THOMAS^.-J. LORANGER
Un jour qu il parlait à Laprairie, un individu rinterpellait, à tout instant, il demanda à un de ses amis qui il était. On lui répondit quil sortait du pénitencier, et il continua son discours. Uindividu Tayant de nouveau interrompu, " messieurs les électeurs, dit-il laissez le parler, il serait cruel de lui refuser ce plaisir, il en a été privé pendant si longtemps."
Dans une grande assemblée tenue à Sainte- Rose, Tun des orateurs de la circonstance, un riche marchand de farine, l'avait attaqué un peu rudement, dans un langage peu correct, rempli de ce qu'on appelle des cuirs, Loranger ayant pris la parole après lui, dit :
" Messieurs, vous venez d'entendre M.
X . . . C'est, comme vous le savez, un riche marchand qui a fait sa fortune en vendant de la farine, mais après lavoir entendu, vous devez être convaincus comme moi qu'il
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aurait fait une bien plus grande fortune dans le commerce de cuir/'
Il siégeait, un jour, à Montréal dans une cause où un usurier demandait le recouvrement d'un billet d'une cinquantaine de piastres. On prétend que le juge Loranger avait eu à se plaindre de lui. L'avocat du défendeur qui ne savait pas trop comment défendre son client, interrogea le demandeur et chercha à lui faire dire qu'il prêtait à la semaine, à raison de 50 pour cent. Le demandeur refusait de répondre, se contentant de dire qu'il faisait de grandes affaires.
'* N'insistez pas, dit le juge, à l'avocat du défendeur, je comprends, le demandeur veut dire qu'il vole dans les hautes sphères de la spéculation."
Une vieille fille refusait de dire son âge, les avocats avaient beau la tourmenter, tout était inutile, le juge leur dit avec son air narquois, les yeux tournés vers le plafond.