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rieure, qui lui fit raconter : qu'il avait vu, quelque temps avant, des cavaliers qui enlevaient une jeune fille, qui pleurait ses yeux et essayait de crier au secours! Vif comme l'éclair, tu compris immédiatement de qui il était question, ce qui devait arriver; et, obéissant aussitôt à tes sentiments d'humanité, et honteux d'avoir oublié ta cliente et sa prière, tu voulus te rattraper par une vitesse d'action. Ordonnant Ja présence immédiate d'un de tes lieutenants, tu lui donnas tes instructions et le fis partir en toute hâte avec une cinquantaine de cavaliers armés et montés sur tes coursiers les plus vifs. Tu savais alors, comme Lu sais maintenant, lire dans la pensée des autres, et d'un jet tu avais compris ce que le vicieux et terrible vicillard voulait faire de in, et où il l'envoyait. La topographie du pays t'étant familière, tu avais ordonné à ton lieutenant de suivre une voie peu connue et difficile, afin de gagner du temps sur l'autre troupe, qui allait par la route ordinaire, Tu avais vu, compris et calculé exactement, papa, ce qui devait avoir lieu. Tu savais qu'il n'y avait pas une minute à perdre pour permettre à La troupe d’être à temps sur les lieux de l'exécution, et c'est pour cela que tu avais fommandé à tes gens de crever leurs chevaux, s’il le fallait, pour arriver à point, Djimcæ était déjà solidement attachée à un arbre, el ses bourreaux se préparaient à enjamber leurs montures, quand, avec un furieux entrain, Les chevaux bondissants et ruisselants d'écume, portèrent le désarroi et la confusion parmi l’autre troupe. Les sauveurs arrivaient à temps pour épouvanter les malfaiteurs et porter une immense joie dans le cœur de Fa jeune victime. Tous les membres de l'autre troupe, en voyant ton lieutenant sauter sur le sol, et brandissant son sabre, se prosternèrent vivement à plat ventre
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devant ton représentant. On reconnaissait ainsi ton rang, ton autorité supérieure ! C'était dans les usages du pays et du temps. Djim®æ® fut amenée chez toi, où elle demeura jusqu'à sa mort.
< QuandDjimæ fut dans notre monde elle te chercha par voies et par chemins, mais sans pouvoir te renconrer. Vers l'an 300 de votre ère, elle eut, dit-elle, la joie de te trouver dans notre sphère. Tu faisais partie d'une commission, pour organiser d'avance les événements qui devaient se dérouler dans la nouvelle dispensation. Elle te vit alors pour la première fois depuis son départ de la terre. Depuis ce temps elle s'est réincarnée sept fois, toujours dans le but de Le rencontrer, Son bonheur n'a subi aucune décroissance depuis que tu es sur la terre. Toi, ct les tiens ne cessent de l'occuper — et quand elle me vit entrer dans la carrière de marin elle me suivit et me guida — c'est pourquoi elle est représentée sur le dessin, échevelée par la tempête, à côté de moi. »
Au printemps (1877) j'allai à Memphis, dans l'État de Missouri, pour assister aux séances de matérialisation de John H. Mott. Je n'en eus qu’une seule, mais elle fut assez remarquable, en ce que je pus voir et reconnaître trois des miens, pour la première fois —en chair ct en os — pour un temps donné. Les apparitions avaient lieu dans l'obscurité complète, mais les formes étaient éclairées, tellement, qu'on pouvait distinguer parfaitement leurs moindres détails. C'était une nouveauté agréable pour moi. La lumière semblait sortir de ler intéricur.
Ma mère, bien éclairée et très reconnaissable, m'arcueillit la première et m'embrassa en me pressant sur son sein. Depuis l'âge de 7 ans mon cœur n'avait pas eu cette suprème caresse d'elle, au moins d'une
manière tangible. J'en goûtai avec joie toutes lex saintes émotions. La première à m'ouvrir les yeux, à 16 ans (au confessionnal) elle était encore la première à m'ouvrir le chemin pour arriver aux autres, Sa présence, rayonnante d'amour, me disait tout ce que sa langue taisait,.
Mon Henry apparut ensuite à la porte du cabinet et me fit signe d'aller à lui. Je le trouvai beau et joyeux — comine j'avais coutume de le voir par la clairvoyance. Quelle mobilité d'expression ! quelle volubilité! — sa langue se déchaïnait ! Je-n’en revenais pas de le voir ainsi. Le fait est qu’il n'arriva jamais depuis à se montrer mieux que cette fois, et même j'oserais dire, que ce fut sa meilleure apparition en tangibilité. Et, que de fois, je l'ai vu matérialisé après cela — par Lant de médiums! presque toujours bien reconnaissable — chose que je ne pourrais pas dire au sujet des autres, ses frères et ses sœurs. Il me serrait les mains avec effusion ; Son cœur bondissait de joie, et il ne Larissait pas de me dire toutes sortes de choses airmables. Ce fut alors qu'il fit allusion aux séances des frères Eddy : — « que ce milieu était trop grossier poureux» — cité a ant. — Cet enfant que j'avais perdu, — que j'avais tant pleuré — n'était plus un enfant; je le voyais grandi, fort et souple — en jeune homme enfin de 22 ans. Je l'aurais embrassé autrement. Cette apparition était pour lui un événement autant que pour moi ; cela se voyait, se lisait sur sa figure si animée. Mais à toute chose il y a une fin, ou plutôt une interruption. Avec un adieu chaud et un au revoir affectueux il disparut, en fondant subitement sur place.
Un autre esprit ensuite me fit venir. J'avais bien l'impression qui il était, mais comme la ressemblance était imparfaite, et que je devais juger avec mes yeux,
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je dis à cet esprit qui avait bien la taille (six pieds el deux pouces) et la tournure d'un de mes frères, Marcel, mon aîné, mort depuis six mois seulement, à Vincennes (Indiana) : — Il se peut que ce soit celui auquel je pense: mais il me faut la ressemblance. Je ne me rends pas!» Cet esprit se retira en arrière du rideau, dans le but ostensible de se refaire mieux. Un instant après il reparut. Je lui répétai la mème chose, mais sur un ton d'encouragement.
Nouvelexit un peu plus long. A la troisième apparition je jetai un cri de joie, et je me mis à serrer les mains de mon frère que je reconnaissais enfin — tellement c'élait bien lui, through and through, d'outre en outre. Enfin, par nos efforts réunis, — lui par sa volonté de fer, qu'il n'avait pas perdue, et moi, par mon insis- Lance, il devenait tel qu'il était avant son trépas ; ses lèvres un peu pincées d'autrefois, rendues telles par l'exercice du vouloir, se montraient bien ainsi dessinées, mais les coins légèrement relevés, témoignaient de la satisfaction qu'il éprouvait d'avoir vaincu une difficulté et de se voir reconnu. Comme Henry. il était lumineux, et tous les poils de sa barbe un peu grisonnante s'accusaient parfaitement et prenaient la forme particulière d'avant. Ses yeux perçants avaient bien la inème expression, et le ton de sa voix lente et vrillante, me frappèrent comme des coups de massue par l'exaclitude de la représentation. Mais ce qui, par-dessus tout, me bouleversa, ce fut de l'entendre me parler de questions d'argent — ce qui était une de ses passions dominantes. — Pour le coup, lui dis-je,c'est ça quite complète — et j'en riais de bon cœur et lui aussi. Il m'engagea à aller chez lui, voir sa femme et ses enfants, en me disant qu'il était encore boss ou le maître là — voulant dire qu'il dirigeait comme avant
cet intérieur, quelque étrange que cela puisse paraître.
Ces trois entrevues me remplirent le cœur et l'esprit, et j'en témoignai après au médium ma satisfaction. Ce médium avait déjà une réputation assez grande, et voulant savoir de lui quelque chose sur le compte d'un autre médium, Mme Annie Stewart, de Terre-Haute (udianar, de qui j'avais entendu parler: —il me dit qu'il connaissait celle femme : que sa médiumnité, suivant lui, était fausse, etc., elc., ce qui contredisait le dire des autres, Je mentionne ce fait pour montrer que, comme les artistes, les médiums souvent se jalousent les uns les autres — c'est une des faiblesses du métier,
Il arriva à ce cercle, quelque temps après, une singulière aventure, qui mérite d'être racontée, pour servir d'instruction à mes lecteurs. Tous les journaux la publièrent avec commentaires francs ou de biais. Un incrédule avait apporté une seringue remplie d'anyline, et au moment où un esprit se trouvait en dehors du cabinet, il lui envoya le contenu dans là figure, Aussitôt la forme (masculine) se sauva dans le cabinet, mais l'agresseur la suivit de près, et, ouvrant la porte il dit à l'auditoire : « Voyez, voyez!» et, à la surprise de chacun, on put constater que le médium élait sur sa chaise, semblant endormi, mais avec une grande tache sur la figure. La chose semblait bien concluante — c'est que c'était le médium qui s'étail trouvé en dehors du cabinet, un moment avant, et qui avait reçu l'anyline sur sa figure. L'évidence démontrait ce fait; toute autre conclusion devenait impossible ! L'excitation montait, même chez les amis du médium, et on allait lui faire un mauvais parti, le lyncher, peut-être, quand l'esprit directeur incarné dans le médium dit : — «Veuillez m'accorder deux ou trois minutes, et fermez la porte du cabinet : vous
jugerez ensuite !» On consentit à cette proposition, et chacun se remit à sa place, curieux de savoir ce qui allait se passer en fin de compte. On ne s'attendait guère à un dénouement favorable à celui qui venait d'être pris en flagrant délit! Oh, non! — cela semblait impossible — tellement l'ignorance se sent forte derrière ses retranchements. La porte du cabinet s'ouvrit toute grande, au moment convenu, et là, à l'intérieur, chacun put voir — deux formes, au lieu d'une, comme avant : celle du médium assis sur sa chaise, endormi — sans la moindre trace d'anyline sur sa figure — et, à côté de lui, debout, celle d'un esprit connu qui, lui, avait l'empreinte accusatrice sur sa figure souriante : il dit alors à son auditoire ébahi, ces simples paroles, bien laconiques et significatives : — «Maintenant concluez!»
La morale de tout cela, comme je l'ai appris par expérience, et en ne jugeant pas trop vile -— engrangeant le grain avant dele battre — c'est que les esprits, ne s'attendant pas à une agression, ne s'occupent pas de prendre les moyens pour protéger les médiums contre le transfert es mauvais traitements, Aïnsi, dans le cas précité, l'esprit avait bien recu l'anyline sur sa figure, mais en disparaissant subitement dans le cabinet et rendant par là même au médium Îles fluides empruntés, celui-ci recevait aussitôt Ia tache accusatrice ; c'est ee qu'on appelle un transfert. Par un moyen chimique, à lui connu, cet esprit avait pu reprendre du médium ee qu'il lui avait involontairement transmis — et ainsi la chose se réglait, et un phénomène intéressant en était La conséquence. I arrive, néanmoins, que de tels faits sont provoqués par les esprits cux-mêmes, comme enseignement.
Je me rendis à Chicago, où j'assistai aux séances de
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Bastian et Taylor, deux médiums associés, chez qui les matérialisations ne me plurent qu'à demi, car aucun des miens ne fit d'apparition — ce qui* prouve en faveur de l'honnêteté de ces sortes de pourvoyeurs, en ce qu'ils ne fournissent pas de substituts.
Je me décidai, malgré les avis du médium Mott, d'aller à Terre-Haute, dans l'État de Indiana, chez Mme Annie Stewart. L'amour paternel et une bonne ct juste inspiration me poussaient là. Je désirais de tout mon cœur fou: air l'occasion aux retardataires de se matérialiser Je serais allé à l'autre bout du monde pour voir ma douzaine d'êtres angéliques se mettre en chair et en os, sortir de derrière ce voile mystérieux qu'on appelle la mort.
J'arrivai à Terre-Haute le 8 juin 1877 et j'y restai deux semaines, afin de donner le temps aux miens de me fournir autant de preuves que possible, de venir tous et se condenser matériellement dans de bonnes conditions. Comme j'avais été bien inspiré; comme j'avais bien fait de ne pas écouter celui qui dénigrait cette sensitive, de juger par moi-même! Preuves sur preuves, phénomènes sur phénomènes, sous des conditions nouvelles pour moi et si probantes à la fois. — Tout arriva par progression géométrique, en quelque sorte, me tenant hors d'haleine, je puis dire, durant tout mon long séjour.
Mme Stewart était une jeune femme, d'un extérieur agréable. Sa médiumnité datait de l'enfance, comme c'est le cas avec la plupart des médiums: mais ce ne fut qu'en 1873 qu'elle commença à obtenir des matéralisations d'esprits. Pour arriver à un degré de développement satisfaisant, qui permit aux invisibles de se montrer en dehors du cabinet enlièrement matérialisés, Mme Stewart eut à subir
toute une année de séances préparatoires, avec l’assistance de huit ou dix personnes de bonne volonté, qui formaient son auditoire et sa chaîne magnétique, ou sa batterie, comme nous disons. Le D" Allan Pence, riche pharmacien de l'endroit et disciple zélé de la doctrine, prit Mme Stewart et sa famille sous sa protection dès le commencement: il lui fournit au-dessus de sa pharmacie un grand appartement, une salle pour les séances, le tout chauffé et éclairé au gaz, gratuitement. De plus, il présidait aux cercles publics et privés, recevait les visiteurs et faisait la correspondance, laquelle était assez considérable. Le Dr Pence, s'était adjoint deux assistants, — James Hook et Samuel Connor — et à eux trois ils formaient un comité de direction. Le dernier, espèce d'Hercule, durant les séances publiques chaque soir, se tenait près du cabinet, pour protéger au besoin le médium contre les attaques des malveillants. C'était une sage précaution, et qui empêcha toujours les agresseurs de se livrer à leurs penchants. Le prix d'entrée aux séances publiques était de cinquante cents, ou deux francs cinquante. Les séances privées, de jour, données irrégulièrement étaient de vingt-cinq francs. A huit heures du soir la séance publique commençait; elle se terminait vers dix heures, et sept à huit formes, seulement, faisaient apparition. Dans Île temps ce nombre paraissait assez considérable, mais, depuis, chez d'autres médiums, où j'ai souvent vu quarante et cinquante esprits bien matérialisés durant une soirée, le premier chiffre me semble à présent bien maigre. Il est vrai, néanmoins, que ces visiteurs d'outre-tombe ne se hâtaient pas de faire leur eæit et pouvaient causer longuement avec leurs amis. Les esprits familiers du cercle, étaiert Charles Smith (Directeur), Minnie, squarw siou, — Georges Powel, jeune 6,
frère du médium, et Alice Belle Purvis: ces deux derniers se matérialisaient ordinairement tous les soirs. Minnie agissait toujours comme contrôle du médium et comme interprète du groupe des esprits. Georges el Belle se présentaient avec beaucoup de puissance, et Minnie qui, rarement se montrait, étant incarnée dans le médium, était très loquace, comme la mère Ealon, chez les frères Eddy — et par l'organe de Mme Slewart, elle aimait beaucoup à donner à des membres de différentes sociétés secrètes, les mots d'ordre et de passe, selon les degrés hiérarchiques auxquels ils appartetenaient; elle s'acquittait de cela à la satisfaction de tous. Quand les apparitions s'étaient fait reconnaitre, soit en parlant, soit de toute autre manière, elles ouvraient les deux portes du cabinet, afin de montrer le médium assis sur sa chaise. Comme partout ailleurs, aux Etats-Unis, les cercles de Mme Stewart étaient agrémentés par les sons d'une boîte à musique. Chez d'autres médiums, on chante des hymnes, pour produire l'harmonie.
Dans cette salle de séances on voit dans un cadre une mèche de cheveux de Belle; de la laine, provenant de la tête de Bill, esprit nègre qui se manifestait parfois ; un morceau de châle en soie — le tout matérialisé dans le cours des séances. On y voit aussi, mais de dehors seulement, sur l'un des carreaux d'une croisée, le portrait de Belle, de pied en cap. Cette impression fut soumise à toutes sortes d'acides et de sels sans résultat aucun. Ce genre de phénomène fut à la mode durant plusieurs annces, un peu partout aux Etats-Unis.
A ce cereleles esprits se manifestaient sans pouls, el la température de l'épiderme correspondait avec celle de la chambre ; mais il y avait parfois des exceptions, Les esprits familiers € d’autres souvent mangeaient
des bonbons quileur étaient donnés. Les miens s'en régalaient en causant avec moi, Je leur apportais aussi des fruits, des noix, etle tout allait sous leurs belles dents. A mes filles je présentais fréquemment des bouquets, qu'elles mettaient à leur corsage ou dans leur chevelure. Un jour j'apportai un énorme bouquet, ayant au moins un demi-metre de diamètre, et ce fut ma fille Catherine, qui l'emporta avec elle en disparaissant, ou qui le dématérialisa. Je n'en trouvai pas une seule feuille après la séance, malgré mes recherches partout. Aux séances ordinaires nies enfants venaient à tour de rôle, et durant mon séjour à Terre-Haute, les douze se manifestèrent tangiblement. C'était remplir mon vœu le plus cher, Mais je ne me contentai pas de cela. F'eus six séances privées, où les miens seuls pouvaient venir, et ce fut dans ces entrevues surtoui où ra jouissance fut complète.
Ala requête du Religio-Phtilosophical Journal, de Chicago, grand journal de huit pages, je fis un long compile rendu de mes séances, que ect organe publia endouze colonnes, dans son numéro du 23 juin 1877,ete. M. Bundy, propriétaire et rédacteur, m'en félicita et me sollicita de lui envoyer d'autres articles. Dans le but d'abréger, je dois glaner de ce récit les faits les plus saillants et les présenter sous un aspect différent — de lieu commun.
Comme chez Mott, ma mère avait été la première à me recevoir à ce cercle: elle se montra avec la même figure qu'avant, sa chevelure arrangée de la même facon. Henry ensuile, se présenta, aussi bien qu'à Memphis, mais il se hàla de laisser la place libre pour les autres, à Charles et à Marie-Louise qui vinrent aus- SiLôt après.
Je crois devoir ici donner ce renseignement : que,