‹ Mes contemporains [microforme]Chapitre 15 sur 34 · J.-A. M0D8SEAU · texte numérisé non relu

J.-A. M0D8SEAU

une dizaine de tasses de café et souvent d'autres stimulants. Habitude funeste !

J'étais son associé, lorsque nous fondâmes L Opinion Publique. C'était en 1870. M.

Desbarats venait d'ouvrir un atelier d'imprimerie et de fonder un journal anglais, dans le but d'exploiter un procédé nouveau de gravures appelé Leggotypie. Le journal anglais, illustré au moyen de ce procédé, semblait avoir du succès, je proposai à Mousseau de suggérer à M. Desbarats d'avoir un journal français du même genre.

Le projet plut à Mousseau, fut accepté par M. Desbarats, nous formâmes une société et L'Opinion Publique fut fondée. Elle eut un succès sans précédent et atteignait, en deux ans, le chiffre énorme, à cette époque, de 12 à 13,000 abonnés. Tous les écrits étaient signés et chacun écrivait ce qu'il voulait dans un sens politique ou dans l'autre. Cette liberté rendait la rédaction piquante et plaisait aux deux partis. Mais

cette entente salutaire cessa, lorsque mes^ deux associés voulurent publier un article pour défendre Iç gouvernement accusé d avoir donné le contrat du chemin de fer du Pacifique à Sir Hugh Allan, moyennant le paiement d une somme considérable pour des fins électorales. Comme on refusait de me laisser exprimer une opinion différente sur cette question, je me crus obligé de protester, de menacer de retirer mon nom du journal, si on ne tenait pas compte de mes protestations. L'article ayant paru, je donnai ma démission.

Le rôle politique de Mousseau n'a pas été brillant, il a servi son parti comme bien d'autres avec le zèle d'un homme qui croit que la fin justifie les moyens. Après Dieu, c'est au parti conservateur qu'il croyait le plus, tout était permis pour le triomphe de ce parti.

On lui joua un mauvais tour, quand on le força de donner son porte-feuille fédéral

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