‹ Mes cheveux blancs: poésieChapitre 52 sur 61 · HYMNE EXPIATOIRE · texte numérisé non relu

HYMNE EXPIATOIRE

Victimes mâles ou femelles

De mes écrasantes semelles,

Que nul ne plaigne votre sort. i3*

150 BfES CHEVEUX BLANCS.

Il fut plutôt digne d'envie, Car vous avez perdu la vie Sans avoir vu venir la mort.

Puis vous aviez en perspective L'hiver, cette saison plaintive.

Qui planait sur votre avenir ; Et contre la chance si dure De périr de faim, de froidure, Mon pied a su vous prémunir.

Ce n'est point sur la grande route (Ma promenade la redoute) Que vous mourûtes sans douleurs ; Non , ce fut dans des prés superhes, Sur la pelouse, au sein des herbes.

Et vous dormez parmi les fleurs.

Pardonnez donc, charmantes bétes, Si j'ai fait subir à vos têtes Le choc meurtrier de mes pas.

Emu de ce trop long carnage, Je vous promets, sur mon passage De ne plus semer le trépas.

Si j'aperçois, je vous le jure.

Sur le terrain ou la verdure Chenilles, vers, fourmis, grillons.

Mon pied, secondant mon envie , Fera pour respecter leur vie Ses pas ou plus courts ou plus longs.

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