‹ Mes contemporains [microforme]Chapitre 19 sur 34 · L.-O. TAILLON · texte numérisé non relu

L.-O. TAILLON

Premier ministre de la Province de Québec.

Une forte et brillante organisation physique et intellectuelle, une nature de soldat et d'artiste, pleine de vitalité, de vivacité, de contrastes, faite de poudre à canon et d'huile d'olive, un caractère original passant facilement de la brusquerie, de l'impatience à la douceur, à l'attendrissement ; un esprit fin, remuant, brillant comme une aurore boréale, souple, propre à tout ; une tête vivante où les idées sérieuses, sombres même, et les pensées joyeuses se succèdent et se remplacent avec la rapidité de l'éclair, une voix

superbe soit pour chanter ou parler; une éloquence un peu indolente, parfois, comme son caractère, puis soudain aggressive, belliqueuse, retentissante ; une verve intarissable ; une mitrailleuse de bons mots de réparties, de boutades et d'apostrophes spirituelles.

Superbe dans ses emportements : le Vésuve en éruption, la tempête avec ses foudres et ses éclairs, la mer en furie .... Puis soudain, l'apaisement, les rayons dun soleil radieux à travers les nuages, les couleurs de Tarc-en-ciel dans le firmament, le chant du rossignol dans le feuillage.

Il n'y a pas à se méprendre sur ses sentiments. Comme, la plupart des nerveux, il manifeste par des signes visibles ce qu'il ressent. La manière seule dont il tire sa barbe de patriarche suffit pour exprimer ses sentiments. Quand il la tire doucement sur sa poitrine en la caressant, il est de bonne humeur, mais lorsque de la main gauche et

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