VISITE AU TOIT PATERNEL
Voici donc Tasile champêtre Où mon berceau fut abrité; Voici le toit qui me vit naître Par mon innocence abrité.
Ici descendit ma jeune âme Dans le chaste sein maternel ; Etincelle qui devint flamme Pour remonter à l'Eternel !
Du monde entier voici Tenceinte A mon cœur qui parle le mieux ; Mais ici ma famille éteinte Plus que partout manque à mes yeux.
Il me semble que chaque branche De ces marronniers verdoyants Sur ma tête rêveuse épanche Mille souvenirs attrayants.
Mon âme sindigne et s*étonne D'y voir autant d'indifférents :
Où donc es-tu ? ma vieille bonne ; Où donc êtes-vous? mes parents.
Quoi ! dans ce lieu pas une trace De rintérét qu'on eut pour moi !
Pas même un ami qui m'embrasse!
Personne qui me dise « toi ! »
Personne qui me reconnaisse, Plus de chien, de joie aboyant; Plus de figure aimée où naisse Un franc sourire en me voyant.
Et sans doute le nouveau maître
jQu'ici le destin appela
A dit en m'y voyant paraître :
« Cet étranger, que fait-il là?»
Hélas ! tout m'attriste, me navre, Dans Tasile où j'ai tant joui ; 11 me semble le froid cadavre De mon bonheur évanoui.
Adieu donc, ma vieille demeure.
Rappelant ce que j'ai perdu.
Du passé, qu'en ton sein je pleure.
Le théâtre seul m'est rendu.