‹ Mes cheveux blancs: poésieChapitre 55 sur 61 · DIMANCHE · texte numérisé non relu

DIMANCHE

Dimanche comble les désirs De rimmense famille humaine, Car avec lui repos, plaisirs, Viennent couronner la semaine.

Au gamin , dès le samedi Rêvant espièglerie et ruse , 11 crie : Allons, sus, étourdi; Voici le jour où Ton s'amuse.

Entrant chez Lisette, il lui dit :

L'aurore a blanchi ta mansarde, Mets vite ton plus bel habit.

Aujourd'hui Tamour est de garde.

A roisif il dit en bâillant:

De la fainéantise , apôtre,

Pour toi je n'ai rien de saillant.

Je suis un jour tout comme un autre.

Mais il sourit au travailleur.

Lui glissant ces mots à Toreille :

Je viens couronner ton labeur ; Je suis Dimanche, on boit bouteille.

Au malade il dit : Tu vas voir L'amitié visitant ta couche.

Dans ton cœur mettant de l'espoir Et le sourire sur ta bouche.

Le pédagogue délié,

Envoyant son école paître,

N'est plus maître de Técolier,

Mais plus heureux d'être son maître.

Dimanche rend sensible, humain; Du mendiant c'est la ressource.

Ce jour-là, s'il nous tend la main.

Le cœur plus vite ouvre la bourse.

Tout le monde sort ce jour-là.

Dans les bois, aux monts, dans la plaine, Chacun fait un tour, un gala.

Chacun marche, court ou se traîne.

Le bourgeois même estropié Quitte son humeur casanière :

Dimanche est un vrai coup de pied Donné dans chaque fourmilière.

Ce jour, pour tous est le portail Ouvert sur la bruyante voie.

Où tournant le dos au travail Nous donnons le bras à la joie.

Dimanche m*a dit: Sois dispos A servir le Dieu de la terre ; De ton corps il veut le repos, De ton âme il veut la prière.

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