‹ Mes cheveux blancs: poésieChapitre 6 sur 61 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

vers ! Et la MiUdade, quelle charmante épigramme en quatre chants ! Il ne lui a manqué, pour avoir tout son retentissement, que de paraître à Paris et d'être à l'adresse de la garde nationale de cette capitale. Toute la France eût ri et applaudi, et se fût ressouvenue, en lisant la Miliciade, du Lutrin et de Vert-Vert.

Voilà, mon cher Petit, ce qu'il faut faire : vous amuser à revoir, classer, trier vos œuvres diverses; et si vous voulez encore que je vous serve un plat de ma façon, je ferai alors une vraie préface à vos œuvres, je vous peindrai en pied, et j'apprécierai votre talent dans son développement et dans ses rapports avec la nationalité genevoise ; car vous êtes le poëte le plus national que nous ayons eu. Non-seulement, vous vous êtes toujours inspiré des faits, des mœurs, des choses et des hommes de notre pays, mais votre esprit a gardé et a voulu garder le cachet genevois.

Vous êtes avec S. Gougnard le dernier représentant de cette période d'écrivains, de poètes et de chansonniers, qui offraient le caractère parfait de notre esprit et de notre humeur nationale, des Gaudy, des Ghaponnière, des Thomeguex, des Tavan, et bien d'autres. Vous leur avez survécu pour les dé-

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