‹ Mes cheveux blancs: poésieChapitre 42 sur 61 · A MA FEMME · texte numérisé non relu

A MA FEMME

Voici le froid, ma vieille amie.

Qui sur nous a fondu soudain, Voici l'hiver dans le jardin, Voici rhiver de notre vie.

Plus de faux biens que Ton envie, Notre œil les voit avec dédain.

Dans notre existence éphémère Si la vieillesse a mis du fiel, Ma bonne, en cette coupe amére Jadis il fut pour nous du miel.

N*est-il pas dans notre tendresse, Dans les souvenirs du passé Un tableau qui sourit sans cesse, Qui nous console, nous caresse.

Que le temps n'a point effacé?

Lorsque de nos jeunes années Les jours plus purs et plus sereins Avaient des heures fortunées Qui coulaient gaîment couronnées De plaisirs exempts de chagrins.

Résignons-nous , notre esprit baisse ; Supportons nos petits travers ; Tenons-nous lieu de l'univers Si dans nos vieux jours il nous laisse.

Dieu de nos maux a pris pitié,

il nous les fait souffrir ensemble ;

Il permit que notre amitié

Qui les aUége de moitié

Soutînt celui de nous qui tremble.

En marchant unis au tombeau

Nos déclins ont moins d'amertume,

Et si notre sort se consume,

Si l'amour n*a plus son flambeau,

Celui de la foi se rallume,

Qui nous montre un destin plus beau.

VERS ECRITS SUR L'ALBUM d'une jeune femme

Des belles aujourd'hui je ne suis plus les traces. Je serais ridicule en tombant à leurs pieds ; Mais si je ne vais pas loin dans leurs bonnes grâces. Je suis, grâce aux albums, fort bien dans leurs papiers.

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