‹ Mes cheveux blancs: poésieChapitre 23 sur 61 · LA FOI DE L'ENFANT · texte numérisé non relu

LA FOI DE L'ENFANT

Sur la montagne au loin dominant retendue,

D'une imposante voix , de la foule entendue ,

Jésus disait : « Aimez le mortel qui vous hait;

» Ne rendez que le bien pour le mal qu'on vous fait,

» Afin de ressembler à ce Monarque auguste

» Dont le soleil reluit sur le juste et l'injuste ;

» Qui , favorable aux bons aussi bien qu'aux méchants ,

» De tous deux par sa pluie aime à bénir les champs.

» Si quelqu'un se repent du chagrin qu'il vous donne ,

» Il faut lui pardonner pour que Dieu vous pardonne ;

» A censurer autrui ne soyez pas légers ,

» Ne jugez pas afin de n'être point jugés. »

Et les Juifs écoutaient cette morale austère Qu'un envoyé du ciel annonçait à la terre.

Tout à coup des enfants accourant empressés Des auditeurs du Christ se virent repoussés ; Mais lui, les rappelant et prenant leur défense : « Laissez venir à moi cette candide enfance ; » Son cœur simple et naïf, fait pour me recevoir, » Ne m'opposera point Torgueil d'un vain savoir. » Qu'aucun de ces petits à mon aspect ne tremble ; t Le Royaume des deux est à qui leur ressemble. »

Et la foule laissa jusqu'à lui parvenir

Ces enfants que sa main s'empressa de bénir.

Oh ! que cette parole adorable, sensée, A servi bien souvent de texte à ma pensée !

Que de fois je me dis : C'est au cœur de l'enfant Que l'espoir du chrétien du doute est triomphant. Plus rapproché du ciel dont il vient de descendre. Cet ange sans souillure est fait pour te comprendre , Jésus , de ta parole il ne saurait douter;

Elle est claire , elle est simple, il aime à Técouter,

Et la religion n'est point une science

Qui de dogmes obscurs trouble sa conscience.

D'un accent plein de charme il dit : « Je crois en Dieu. )

De nos profonds docteurs son credo lui tient lieu.

Pour lui tout est clarté , jamais le moindre schisme

Ne le fit chanceler loin de son catéchisme ;

Il marche , et Tinnocence en lui donnant la main

Sous ses pas qu'elle guide aplanit le chemin ;

Il ne voit point d'abîme et d'écueil sur sa route,

La candeur de son âme en écarte le doute;

Il s'agenouille et prie; aussi voilà pourquoi

Jésus a dit : « Laissez l'enfant venir à moi ! »

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