III
L'animal est à quinze mètres du tireur (cette distance a été la même pour chaque cheval). Touché en pleine poitrine, le cheval s'est enlevé des quatre pieds comme ceux frappés par la masse, , puis il est tombé, s'est débattu un instant et il est mort
Le projectile a pénétré à un centimètre de la pointe du sternum à gauche, a déchiré avec violence le muscle mastoïde-huméral et le sterno-
humerai, a brisé les deux premières côtes sternales gauches, a pénétré dans la cavité pectorale qui était pleine de sang coagulé, puis, déchirant la plèvre, il a traversé le poumon gauche antérieurement, le péricarde, l'oreillette droite, le poumon droit, a déchiré le diaphragme au-dessous de l'ouverture pratiquée entre les deux piliers de ce muscle ; enfin il est entré dans le foie qu'il a détruit en partie. Un éclat s'est trouvé dans le ventricule gauche du cœur, un autre éclat s'est logé dans la veine cave postérieure.
L'explosion du projectile, que l'on ne peut pas entendre , s'est produite dans la poitrine après avoir brisé les côtes. Les morceaux ont alors fait leurs ravages, et ce sont eux qui produisent les lésions que nous décrivons.
L'animal est touché entre la sixième et la sep-
lième côte sternale gauche, à trente centimètres de la colonne vertébrale.
L'explosion du projectile a lieu dans la cavité abdominale avec une si grande force que le bouchon en fer qui le termine est sorti entre la septième et la huitième côte sternale droite, et s T est perdu dans une porte en bois placée à vingt mètres du cheval mort instantanément. Le lobe gauche du foie est complètement broyé, le diaphragme est traversé dans sa partie aponévrotique au-dessous de la terminaison du pilier gaucho. La veine cave postérieure est déchirée par un éclat.
L'animal est frappé à gauche entre la sixième et la septième côte sternale. Le projectile éclate dans la poitrine, et le bouchon chassé par l'explosion vient sortir entre la dernière côte sternale et la première côte sternale droite, mort (prompte),
MES DEUNlèftfc* GHÀSSW 43
la sixième côte est brisée, la plèvre est enlevée dansune grande étendue- Tkratlebord dorsal des deux poumons, en arrière de la racine de ces or* ganes , a complètement dispara. On ne trouve plu* qu'une vaste plaie qui permet de voir la dis-» position intérieure du poumon. L'aorte posté* rieurs est largement ouverte ; la cavité pectorale, cela se conçoit facilement, est pleine de sang coagulé.
On vise à la tête de manière à ne* point toucher la cervelle, la balle arrive sur l'os lacrymal droit qu'elle brise, soit entre les brandies du maxillaire inférieur; et glisse sur le côté gauche de l'encolure sans produire d'autre lésion;
Le cheval est resté debout, Un deuxième projectile, envoyé dans lai même direction, déchire toutes le» partie* comprises dans la ganache , pénètre dans la poitrine ; mais après que l'expie-
siûii a eu lieu, l'animal est encore debotri. Enfin, tin troisième projectile, dirigé vers le flanc gauche, a tué rapidement en déchirant le gros côlon au niveau de la courbure hépatique, le diaphragme , le poumon droit, et en sortant en ire la cinquième et la sixième côte sternale droite. L'explosion avait eu lieu dans la cavité abdominale.
Le cheval est frappé obliquement en arrière de Tépaule, entre la troisième et la quatrième côte asternale droite , à trente centimètres de rhypocondre. L'explosion se fait dans l'abdomen : le sang et la fumée sortent par l'ouver* ture du projectile; et la mort arrive aussitôt Les intestins et le foie sont déchirés dans une grande étendue, le poumon est traversé, un éclat se retrouve dans le ventricule droit du co&ur,'
L'animal est visé à gauche à l'angle formé par le scapulum et l'humérus; les muscles de la région olécrânienne sont traversés ; l'explosion a lieu, la mort est immédiate. Je trouve la troisième côte sternale brisée, la plèvre et une bonne partie du poumon gauche sont réduites en bouillie, un éclat s'est retrouvé dans l'oreille droite.
Même position que le cheval n° 1, mort immé-
idiate, la première côte et la deuxième côte ster-
inale droite sont brisées; la cavité pectorale est
(pleine de sang coagulé, le poumon déchiré, et je
I retrouve une esquille costale entraînée dans le
ventricule gauche du cœur.
Le diaphragme et le foie ont été atteints et
présentent les mêmes lésions que celles dont pous avons parla plus haut.
GONCMJSIOK
Il résulte pour moi de ce qui précède, que les animaux frappés ailleurs qu'à la tête par le nouveau projectile explosihle de M. Devisme sont dans l'impossibilité de vivre au delà de quelques secondes, tant sont énormes les ravages que j'ai trouvés à l'autopsie de tous ces animaux.
La mort est inévitable, car il n'est pas possible de guérir de pareilles lésions ; mais le but ne serait pas atteint si la cessation de la vie n'était pas obtenue très-promptement* Sur six. chevaux, elle a eu lieu de suite, et dans des conditions telles, que l'animal frappé Savait plus conscience de lui-même, et qu'an premier mouvement (la lutte avee la mort, il tombait asphyxié.
L'expérience n° 4 n'est pas négative de ce que j'avance. M. Gérard désirait qu'elle eût lieu r
parce que la tête est son point de mire habituel et favori; moi, je l'ai demandée pour qu'onde* meurât bien convaincu que jamais on n'obtiendra une mort immédiate quand on n'attaquera point les organes essentiels à la vie : car, dans cette épreuve, bien que les lésions produites aient été très-graves et même mortelles, elles laissaient encore l'animal maître de lui, pour peu de temps, c'est wai; mais* en pareil cas, une demi-minute eat souwaat de trop»
Le projectile tm infaiiliWûmen* ; ma» son mérite consiste, selon moi, dans la promptitude avec laquelle il tua*. Je ma l'explique par lfelbrma irréguliàre qu'il prend en éclatant, fora» anguleuse* rugueuse, trèa-propre au déebiremant àm tissus, surtout avec te mouvement da vrille qua* lui donnent les rayures de la cacabiaew Je me l'explique encore jm te Teoluma, peut-être deux mille fois plus grand, des gaz produits par l'axplosion de la poudre; enfin, par la nature mêm& i da ces gaz, acicte canonique, aaata, oxyda de
carbone et sulfhydrique, qui tous sont impropres
à la vie.
Signé : monjaure, Médecin vétérinaire.
Nous voudrions pouvoir faire suivre le procèsverbal de M, Monjaure des observations faites d'un autre côté par M. Rommier, délégué par M* Thénardpour assistera nos expériences. Mais la similitude de ces deux rapports, en ce qui touche aux lésions organiques, nous en dispense, nous nous contenterons d'en extraire la partie la plus intéressante qui est la conclusion»
IL Rommier dit :
« La balle , après avoir frappé Panimal, fait explosion dans l'intérieur du corps et non à la Surface.
* Elle se divise souvent en plusieurs morceaux
qui prennent une direction différente suivant les obstacles qu'ils rencontrent. Il est ainsi frappé de plusieurs coups de feu à la fois qui, eux seuls, ne détermineraient pas une mort aussi prompte s'il n'y avait pas explosion.
» La blessure, qui est de deux centimètres à l'extérieur, varie de cinq à six centimètres dans l'intérieur. Les chairs sont calcinées, les gaz produits par la combustion delà poudre déterminent des accidents graves. Une analyse de Gay-Lussac a démontré qu'un gramme de poudre donne un demi-litre de gaz à la température de 0°.et à la pression atmosphérique de m 76. En y comprenant la vapeur d'eau, le mélange gazeux à la température de la combustion de la poudre est quintuplé; ainsi, les six grammes de poudre contenus dans le projectile ont déterminé la production immédiate de quinze litres de gaz. Il est facile de comprendre les causes d'une mort aussi rapide :"" l'animal à peine blessé se gonfle et semble frappé de stupéfaction, puis le sang sort
à flots avec des jets de gaz ; enfla la mort a lieu Bans phénomène sur le système nerveux et aussi promptement que celle déterminée par l'acide pmssique. Pour moi, la quantité de gaz produite par la combustion de la poudre doit déterminer une forte compression sur le cœur, le foie, et le diaphragme d'où résulte la stupéfaction qui annule chez l'animal la possibilité de la lutte avant la niorL »
Telle est aussi notre conviction profonde et elle a fait naître en nous des idées et des sensations diverses. Tout d'abord, nous avons pensé à notre ancien projet de Iwnnerie, abandonné par la crainte d'une trop grande perte d'hommes, par l'impossibilité d'assurer l'avenir des blessés, et surtout par les difficultés de tuer le lion avec lès moyens ordinaires.
Il y a là toute une question d'humanité, il utilité publique, d 1 éeonomie agricole et surtout une œuvre nationale. Car lorsque les Arabes verraient ceux qui. les ont combattus parcourir
leurs montagaes à la rechercne du lion et le tuer pour leur être utiles, les Arabes humilieraient leur orgueil ; ils oublieraient leurs haines , et ils regarderaient comme des bienfaiteurs ceux, que naguère ils traitaient en ennemis. La ballet foudroyante nous a fait penser aussi à ceux de nos confrères français et étrangers qui, dans. l'Inde, eaAeie, dans l'Afrique centrale, en Russie et en Amérique, chassent le lion, le tigre, L'éléphant, le rhinocéros. Nous avons pensé à nosamia Ghassaing et Bonbonnel, qui, après avoir bien frappé le premier un lion, le, second une panthère ont été Meseés grièvement par eux ; à Gardon- Cnmming, qui vingt fois a. failli être la pâture d'un tigre ou le marchepied d'un éléphant.; à l'intrépide M. Oswald qui, pour chasser les grands animaux, a suivi le. docteur Liwingstone dans ses /oyages aventureux* Une mort toute récente nous a fait regretter que la découverte qui nous occupe n'ait pas eu lieu quelques moi* plus tôt. [ Le célèbre Andersen, chasseur naturaliste, qui a
mis à mort des montagnes d'animaux malfaisants $ de toute espèce, a perdu un de ses compagnons de voyage et de chasse. M. Walilberg, membre, comme lui, de l'académie des sciences de Stockholm , a été foulé aux pieds et écrasé par un éléphant furieux. Enfin les cinq hommes qui ont été tués ou mutilés à côté de nous vivraient encore si nous avions connu cette balle infaillible que Robin-des-bois lui-même eût enviée.
Le bienfait de cette découverte s'étendra jusqu'aux pécheurs de la baleine qui, chaque année, perdent plusieurs hommes par équipage. Dans sa prévoyante sollicitude, Devisme a déjà songé ix faire une balle tout exprès pour eux; ce projectile monstre est du calibre de trente-cinq millimètres; sa longueur est de quinze centimètres ; il contient soixante-trois grammes de poudre.
Nous demandons au lecteur ce qu'il pense de l'explosion d'un tel projectile dans le corps du
MBS DERNIÈRES CHASSES 53
cétacé. Nous avoos vu et manié l'arme qui doit lancer cette balle ; elle est plus lourde naturelle* ment que les carabines ordinaires; mais elle s'épaule sans effort, et ne cause aucun recul» Déjà plusieurs armateurs en ont demandé et les résultats obtenus ont répondu pleinement à ce qu'on attendait.
Il a suffi d'une seule balle pour tuer une baleine qui a surnagé après la mort. C'est là un avantage immense, car, ordinairement, lorsqu'il est harponné, l'animal plonge avec une telle force qu'il fait souvent chavirer l'embarcation, ou couper la main des hommes qui tiennent la corde fixée au harpon.
Du reste, prévoyanc le cas où la baleine ne serait pas morte instantanément et plongerait après le coup, Devisme a trouvé un moyen aussi ingénieux que simple pour ne pas la perdre de vue» Ce moyen consiste en une bouée en liège qui est placée à la surface de l'eau, au moment où la baleine est découverte et va être tirée. Aumo-
54 x MES DERNIÈRES CHÂSSES
ment où la balle frappe la baleine, elle y fixe un cordeau qui se déroule à l'infini, répondant à la bouée sur laquelle il repose* Afin de ne pas perdre la bouée de vue, une flèche ornée d'un petit drapeau se trouve plantée à sa surface*
Telles sont les observations qui nous ont été .suggérées par les expériences des balles explosibles.
Afin de les appliquer d'une manière utile, nous résolûmes d'associer quelques grands chasseurs à nos expéditions futures.
À cet eflfet, nous non» adressâmes au comte Constantin Branicki et à son frère Xavier, qui à une grande position sociale joignent une fortune prindère et une grande passion pour les nobles exercices du corps.
L'abondance du gibier de toute espèce dans
MBS DERNIÈRES CHASSES 55
les contrées encore vierges de l'Algérie nous avait souvent fait regretter d'être seul au milieu de tant de richesses.
Préoccupé de la nenowrtre du lion, noua laissions passer devant nous les compagnies de sangliers, les bardes de cerfs et de gazelles, les hyènes rentrant de la plaine avec les chacals
Tout cela défilait à portée de notre carabine sans s'émouvoir de la présence du chasseur. La nuit , quand nous passions près d'un lac , nos oreilles étaient assourdies par les voix discordantes des canards, des oies, des cygnes et de toute la genteanpluméequi habite les eaux.
Enfin, quand, au point dujour ,nous rentrions sous la tente, les lièvres et les perdrix rouges se levaient à chaque instant sous nos pas ; il y avait là de quoi charger un fourgon d'animaux do toute, espèce, de quoi satisfaire le chasseur à courre le plus pab^jnué et le tireur le plus in*
Souvent, nous l'avons dit, à la vue de tant de richesses, nous avions désiré la présence de nos confrères pour leur faire moissonner ces récoltes perdues pour eux ; nous avions pensé à réunir, sur le point le plus convenable de l'Algérie, l'élite des chasseurs du monde, sans distinction de race ou de nation.
Indépendamment de l'attrait offert par les chasses ordinaires, nous regardions à bon droit ces brillantes réunions comme un grand bonheur pour les chasseurs au cœur chevaleresque.
En effet, ici point de cette gêne qui pâlit les plus grandes choses : partout et toujours la vie au grand air; le veneur ardent, au lieu des bois alignés au cordeau et des routes sablées, percera avec la meute des forêts vierges qui n'ont jamais entendu le son du cor : puis les intrépides se présenteront au roi du pays étonné de leur audace autant que des couleurs qui viennentle détrôner.
La balle explosible rendrait ces chasses moins
dangereuses pour ceux qui sont doués de l'adresse , du courage et du sang-froid qu'il faut pour ces rencontres, c'est-à-dire que les armes seraient à peu près égales des deux côtés.
Mais, si ces chasses offrent beaucoup d'attrait, pour nous, les réunions, le soir, après les chasses, seraient le complément le plus agréable des plaisirs de la journée. Au récit des épisodes du jour, Tiendraient se mêler tantôt la narration d'une chasse à l'ours en Russie, tantôt celle du tigre ou de l'éléphant dans l'Inde ou l'Afrique méridionale ; et quelles ne seraient pas la surprise et la joie de tous quand le conteur se trouverait interrompu par l'introduction d'un nouveau compagnon d'armes arrivant en droite ligne de ces lointains pays !
La réunion de tous ces hommes de nations différentes, appartenant à des opinions diverses, restés jusque-là indifférents, et maintenant sous le même toit, assis à la même table avec les mêmes pensées et les mêmes sentiments, cette
réunion ne serait-elle pas remplie d'attraits, belle et sans précédents dans l'histoire du monde ; et ce fait ne prouverait-il pas suffisamment que la chasse est le plus noble des ^oasse-temps et la passion la plus généreuse?
Le comte Branicki ayant répondue mon appel, j'entrepris mon voyage en Angleterre dans le but d'augmenter le nombre de nos compagnons de chasse parmi les intrépides sportsmen de l'autre coté du détroit. Quelques jours après mon arrivée, j'eus la bonne fortune d'être mis en relation avec plusieurs chasseurs émérites, parmi lesquels le major Leveson de l'armée des Indes.
Ma proposition fut acceptée aussitôt que faite ; et nos futurs commensaux se montrèrent tellement impatients de partir, que je dus me contenter de leur donner les indications utiles pour leur conduite en arrivant sur le sol africain, quelques affaires que j'avais à régler avant mon départ m 'ayant obligé de le retarder de quelques mois.
MES DIBNIÈRBB CHÀS&E* 5t
Donc, le major et ses amis se mirent en route * r et je donne ci-après la relation de leur campagne, telle qu'elle a été écrite par celui qui la diri~
ttXPÉMTION 0U *!ÀJOR LBVESON
, . . L'origine de l'expédition est celle-ci : M. Jules Gérard , officier de Tannée française , ayant formé le noyau d'un club de chasseurs en Algérie, dans lequel figuraient plusieurs noms des chasseurs les plus nobles et les plus distingués de l'Europe , eut la bonté de me communiquer son projet et je pensai que ce serait chose déplorable que le public britannique ne connut pas ce champ splendide pour toutes les chasses, qui n'était qu'à quatre journées de voyage de l'Angleterre. J'avais toujours considéré qu'un club .pour les chasseurs de toutes les nations, sur une base
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permanente et sérieuse, était un projet extrêmement désirable à réaliser ; mais je prévoyais qu'il y aurait dans l'exécution certaines difficultés qu'on ne pourrait surmonter heureusement qu'après ce que les militaires appellent une reconnaissance en force. Je résolus en conséquence de faire une excursion dans ces parages, et quelques gentlemen s'étant joints à moi, nous fîmes nos préparatifs de départ.
Le dimanche 7 février 1858, dans l'aprèsmidi, un certain nombre de voitures à quatre roues vinrent se ranger en face d'une certaine maison qui n'est pas éloignée de plus de cent mètres de la statue du grand Napier, et autour de laquelle s'était rassemblée une foule béante; et d'après les conjectures faites à demi-voix il était évident que le public n'était pas fixé sur la question de savoir s'il s'agissait d'une noce oui d'un enterrement*
L'indécision ne fui toutefois pas longue, car presque immédiatement après l'arrivée des cabs, divers hommes de peine et autres individus de cette espèce se mirent à charger le dehors de chaque véhicule de portemanteaux, de lits de camp, et autres colis de diverses formes parmi lesquels paraissaient prédominer les caisses à fusils.
Quelques-uns des assistants plus curieux que les autres examinèrent les adresses et les étiquettes sur les boîtes et exprimèrent leur étonnement de voir sur chacune d'elles un lion avec les mots :
Algérien sporting expédition, Philippeville , (Algeria, via Paris et Marseille).
Quand les bagages furent tous arrangés, un certain nombre de gentlemen montèrent en voiture et ayant donné pour ordre : To the Londonbridge railway station, ils partirent.
Mardi 16 février. Les instructions de M. Jules Gérard furent soumises à la société et suivies
à 4a lettre. Elles portaient que si les chasseurs trouvaient le temps beau jôû arrivant à Philippoville ils devaient se .rendïe immédiatement à Bono, et prenant un guide :fourni par le chef du bureau arabe s'éiahlir au caravansérail d'Ain Mokra sur le bord du lac Fedaara.
Mercredi 17 février* Arrivés à Boue nous déposâmes nos cartes chez le général Périgot, commandant la subdivision de Bane, chez M. le marquis de Gantés, le Sous-Préfet, et chez le capitaine Guyon Vernier, chef du bureau arabe (le beau idéal d'un officier de cavalerie légère), de qui nous reçûmes le meilleur accueil et les plus grandes attentions. Ils nous offrirent leurs services en tout ce qui pourrait être utile à la sociéLô. M. Guyon Vernier nous procura un interprète et un cuisinier tous deux très-nécessaires à notre établissement, et, dans l'aprèsmidi, après nous avoir prêté des chevaux, 41
nous fit visiter la ville et le pays environnant.
Samedi 20 février. Sir William, M. Giryon Vernier et moi partîmes à cheval pour reconnaître le pays ; nous visitâmes le douar d'une tribu arabe à cinq milles d'Ain Mokra où nous vîmes la piste d'un lion qui avait enlevé un mouton la nuit précédente, et nous la suivîmes* jusqu'à une colline couverte de broussailles. Làj nous dîmes adieu à M. Guyon Vemier, qui devait aller pour affaires de service ver& 1« cap de Fer, et nous revînmes à Àïn Mbkra par le lac où nous? vîmes des milliers de canards, de sarcelles et dô bécassines,
Nous tuâmes vingt bécassines, un lièvre, trois perdrix, deux sarcelles, deux cailles et un râle d'eau.
Nous passâmes la nuit près d'un ruisseau que le lion avait traversé deux fois la veille ; nous l'entendîmes rugir à un quart de mille ; mais nous ne
le vîmes point. La nuit était noire et pluvieuse. Tué le long des bords du lac quarante bécassines, un canard et deux râles d'eau. M. A. . . veille le lion et l'entend rugir pendant la nuit, mais ne
l'aperçoit point.
lundi 22 février. Après déjeuner, je préparais mon costume pour passer la journée en chasse à la bécassine, sur le lac, quand un scheik arabe vint m'informer qu'un lion et une lionne avaient tué deux vaches dans son douar la nuit précédente. Je montai immédiatement à cheval et, accompagné de Mahomet (mon interprète) et d r un spahi qui portait mes fusils de réserve, je galopai vers le lieu de l'action. Le douar se composait d'une trentaine de gourbis ou cabanes, couverts de chaume. C'était l'habitation commune des hommes, des femmes, des enfants, des bestiaux et des chiens de toute espèce, depuis le sloghee de race pure (lévrier arabe) jusqu'au
îhien de garde qui toujours grondé et glapit.
A cent pas environ du douar, des vautours étaient activement occupés à becqueter ce qui restait des carcasses des deux vaches, et après avoir examiné le terrain , j'y trouvai les em* preintes de deux lions, d'une hyène et de plusieurs chacals et chiens.
Accompagné du chef du douar, je me rendis à une colline située à onze milles de distance à peu près et où Ton disait avoir vu les lions aller, mais une longue recherche n'amena la découverte d'aucune piste et je revins au douar. J'y bus du lait aigre, et j'examinai de nouveau le terrain où le bétail avait été tué. J'eus quelque peine à reprendre la piste des deux lions (elle se trouvait en partie effacée par des traces d'hommes et de bestiaux) , je la suivis néanmoins par monts et par vaux, pendant huit milles environ, et dans un ravin profond et couvert de bois épais, je découvris le repaire. Si
j'eusse été seul, j'aurais eu peut-être l'occasion d$
66 MfiS DE&NL&&&S CHA.SaES
tirer, car la place oùils. avaient reposé après leur festin était encore chaude de la chaleur de leurs corps lorsque j'arrivai, et. des signes manifestes montraient qu?ils venaient de la quitter à peine. Je les suivis à travers bois à une petite distança de là où mes nerfs olfactifs m'avertirent de la présence d'un cadavre en putréfaction non loin de moi, et, guidé par Podeur, je me frayai passage dans le taillis, et rencontrai le corps mort d'un jeune, lion âgé d'un peu plua d'un an. Il portait les marques, (eût dit un coroner) d'une mort violente, car le cou, le poitrail et le ventre étaient coupés et ouverte comme aveo un couteau. J'examinai le terrain tout autour et j'$ trouvai les empreintes d'un gros sanglier qui s'était évidemment introduit dans le repaire et avait assassiné le « jeune rejeton de la maison royale » ? mais non sans un violent combat, car le gazon et les herbes étaient foulés et portaient les marques d'une lutte terrible. J'enlevai des poUs da la crinière sur le devant et quelques.-
unes des griffes, et je fis couper la tête par les Arabes. Il était beaucoup trop avancé pour emporter la peau.
Je revins ensuite à l'entrée du ravin, où plusieurs vieilles pistes indiquaient que les lions y avaient passé fréquemment, et je construisis une espèce d'embuscade que je cachai sous des branches d'arbres à un endroit qui commandait deux sentiers, sur chacun desquels je pouvais distinguer des traces de lions. J'y restai toute la nuit, et, bien que j'aie entendu les lions rugir non loin de là, je ne pus apercevoir aucun d'eux. Deux fois se fit entendre pendant la nuit près de moi le passage d'un sanglier, mais il faisait trèssombre et je ne pouvais voir à tirer. J'entendis aussi les cris d'une hyène et de plusieurs bande* de chacals..
Mardi 23, Je revins au douar dès le grand matin et j'y déjeunai avec des œufs et des ga-
letles (espèce de gâteaux faits avec de la farine de froment et du lait, cuits sur une plaque de fer). Je tuai trois lièvres et une couple de perdrix pour nos repas, et je me promenai dans les fourrés presque jusqu'au coucher du soleil : je fis alors un dîner de gibier, et je repris mon poste au même lieu que la veille où , vers dix heures environ, j'entendis les bruits qui m'annonçaient d'un façon certaine que le roi des animaux était sur pied.
D'abord le rugissement paraissait venir du fond du ravin, mais ensuite il sembla se rapprocher beaucoup, et je me tins immobile sur le qui- vive, m'attendant toujours à entendre le bruit de ses pas avant peu, bien que la nuit fût si noire que je pouvais à peine espérer de tirer à coup sûr. Pendant près d'une heure je restai ainsi à écouter, sans résultat, lorsque tout à coup j'entendis le lion rugir sur la colline derrière l'endroit où j'étais posté, sans que je pusse me rendre compte de la façon dont il y était parvenu. La
nuit était fort sombre et pluvieuse, mais j'avais des armes de première qualité et une toile imperméable de Cording pour les conserver à sec ; je ne craignais point de rater. Je restai à mon poste sur le sommet de la colline jusqu'à près de trois heures du matin, entendant par intervalles le lion rugir plus ou moins distinctement pendant qu'il rôdait aux environs ; mais l'impatience me prit et pour me débarrasser de la douleur * que me causait une vieille blessure par suite du changement de temps et de ma position gênée, je roulai ma toile autour de mon fusil et le plaçai contre un arbre, puis armé de ma carabine à deux coups et d'un revolver je sortis et me dirigeai vers l'endroit où je m'imaginais qu'était le lion.
Guidé par son rugissement, qui ressemble beaucoup au mugissement d'un taureau suivi de plusieurs grognements bien plus forts, cela va sans dire, je me frayai un passage à travers les broussailles jusqu'à ce que je fusse assez près de lui
70 MES DEBNIÈRRS CHÂSSES
pour l'entendre distinctement respirer ou plu* tôt ronfler en marchant.
La pluie tombait alors à torrents, mes vêtements étaient trempés et il faisait si noir que je. pouvais b. peine voir à deux mètres devant moL Je me couchais et je collais mon oreille à terre de temps en temps, en rampant avec les plus grandes précautions pour n'être point trahi parle bruit de mes pas.
Je pouvais distinctement entendre le lion pousser des plaintes et des grognements furieux aune cinquantaine de pas de moi, et parfois ja croyais ouïr un bruissement dans les buissonsr comme s'il se f&t dirigé vers moi, mais il ma fut impossible de rien voir..
Ce jeu durait depuis près d'une heure e.t ja commençais à m'en fatiguer, lorsque en me glissant en avant sur lesr mains et les genoux je tombai tout, à coup en bas d'un ravin escarpé d'une hauteur de six pieds environ , parmi des buissons épineux. Un ruisseau
MES DERNIÈRES CHASSES 7i
coulait au fond et j'y roulai de nouveau f carabine et tout dans Peau profonde d'un pied, lorsque j'essayai de me remettre sur mes jambes.
Pendant que j'étais (fans cette position, j'entendis un craquement dans les broussailles, puis un fort rugissement tout près de moi, et j'aperçus la forme sombre du lion gravissant le bord opposé. Je levai ma carabine et pressai la détente, mais la charge était mouillée et les capsules ne firent pas explosion. J'aurais tout donné pour avoir entre les mains une arme se chaînant par la culasse, car dès que j'aurais soupçonné que la première charge était humide, j'aurais pu substituer de nouvelles cartouches aux anciennes en deux secondes. Heureusement pour moi, le lion ne m'avait ni vu ni entendu.
Ma figure, mes mains et mes jambes étaient pleines d'épines, mes habits rendaient l'eau de toutes parts, j'avais le poignet gauche foulé, et tous les os endoloris par la fièvre ; aussi je me
n ÏES DERNIÈRES CHASSES
bornai à chercher à tâtons le bord du ravin, et à m'y reposer jusqu'au matin»
Mercredi 24. Les traces du non étaient trèsdistinctement imprimées dans la terre, et à un certain moment il s'était nettoyé les griffes contre le tronc d'un chêne-liége, à moins de vingt méfies de l'endroit où je devais être pendant la nuit, Je retrouvai mon embuscade. Je repris mon fusil et ma toile imperméable et je revins au douar où les Arabes firent un feu de broussailles auquel je séchai mes vêtements. Je montai ensuite à cheval et je galopai vers Aïn-Mokra. Le temps s'étantéclairci, j'allai faire un tour sur le bord du Lie et je tuai vingt paires et demie d© bécassines dont je perdis quatre couples, faute de chien. J'appris que deux de nos chasseurs avaient, pendant mon absence, abattu cinquantedeux tètes de menu gibier, tel que bécasses, canards, lièvres et perdrix»
i Jeudi 25- Je me trouve fiévreux ; j'ai les os douloureux et ne suis bon à rien. Deux d'entre nous vont avec monsieur D., officier français, chasser le sanglier. Us en voient deux, mais hors de portée. Tué vingt-deux pièces de menu gibier et une mangouste ou raton.
, L'un des chasseurs (M. C. . .) tire une panthère avec du petit plomb pendant qu'elle se glissait à travers les buissons.
Vendredi 26. Vers trois heures de l'après-midi un Arabe vint du douar du Caïd de la tribu des Lachdars m'annoncer qu'un lion avait emporté une vache pendand la nuit, et me demander de venir tout de suite. Accompagné de M. B..., je montai à cheval et je galopai vers l'endroit, et comme nous suivions la grande route, à quatre milles environ d'Aïn-Mokra, nous rencontrâmes
1\ mm OTMKiÈaiiBs s&A&ms '
un homme et une femme, la figure bouleversée par une extrême frayeur, qui nous dirent qu'ils venaient de ^rofroin lion -traverser la;?oute. Hxamen fait du «tewain, wm fonces étaiont^âàstinote* ment visftfaB«et nous ile^suRtfnwfBiè^hB^alipendanl quelque temps jiwqùlà w qm le soteîlffùt presque àe*BefiChuan3tasB6iiffiiâe dlhorâam.
Nous nous hâtân»B4darB de aaro (fendre m douar où de Ûald;noifô reçut ^wecia *phis ^peancb hospitalité.
Nous n'étions pas depràs rpkœ dUira idemi* heure dans le campement que nous entendîmes le rugissement d'un lion, et peu après un autre fie ût onteEére ifHd 1m Répondait iflans l'éloignément,
1 . . ■ Gmd «maya araû doBËCstique français œt deux Aratescaœefcnanstda^ près du xlouac, ton Alan savait wu trader te lion pendant trois ûinteottaparavant
À notre arrivée, mous tteoUfV4me»»deiK;Ai!al)es postés dans un arbre^danslteapoir d'un coup de
?n$ UBRtflÈfl&S GBAS8SS 75
hasarAà.tirer siie/lioncronait àee montrer. Nous pensâmes qu'ils pourraient imn mous prendra pour Taniinal dans lîoteourité, aussi les .fîmesnous descendreiet les cenvoyamas-aDU6.au douar avec le domesl^ue;fnançais et les autre&Acabes.
INous étudiômes ensuite avec soin île terrain et nous prîmes .nota poste démette un dmissan jsxx milieu de iarplanue d'où mous pouvions (voir tout autour de nous. iLa kme montait rapidement «et h nuit devint psasque muaû xfcmre que le jour. Nous entendîmes un lion *et juhb lionne iMgir près de là,tet, par in termites, un troisième leur répondre e,uJLoin.
$ous restâmes jusquîà iprès de onze heures .du soir à attendre impatiemment^la TOnue.du lion, mais il ne vint pus.
Un lynx tenait toutpcés demeus et une tbandi de chacals dse précipita ideux fois ion hurlant 4 travers la clairière., mais le lion était encore aussi Join que jamais, h en juger par ses irugissejnents. ils semblaient veoi? d'une colline basse
et profondément boisée à une distance d'un demi-mille environ.
Nous tînmes une courte consultation et nous résolûmes de suivre le lion à la voix, et après avoir grimpé pendant un certain temps à travers Lois, nous gagnâmes une autre petite plaine où nous attendîmes jusqu'à ce que nous eussions entendu rugir l'animal. Les chiens ne cessaient pas d'aboyer et les bestiaux de beugler dans les douars arabes et parfois nous entendions au loin des décharges d'armes à feu. Je remarquai que le lion rugissait aussitôt après qu'un âne venait de braire ou un bœuf de mugir plus fort qu'a l'ordinaire. Nous écoutâmes attentivement, et nous nous dirigeâmes avec aussi peu de bruit que possible vers l'endroit d'où semblaient venir les rugissements. Enfin, nous arrivâmes tout près, car nous entendions distinctement le bruit de sa respiration, pendant que la lionne poussait des plaintes sur un ton un peu plus élevé. Un bois épais était devant nous, et ils
paraissaient n'être qu'à cinquante pas de distance.
Je renouvelai les capsules de ma carabine et je suspendis mon fusil à mon épaule gauche, puis je me glissai en avant sans bruit vers l'endroit où je pensais que les lions étaient couchés. Leur rugissement semblait venir de derrière un large buisson, à dix pas de distance environ, et une fois M. B... et moi pensâmes pouvoir distinguer une paire d'yeux. Je me coulai avec précaution en avant mais je ne pus rien apercevoir.
A plusieurs reprises nous le suivîmes, mais il ne nous offrit pas la chance d'un seul coup. Enfin, après beaucoup de peine, nous arrivâmes de nouveau tout près de lui, et cette fois nous pensâmes qu'il semblait disposé à combattre, car nous l'entendîmes rugir de la façon la plus sauvage de quelque couvert épais au fond d'un ravin.
Je plaçai M. B.,. sur une petite éminence»
qui commandait la vue de tous les côtés, et je rampai en avant avec aussi peu de bruit que possible pour essayer de lui couper la retraite. Pen-
dant que je me glissais ainsi* la lionna vint ce? joindre la lion* (dant, leat rugissements? doivent avoir été. ponc eUa um appel) •,, et je* llapeirçus comme elle bondissait , &, tnaveaak les huissona ,: j 'aurais piL te tteim jugpR (et j.& regrette mainte? nant de naTa^oir/paBafait^mais!* je* désirais -jeter bas la IkaL, qui;,, aïk dire dest Àiabea, était énormaekpairtatt unerBelle icrinièrernoii».
Je me. traînai, min les* maan& et le» genoux pendant: quelques teraps^ jusque ee; que j'arri-» vasse au Bord, d'unes pente* esoarpéa d'une dizaine de pieda aa profondeur ah au * bas, da laquelle était un épais couvent.. Je restai. làtprèkde dix minut» ai écouter. lè< bruit qni: semblait venir d'uni g^SibuisafiondemèiB: lequel, quand les niKigçs^se déroulaient loin delà surface dala lune, je pouvais apefoayemnm oorps sombre dans lequel, parfois*, je* croyais voit un léger- mouvement- Je restai a*œ aguets&pendanfr quelques instants ;' je ne> pus- rfen distinguer, bien que^ le rugissement sefît entendre pariniervalles v etpa»
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lois jet m'imagHButa voir qpalque chose remuée» Mais bientôt noua L'entendîmes, rugic k un.
demi-mill& plu» laiiu, La lune a& couvrait d'épais* nuages et notas
<&anc& asait dispuafc i^ur.l?inatant* noua rerân?
mas au-douar qù»16< caïd nous, avait faite préparer
une. tenta sous laqualla noua dormîmes très-cour-
fûrtahlemani* rouléa dajas nofr(»narartoHaa». On antenAtitriigir datt^.KéioigaômfflatrJe tooi-
sièma liûtt en* embuscade augcàs dftuu douait
Samedi Wl L&caidt nûu£haam^kun> déjeuner substantiel oompose d'œufe duua,, da galettea chaudes faites avec de la fine flanc dabÊyrina^, du laitet duheurra^ etcHurhlai^plat de eouseousm&r prinaipate* noumiau^ de* Arabes*, quL cent- ^iâtôeo) farine; dft fromanthumeeté^e* rouléa ea petits gnwsc^mma^dË^gmnea^d^millJ^ <pi aomt ansuiidîséahéstet aicvœdéd!aôfioii^gaemanlî
au mouton ou aux volailles bouillis ou bien s'ao commodent avec du lait et du sucre. Je parcours les fourrés tout le jour, pour visiter la piste des lions que nous avions suivis la nuit. Les empreintes du lion avaient près de dix-huit pouces de circonférence, celles de la lionne quatorze environ. Le fourré dans cette partie du pays se compose principalement d'une magnifique bruyère (alors en fleurs), du myrte dont les Arabes mangent les baies (mûres alors), du cytise (en fleurs), et de plusieurs espèces d'arbrisseaux épineux dont un porte une fleur jaune, et est appelé genêt d'Espagne.
Il n'y a pas de grands arbres ; les chênes-liéges donl très-peu ont plus d'un pied de diamètre sont les plus communs.
Pendant la quinzaine suivante nous eûmes presque toujours un temps pluvieux et nous ne fîmes que tuer du menu gibier en quantité considérable* Nous n'entendîmes plus parler des lions, et bien que nous fissions chaque jour de
longues courses dans les endroits les plus favorables, nous ne vîmes point de pistes fraîches.
Constantine. Lundi 15 mars. Visité la maison de M. Jules Gérard, le tueur de lions; une des chambres est très-curieusement peinte dans le style oriental, avec des inscriptions et des devises arabes; on nous montre les armes d'honneur qui lui ont été présentées par l'ex-famille royale de France, par l'empereur d'Autriche, et par divers scheiks et chefs arabes qui lui portent beaucoup d'estime et d 'affection non-seulement pour son sang-froid et son adresse à tuer le lion, mais aussi pour sa connaissance du caractère musulman, et sa grande habitude de leur langage, de leurs mœurs et de leurs coutumes.
Sa bonté, son intégrité, son anxieuse sollicitude
pour leur bien-être, pendant qu'il était employé
au bureau arabe, étaient très-justement appréciés
par les fils d'Ismaël; et dans les gourbis des
douars, on interroge sauvant l'étranger < sur le» bonheur du vainqueur; du. lion-, et sua ripoque. probable de son retour.
On trouve en Algérie? enfaiï. de: gposk gibier des lions, des panthères^ dea. sangliers* dea cerfa, de& antilopes et des mouflons,, eft aussi. des. gagelle&« Le menu gibier abraderdaiHEtaiit le pays etioû apprend des pc nlnx roi^e^.de&lièwesj.dea.pflWiliaflL de Cartilage, des outerdaaet; des£cailiesb;:surle» lacs, toutes les t -s pècest d ; oiaeaux aquatiques s*? rencontrent en abondant dapuisbletoanard» jua?qu'au cygne] la coi|daimiyèi»^ttla|béeaaaft?aoiifc. très-nombreux (Lan&ila* aaiaon* Lôrchassôun poufe aisément remplir une voiture de gibierrd'aau, Qfib n'est qu'une question; de:muniiionsi L'ahendanoch du gibier en ce payai s'explique; aisèmentL Bn premier lieu, les habitante arabes ohasBoat peui ou point et les Fiançai» en Algérie font*Gorame& les Arabes, Aussi toutes les espè^dè gibier, gro&
ît menu* wôût^daûSrUHiétat de teaoçiillitèBar^ àkile e£ pullulant ea^Gâu^ comma las- lkmfrA I0& panthères* ai été refoula fiaftl&oiyili^ion, dansrlas padtiafr laa*piu&aaujvâgôfiadLLpay^, aL Lee chasseur peut perdra hô&u- <mq^dft 3 t«Dttp&^teûiweiî lBumiregairiûar sliLateat* paaac^mpagpipar Ubbt indig^ûe&. JL XulasGô*»
rarela gas6apltta.de w^cmU^nmt» an* forai a^aufe datuan son toeatièiiia/,;, oôlul <jpi* vowàra suiarBO. sâ&txaeasrQA, davKkdan&'pafirse déoouiagf& dlua* jpfiiifiCifffi 1 au début»*
Gommeront le;vaikparlarré0ife dUiinajQiv Hcbbç^ ditiout de na& mà&iïM$flfcœm jmMi&mhm*!~ reuse, et cela devait être puisque aucun d'eux nfc / cannaissait le pa#s> Laoomte^jiritaûUniBmui^ ?& tjauawt prêt à, gactir tocs* la* fia. du moi*
(Tavril 1858, nous nous mîmes en route aussitôt* Notre petite troupe se composait du comte, du colonel Hasfurd, de Valorck, chasseur du comte, et la meilleure carabine que j 'aie encore rencontrée après son maître, de deux piqueurs appartenant au comte Xavier, dont un, Auguste Lefort, trèsbon tireur, d'un ancien militaire du nom de Vermen qui avait tué plusieurs panthères, et enfin de huit à dix quêteurs arabes. Le rôle de ces derniers consistait à faire le bois, le matin, c'est-àdire à rechercher la rentrée des lions en forêt et à s'assurer de leur repaire. Travail difficile toujours, dangereux quelquefois, et dans lequel ces hommes excellent par la vue exceptionnelle dont la nature les a doués. Quelquefois, dans les chasses de nuit» Us devaient occuper des postes ; mais toujours deux à deux, ou dans les affûts qui les abritaient complètement, ou bien encore sur des arbres. ^
Gomme auxiliaires criants, nous avions quelques couples de chiens choisis dans la meute du
eomte Xavier, et lea roquets de nos quêteurs, bêtes de tous poils et de toutes races, mais excellents pour le genre de chasse que nous allions tenter. Ainsi organisés, nous arrivions à Philippe* ville, le 2 mai 1858. — Le 3, nous reconnaissons, un repaire de lion, en son absence, afin de le chasser à notre retour s'il s'y trouvait.
Le 4, nous arrivons à Bone, le 5 à Aïea-Crorkha. Le 6, nous établissons notre campement en forêt; le 7, nos quêteurs ont connaissance d'un lion, le vais faire le bois avec le comte Constantin. L'animal ne me paraît pas adulte ; néanmoins, nous travaillons sa voie et nous parvenons à le rembûcher.
Malheureusement, le repaire est très-vaste, tout à fait impénétrable aux traqueurs, de sorte que nous sommes obligés d'avoir recours à l'appât vivant A cinq heures, nous arrivons sur un des côtés du repaire, et jusqu'à la nuit, nous attendons en vain par une pluie battante. Le lion est sorti de la foret d'un autre côté.