‹ Mes contemporains [microforme]Chapitre 16 sur 34 · J.-A. MOUSSEAU · texte numérisé non relu

J.-A. MOUSSEAU

à Chapleau pour prendre le sien à Québec.

La succession était onéreuse. Placé en face d'un coffre vide et de besoins considérables, d'adversaires redoutables, aux prises avec Mercier Thomme le plus habile, le lutteur le plus infatigable et le plus vigoureux que notre monde politique ait produit, entouré d'amis auxquels il ne pouvait rien refuser, il ne chercha qu'à adoucir le plus possible les ennuis de sa position, à alléger le poids de son fardeau. Lui qui avait travaillé avec tant d'enthousiasme pour l'établissement de la Confédération, il fut forcé d'admettre et d'arriver à la conclusion qu'elle ne donnait pas aux provinces les moyens de faire ce que leur développement exigeait, qu'elle avait été injuste surtout pour la province de Québec qu'on avait dépouillée de ses droits de douane, sa principale source de revenus, sans lui accorder une compensation suffisante

Aussi, il eut la bonne pensée, il faut lui

en tenir compte, de demander la révision du pacte fédéral sous ce rapport et de poser comme programme, que les sommes payées aux provinces pour les dépenses de leur administration devaient être augmentées, soit en basant la subvention de 80 cts par tête sur le chiffre de la population, soit en tenant compte à la province de Québec des dettes qu'elle avait contractées pour la construction de chemins de fer utiles aux autres provinces de la Confédération. Le gouvernement fédéral accepta cette dernière proposition et y donna effet, sous le ministère Ross, en mettant au crédit de la province de Québec une somme de cinq millions de piastres dont il s'engagea à lui payer rintérêt tous les ans. Mousseau ne fut pas assez longtemps au pouvoir pour récolter les fruits de Tidée qu'il avait semée. Ceux qui demandaient à grands cris une politique d'économie ne trouvèrent pas chez Mousseau l'énergie que les circonstances

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