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LE BONNET DE NUIT

Casque, diadème, couronne.

Je fuis ce qui vous environne, Les périls, les flatteurs, le bruit ; Mais ma verve s'allume et flambe.

Brûlant de faire un dithyrambe En rhonneur du bonnet de nuit.

Se peut-il vraiment que la tête.

Par un oubli fort malhonnête, Jusqu'ici ne Tait pas dianté I Puisqu'il la coiffe, la caresse, La réchauffe, la tient, la presse.

L'enveloppant de tout côté.

Qu'il soit de riche ou simple étoffe, Il rend un mortel philosophe, L'orgueil, sous lui, meurt étouffé :

Humble, modeste, il ne fait naître Aucun vain désir de paraître.

Jamais le fat n'en fut coiffé.

Sur le front de tous il s'abaisse Durant la nuit, et ne nous laisse Qu'alors que le jour a brillé ; Donnant un air de bonhomie A la face encore endormie Du mortel à peine éveillé.

On le sait, le plus méchant homme S'améliore en faisant un somme ; S'il dort, il devient bon enfant.

Jamais de l'humaine malice Le bonnet de nuit n'est complice ; Il en est plutôt triomphant.

Il est bénévole, placide,

Aux calmes jpensers il préside, Il comprime tout fol excès ; .

11 apaise, adoucit, modère ; Mais quand il chasse la colère Aux amours il laisse un accès.

De nos nuits compagnon fidèle, Bien qu'il soit fait sur le modèle D'un lugubre et sombre éteignoir, Il est loin d'éteindre la flamme De l'époux auprès de sa femme , Et l'invite à la Caire voir.

Au projet qui nous semble louche Si nous rêvons sur notre couche Quand loin de nous fuit le sommeil.

C'est le bonnet de nuit qui couve Les bons expédients qu'on trouve Dans la nuit qui porte conseil.

Notre bonnet de nuit proclame

Paix du corps et rêves de Tâme, Repos qui vient, peine qui fuit.

Aussi le monde entier proteste Contre un dicton que je déteste :

« Triste comme un bonnet de nuit. »

Quand la fin du jour est venue, Que le travail discontinue.

Que partout a cessé le bruit, Ainsi qu'à Fœuvre terminée, Le point final de la journée Est vraiment le bonnet de nuit.

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