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CHALEUR ET MOUCHES

Où donc se cacher, où se mettre, Quand sur nous le ciel crie haro !

Lorsque plane le thermomètre A trente au-dessus de zéro î

Dans un air torride on suffoque ; Si l'homme était un œuf, pour sûr 11 ne serait point à la coque, Il serait bel et bien cuit dur.

A nul travail il ne se livre, 11 laisse, il abandonne tout ;

Chacun se contente de vivre ; Et, ma foi, c'est déjà beaucoup.

On espère être plus à Taise Quand le soleil brûlant nous fuit, Mais le lit se change en fournaise.

D'où Ton se lève à moitié cuit.

Si les fruits de toute nature Ne mûrissent pas cet été, Ils y mettront, la chose est sûre.

De la mauvaise volonté.

Les méchants dont la terre abonde Echapperont à Lucifer; Ils seront rôtis dans ce monde Sans qu'il soit besoin de l'enfer.

nature, sois attendrie. Sauve les bons de ce péril.

Et ne les mets plus, je t'en prie, Comme des harengs sur le gril.

Puis viennent des mouches maudites Dans le réduit le plus secret Comme écouter ce que vous dites Et regarder ce qui s'y fait.

Dans son impudence sans terme L une veut entrer dans mes yeux, Puis arpente mon épiderme A pas pressés et curieux.

Je veux Tatteindre, elle se joue De coups qui tombent sous ma peau, Et de vingt soufBets sur la joue En vain je me fais le cadeau.

Alors que ma verve s'allume Pour lui dire en vers mon mépris, La voilà qui court sur ma plume Pour voir ce que d'elle j'écris.

Puis à mes lettres qu'elle touche

ii2 MES CHEVEUX BLANCS.

Prenant de Tencre en son chemin, Elle ajoute des pieds de mouche A ceux que gribouille ma main.

Et l'infâme aux mœurs scélérates, S*applaudissant de ses larcins, Semble dire en frottant ses pattes :

« Pour moi, je m*en lave les mains. »

Un proverbe me semble louche, Son sens aujourd'hui m'est caché :

Comment l'homme qui prend la mouche Peut-il être un homme fâché?

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