THOMAS-J.-J. LORANGER
L'un des hommes les plus instruits, les plus éloquents et les plus spirituels de son temps ; un esprit essentiellement français dont le fond était sérieux et la forme piquante, éblouissante, gracieuse, une étoile de première grandeur — pour me servir de son langage — dans cette pléiade de talents qui ont brillé d'un si vif éclat de 1848 à 1867. L'un des chefs les plus populaires du parti conservateur, l'adversaire le plus redoutable des Papin, des Dorion, des Doutre et des Laflamme, l'émule des Cartier, des Morin et des Turcotte, l'orateur, avec Chauveau, des grandes circonstances, des démonstrations patriotiques.
m MES CONTEMPORAINS
Il était petit, court, mais robuste et vigoureux ; sa voie était grêle et sifflante, mais il savait cependant la rendre presqu agréable en la pliant à sa volonté et à son esprit.
Il y avait de la magie dans sa manière de parler, dans ses gestes, sa tenue, sa voix et son style. Il joignait à Tesprit le plus fin, le plus retors, une imagination de feu, un jugement légal. Il était né avocat, orateur, avec Tamour du travail et le goût des lettres.
Aussi, dans la conversation, dans un salon, au palais ou à la tribune, devant des juges ou des jurés, en présence d'un auditoire instruit ou populaire, il avait peu d'égaux. Il était avec Siméon.Morin lorateur aimé des foules ; on allait loin pour les entendre et on revenait en répétant les bons mots, les fines réparties de Loranger.
Il était aussi dangereux à attaquer que Taillon, ses adversaires avaient soin de ne pas trop le provoquer.