‹ Mes cheveux blancs: poésieChapitre 12 sur 61 · APOLOGUE · texte numérisé non relu

APOLOGUE

Des animaux je suis le premier, sur ma foi !

Disait une oie en gonflant son plumage ;

Je marche, je vole, je nage , Et tous les éléments sont surmontés par moi.

— C'est bien à tort que tu te vantes, Dit un rusé moineau, sur un ton goguenard ; Ton vol est des plus lourds , ta marche est des plus lentes ,

Et, pour nager, ton maître est le canard

A quoi te sert ta triple voie^.

Pour avancer si peu , si mal , Comme le plus gauche animal?

Dans Fair, dans Feau, sur terre, hélas ! tu n'es qu'une oie.

Ceci s'adresse à vous, écrivains de nos jours, Qui sur mille sujets nous faites des discours

Dont toute logique est absente ; Suivez de ce moineau le conseil opportun :

Il vaut mieux raisonner sur un

Que déraisonner sur cinquante.

ÉPIGRAMME

Page 1