. Fig. 1078 et 1019. Fig.
Fig. 1078 et 1079. — Le Microgaster des bois (de grand, nat.). Parasite du Bombyx du Pin [Gastropacha Pini).
Fig. 10S0. — Le Microgaster des bois (Femelle trôs grossie).
Fig
Chenille de Gcs-
Fig. 1081. — Ses Larves sortant d'un
tropacha Pini (de grand, nat.).
Fig. 1082. — Les Cocons tissés par ces Larves autour du
cadavre de la Chenille (de grand, nat.).
Fig. 1078 à 1082. — Les Braconides [Le .Microgaster des bois [Microgaster nemorum)].
la conformation de la bouche, et ses variétés motivent la division de cette famille en trois tribus.
1° Chez l'une, le chaperon est comme d'habitude arrondi au bord antérieur, pointu, ou
Fig. 1075. — Type de Clidostomine.
Fig. 1010. — Type de Cyclostomine.
Fig. 1077. — Type d'Exodontine.
Fig. 1075 à 1077. — Bouches de Braconides.
très légèrement sinueux, et les mandibules empiètent largement l'une sur l'autre, de façon que l'orifice buccal est entièrement caché ou n'apparaît que sous l'aspect d'une fente étroite. C'est la tribu des Braconides à bouches closes ou Clidostomine
2° Chez la seconde tribu, le bord antérieur du chaperon est profondément sinueux, et la lèvre supérieure se retrousse tellement qu'elle représente presque le palais de la cavité buccale; en même temps les mandibules sont assez courtes pour ne se toucher que par leurs extrémités antérieures, quand la bouche est formée. Par suite de cette. conformation spéciale, la bouche close prend l'aspect d'un orifice orbiculaire, c'est la tribu des Braconides à bouches rondes ou Cyclostomines.
3° Dans le troisième cas, enfin, qui s'écarte le plus du premier, les mandibules sont non-seulement très courtes, en sorte qu'elles ne peuvent se mettre en contact, mais elles paraissent en outre avoir changé de côté : elles se regardent, en effet, par leurs faces convexes tournées en dedans, tandis que leurs laces concaves sont externes. Les Braconides, si mal loties au point de vue des mandibules, constituent la tribu des Braconides à mandibules tournées en dehors ou Exodontines.
Pour mettre en lumière ces rapports, nous avons figuré (fig. 1075 à 1077) la bouche d'un représentant de chacune des trois tribus.
LES MICROGASTER.
LES BRACONIDES A-BOUCHES-CLOSES OU CLIDOSTOMINES — CLIDOSTO- MINM
Gcschlossenmaîiler.
Nous décrirons, dans cette tribu, les genres suivants : Aphidius, Microgasler, et Macvo-
centrus.
LES AP11ID1ES — APHIDIUS (1) Aphidien.
Caractères. — Les Aphidius se distinguent: par leurs antennes arquées, dirigées en bas ; par leur abdomen nettement pédicule, lancéolé, sans appendices, dont le second et le troisième anneau ne se confondent pas; par une première cellule sous-marginale confondue avec la cellule médiane supérieure, et par une cellule marginale qui s'arrête au plérostigma, sur l'aile antérieure. Us ont 2mm,37 de long, tout au plus.
Mœurs, habitudes, régime. — Comme les Cynipides du genre Allolria, ils vivent tous dans les Pucerons, et, par suite, l'élevage est le meilleur moyen de se les procurer. Au milieu de ses compagnes aptères et saines, le Puceron piqué, brillant d'un éclat métallique, gît, mort, les pattes étendues, comme hydropique avec son abdomen renflé en forme de sphère quand le Parasite qui l'habile a atteint sa maturité. Si l'on remarque sur son cadavre un trou pas plus grand qu'une piqûre d'aiguille, on est certain que Y Aphidius a déjà pris le large.
L'apparition de ces Hyménoptères cause une véritable panique parmi les Pucerons qui aspirent la sève des plantes, tranquilles et sans défense. Ils connaissent leur ennemi et leur propre faiblesse. Ils savent aussi qu'ils peuvent se fixer solidement en place par l'implantation de leur bec et des griffes de leurs deux pattes antérieures ; aussi se réservent-ils la liberté de mouvoir leurs quatre autres pattes et de redresser leur abdomen, ou de le laisser retomber jusqu'à ce qu'il repose sur la feuille par sa face ventrale; ils agitent alors de toutes leurs forces leurs pattes libres, tout en tortillant leur abdomen efin de repousser l'ennemi, ou au moins d'esquiver le coup de sa
(1) "Af.c, puceron.
tarière. L' Aphidius ne s'y laisse pas prendre; il se met en position, étend ses pattes et, en un clin d'oeil, il dirige en avant, entre ses pattes, son abdomen mobile, pour piquer le corps de sa victime. Un second, puis un troisième entrent en ligne de la même manière, ou. d'une façon analogue, et les Pucerons sont décimés. Rien n'est plus curieux que d'observer leurs manœuvres autour d'une famille de Pucerons installée sur une branche de Rosier.