LES HIRONDELLES ET LES ECOLIERS
Sur la cime du toit qui couvre notre école Les hirondelles vont jaser chaque matin, Le couronnant ainsi d'une gaie auréole D'oiseaux vifs, sémillants, au caquet argentin.
A nos âpres hivers par l'automne enlevées Elles vont, préludant à leur départ certain.
Préparer sagement leurs récentes couvées Aux fatigues qu'entraîne un voyage lointain.
Des jeunes écoliers ces images fidèles Disparaîtront bientôt et quitteront ces lieux ; Dans vingt pays divers fuiront les hirondelles, Ainsi que ces enfants iront sous d'autres cieux.
De la jeune transfuge à l'humeur passagère Avec le frais printemps nous verrons le retour; Elle doit, arrivant de la rive étrangère, Au nid qui la vit naître être mère à son tour.
Mais plus d'un exilé de l'école champêtre Loin d'elle achèvera peut-être son destin, Pleurant le beau pays où Dieu lui donna l'être Et l'abri fortuné de son riant matin.
L'hirondelle obéit : l'Eternel qui la mène Fixe de son exil et le terme et le lieu ; Mais le guide orgueilleux nommé raison humaine Ne vaut pas cet instinct donné par le bon Dieu.
Eternel, aux enfants ainsi qu'à l'hirondelle
Donne, s'ils vont au loin chercher des cieux plus doux.
Cet instinct merveilleux à qui l'oiseau fidèle
Doit de trouver ailleurs les biens qu'il eut chez nous.