‹ Mes cheveux blancs: poésieChapitre 44 sur 61 · VISITE AU TOIT PATERNEL · texte numérisé non relu

VISITE AU TOIT PATERNEL

Voici donc Tasile champêtre Où mon berceau fut abrité; Voici le toit qui me vit naître Par mon innocence abrité.

Ici descendit ma jeune âme Dans le chaste sein maternel ; Etincelle qui devint flamme Pour remonter à l'Eternel !

Du monde entier voici Tenceinte A mon cœur qui parle le mieux ; Mais ici ma famille éteinte Plus que partout manque à mes yeux.

Il me semble que chaque branche De ces marronniers verdoyants Sur ma tête rêveuse épanche Mille souvenirs attrayants.

Mon âme sindigne et s*étonne D'y voir autant d'indifférents :

Où donc es-tu ? ma vieille bonne ; Où donc êtes-vous? mes parents.

Quoi ! dans ce lieu pas une trace De rintérét qu'on eut pour moi !

Pas même un ami qui m'embrasse!

Personne qui me dise « toi ! »

Personne qui me reconnaisse, Plus de chien, de joie aboyant; Plus de figure aimée où naisse Un franc sourire en me voyant.

Et sans doute le nouveau maître

jQu'ici le destin appela

A dit en m'y voyant paraître :

« Cet étranger, que fait-il là?»

Hélas ! tout m'attriste, me navre, Dans Tasile où j'ai tant joui ; 11 me semble le froid cadavre De mon bonheur évanoui.

Adieu donc, ma vieille demeure.

Rappelant ce que j'ai perdu.

Du passé, qu'en ton sein je pleure.

Le théâtre seul m'est rendu.

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