‹ Mes cheveux blancs: poésieChapitre 25 sur 61 · POÈME EN QUATRE CHANTS TERRE, SOLEIL, LUNE, CIEL · texte numérisé non relu

POÈME EN QUATRE CHANTS TERRE, SOLEIL, LUNE, CIEL

Premier chanl LA TERRE

Les savants disent à merci Que la terre est sempiternelle ; Morbleu ! si vieille elle est ainsi , Jeune elle dut être bien belle.

Qu'ils sont lestes ses mouvements !

Dans sa marche quelle vitesse !

En dépit de ses ^ mille ans Elle valse et tourne sans cesse.

Du temps, défiant le pouvoir, Chaque jour nous la montre encore Plus belle avec les feux du soir , Plus fraîche au retour de Taurore.

Quand Thiver sous son voile épais Lui jette une lueur blafarde, Son teint n*en devient que plus frais , Et Ton dirait qu'elle se farde.

Sur ses traits par le froid pâlis Le printemps accourt et se pose , A son sein prodiguant les lis , Sur sa joue entr* ouvrant la rose.

Des feux par Tautomne assoupis Le soleil dore sa couronne , Et d'une auréole d*épis L'été la pare et l'environne.

Dans les lacs , limpide miroir , Sa vive image se reflète ; Elle prend plaisir à s*y voir, Comme une prude à sa toilette.

Elle a bien quelque obésité , Mais à qui rirait de son ventre On peut répondre en vérité Que tout en sort et tout y rentre.

Elle a ses poches pleines d*or.

De topazes et d'émeraudes , Puis dans son sein Ton trouve encor Pour nos malades des eaux chaudes.

Si ses volcans lancent du feu , Si son tremblement nous emporte, Il faut la supporter un peu , Car enfin elle nous supporte.

De la terre, injustes railleurs,

Qui la critiquez à toute heure, .

Vous-mêmes devenez meilleurs , Elle aussi deviendra meilleure.

Puis, en la voyant tous les ans De fleurs et de feuilles couverte , Convenez, Messieurs Içs plaisants, Qu au moins sa vieillesse est bien verte.

Demème cknt

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