‹ Mes cheveux blancs: poésieChapitre 11 sur 61 · MES VIEUX MEUBLES · texte numérisé non relu

MES VIEUX MEUBLES

J'ai des meubles d'une autre époque , D'un vieux goût, d'un lustre effacé; Mais leur vue en mon âme évoque De riants tableaux du passé.

C'est comme un reflet d'innocence Qu'ils projettent sur mon déclin ; C'est la candeur de mon enfance Qu'ils font briller dans le lointain.

A mon existence isolée Ils rappellent un toit béni , Et de ma famille envolée Ils reconstruisent le vieux nid.

Ce sont quelques tasses de Sèvres Aux contours purs et transparents ; Je pense, en y posant mes lèvres, Embrasser tous mes vieux parents.

La pendule ornant leur demeure , Cette compagne de leur sort , Qui sur son timbre a sonné Theure De ma naissance et de leur mort.

Le joli bureau de ma tante , Où souvent sa plume traça Les mots d'une prose charmante Que sa tendresse m'adressa.

Une glace simple et ternie

Qu'entoure un cadre de noyer , Mais qui refléta Tharmonie Régnant au paternel foyer.

Une grande table carrée , Où je me prends à soupirer, Car ma famille bien serrée A peine un jour put Tentourer.

La Sainte Bible de ma mère, Qui vit sa joie et ses soupirs , Adoucissant sa peine araére Ou sanctifiant ses désirs.

Ses lunettes que je révère, Qu'elle appela toujours ses « yeux » .

Lorsque les miens sont sous leur verre Au chemin du Ciel j'y vois mieux.

J'aime, à la fin de ma carrière ^ Où ]?L souffrance eut, tapt de part ,

Pour me reporter en arriére Ces témoins d*iin joyeux départ.

Oui, quand mon âme en ses jours sombres Songe au bonheur que je perdis, Elle se rattache aux décombres De cet enfantin paradis !

ÉPIGRAMME

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