LETTRE DE M. SALIS
Mon cher collègue,
J'ai reçu votre lettre, elle ne répond pas à la question très précise et très nette que je vous ai adressée. Je vous- ai demandé des noms»
vous me répondez par des phrases. J'insiste encore une dernière fois.
Vous avez promis d'aller jusqu'au bout, j'y compte et le parti républicain le réclame impérieusement. En mon nom personnel et au nom de tous mes collègues qui m'y autorisent, jjê vous déclare que, si vous vous dérobiez à ce devoir, vous agiriez en malhonnête homme. ^
Salis,
Dépuié de l'Hérault.
lil^PONSE DE M. NUMA GILLY
Mon cher collègue,
Je ne comprends pas que vous interveniez de nouveau dans le débat: je ne vous ai pas personnellement mis en cause; vous me permettrez donc de ne pas vous répondre davantage.
Que, par une lettre collective des trentetrois membres de la Commission du budget, on me somme de citer des noms, d'articuler de** faits, d'aller jusqu'au bout : je le ferai.
Cette lettre, je m'attendais à la recevoir à la place de la vôtre.
Recevez mes salutations.
Ndma Gilly,
Député du Gard, maire de Nîmes.
Dans une note, où la gêne et le dépit se dissimulaient mal sous un dédain affecté, la Commission déclara que l'incident était clos.
Après avoir pris connaissance de cette décision, M. Numa Gilly, à la date du 16 septembre, écrivit la lettre que voici :
M. Maurice Rouvier, président de la Commission dit budget, Paris,
Dans la note que la Commission communique à la presse, au sujet de l'incident qu'a provoqué mon discours d'Alais, je lis ceci :
«Ils (lesmembres) estiment que laprétention de M. Gilly n'est qu'un moyen de se dérober. »
Je vous déclare que je me dérobe si peu que
j'attends que vous me citiez devant les assises pour que je puisse faire la preuve des allégations que j'ai avancées.
Je vous salue,
NUMA GiLLY, Député du Gard, maire de Nîmes.
Nous passons sur diverses lettres d'insultes, auxquelles M. Gilly n'attacha aucune importance, et nous arrivons au 11 octobre, jour où le député du Gard reçut le petit papier suivant :