‹ Mes grandes chasses dans l'Afrique centraleChapitre 14 sur 113 · SANGLIER ET HIPPOPOTAMES · texte numérisé non relu

SANGLIER ET HIPPOPOTAMES

Pendant que j'étais ainsi seul, dissimulé au milieu des arbustes, j'entendis à quelque distance de moi, peut-être à 8 ou 10 mètres, deux ou trois poussées d'un souffle puissant et sonore, puis un luuit de branches brisées, du clapotis d'eau et la respiration d'un animal qui devait être énorme.

En une seconde j'eus l'idée, d'abord, que c'était un rhinocéros qui me sentait (nous en avions vu plusieurs pistes le matin); puis, que je n'avais pas mon calibre 12 à pointe d'acier, attendu que Gagou le portait; enlin, (pie la fiiile était impossible. Je

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cherchais déjà du regard un arbre où me jucher, si l'animal faisait encore du bruit, et, au même moment, à 30 ou 40 mètres au milieu de la rivière, un hippopotame fit retentir les environs de son rugissement sonore.

Si j'eusse été plus expert, j'aurais deviné que, à côté de moi, il y avait un autre hippopotame couché à terre ; son souffle seul aurait dû suffire à me l'indiquer; mais j'avais encore bien des choses à apprendre. Dès que le sanglier fut enlevé, je m'en retournai bêtement au camp, perdant, ce soir-là, sans m'en douter, l'occasion de tuer un hippopotame.

Le soir, à la lumière des feux, nous vîmes un vol de canards sauvages qui descendait à la rivière. Après avoir envoyé

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im homme s'assurer si on pouvait les distinguer dans l'ombre, je me rendis sur la berge, et, avec mon énorme canardière, j'en abattis cinq; deux autres, blessés, s'en allèrent au fil de l'eau ilffurer sans aucun doute sur le menu des crocodiles...

Les malheurs prévus fondaient sur notre expédition. La plupart des bœufs moururent pendant les vingt jours que dura le voyage de la rivière des Crocodiles au rio Poungoué.

Les uns étaient tombés pendant quelque halte ou en marche, et on avait achevé leurs souffrances à coups de fusil; les autres s'étaient couchés au campement du soir pour ne plus se relever. Je me voyais bientôt obligé d'abandonner tous nos bagages et d'achever le voyage sans autre chose que mon fusil et une couverture !

Et ils diminuaient toujours, nos pauvres bœufs ! Sur les vingtquatre que nous avions emmenés de Pretoria, il ne nous en restait plus que douze en passant la rivière Bouzi.

Il fallait naturellement décharger le chariot à mesure que l'attelage diminuait, et je prenais des porteurs dans les villages pour transporter les excédents sur la tête; j'avais même jeté, faute d'un nombre suffisant de porteurs, 100 kilos de haricots, un levier, un paquet de matériel de rechange pesant 150 kilos et les barils à eau. Ces derniers étaient désormais inutiles ; nous avions toujours trouvé de l'eau, et on nous assurait qu'elle serait encore plus abondante vers le nord.

Au dire du Hottentot, trois bœufs seulement étaient indemnes du fléau; ils avaient passé complètement saufs au milieu de la tsé-tsé ; ils étaient dans un état magnifique, mangeant avec appétit, et tirant sur leurs jougs avec vigueur, comme pour compenser l'absence et la faiblesse des camarades moins heureux. Une épidémie de pneumonie ayant décimé presque tous les troupeaux dans la région que nous traversions, c'est inutilement que j'avais essayé d'acheter d'autre bétail.

Un soir, sur les rives de la Moussingazi, affluent du Poun-

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