‹ Mes contemporains [microforme]Chapitre 6 sur 34 · L.-A. JETTE · texte numérisé non relu

L.-A. JETTE

entendait le libéralisme, lorsqu'il devint rédacteur-en-chef de U Ordre sous le gouvernement McDonald-Sicotte, le gouvernement des libéraux modérés.

M. Jette est catholique, national, et libéral dans le bon sens du mot. Les mots de libéral et de conservateur ont perdu leur signification dans ce pays depuis plusieurs années, car on les applique à tort et à travers. On a pris l'habitude d'appeler libéraux ou rouges tous ceux qui combattaient le gouvernement conservateur.

Les chefs du parti conservateurs avaient soin, pour rester au pouvoir, de faire croire que tous ceux qui voulaient les renverser étaient des hommes dangereux, professant le libéralisme condamné par l'église, et ils rappelaient sans cesse les écrits de certains libéraux de 49 et de 54 pour entretenir la défiance publique.

M. Jette crut que dans l'intérêt du pays et de son parti, et afin de rallier sous le

drapeau de lopposition tous ceux qui désapprouvaient les actes des chefs du parti conservateur, il fallait avoir une bonne fois le courage de rompre avec un passé dont rinfluence nous était si funeste : " Pour- *' quoi, disait-il, persister à porter la respon- " sabilité d'idées que nous ne partageons " pas et nous condamner sans raison à une " éternelle impuissance ?"

Tout le monde applaudit à ce raisonnement, la jeunesse surtout, et le parti national fut fondé ; on voulut écarter même un nom qui n était plus qu un épouvantail et un souvenir.

Cest grâce à ce programme, que M. Jette put poser en 187 1 sa candidature contre le chef mênle du parti conservateur, le tout-puissant Sir George-Etienne Cartier.

Des hommes qui jusqu'alors avaient repoussé le programme libéral acceptèrent le drapeau national, et on se rappelle avec quel enthousiasme le peuple accueillit une

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