DEVANT LE JUGE D'INSTRUCTION
Notre directeur politique, accompagné de M* Elle Peyron, avocat, est arrivé à Alais ce matin à 9 h. 15. Quelques amis Fattendaient à la gare.
A 10 heures, il s'est rendu chez le juge d^instruction. M. Torrette lui a donné lecture du réquisitoire introductif d'instance, qui visait le discours qu'il a prononcé à Alais et que nos lecteurs connaissent, — et le compte rendu qu'a donné le Petit Méridional de la réunion du o septembre.
LVI MBS DOSSIERS
Le juge d'instruction a demandé à M. Gilly s'il reconnaissait comme exact ce dernier compte rendu.
M. Gilly. — Vous le croirez ou non, monsieur le juge, mais je ne lis pas les journaux. Je n'en ai pas le temps. J'ai un programme ; je tâche de m'y conformer, et les critiques plus ou moins malveillantes me laissent absolument indifférent. (M. le juo;e a peine à réprimer
un sourire.)
M. le juge. — Avez-vous entendu viser spécialement M. Andrieux, quand vous avez parlé des a vingt Wilsons ? »
M. Gilly. — Vous me permettrez de ne répondre qu'aux assises. C'est là que je déballerai le ballot de linge sale. Si M. Andrieux est éclaboussé, tant pis pour lui ; s'il est laissé en dehors de mes critiques, tant mieux pour lui
M. Torrette a essayé, mais vainement, de faire préciser notre directeur politique. Celuici s'en est tenu à ses déclarations primitives : « Je vous promets de parler; mais AUX ASSISES. »
M. Gilly a refusé de signer; et, après un échange courtois de paroles, notre ami s'est retiré, accompagné jusqu'au haut de l'escalier par l'honorable magistrat.
Après cet interrogatoire, les choses en restèrent là ; le juge d'instruction ne rendait aucune ordonnance, et le bruit courait qu'un non-lieu allait être rendu. •
A la veille des assises, la chambre des mises en accusation se réunit pourtant et rendit l'arrêt dont voici la teneur :