‹ Mes grandes chasses dans l'Afrique centraleChapitre 32 sur 113 · NOUS PÉNÉTRONS DANS L'AFRIQUE CENTRALE · texte numérisé non relu

NOUS PÉNÉTRONS DANS L'AFRIQUE CENTRALE

avoir environ G'i.") mètres au-dessus de la vallée et 10Ô5 par rapport à l'Océan. De cet observatoire, on voyait tout le pays environnant et, dans la direction du nord- est, une plaine immense, ou qui; du moins, paraissait telle, couverte d'une végétation qu'on prenait pour des broussailles, mais qui était, en réalité, une forêt diminuée par Téloignement.

A défaut d'autre chose, je fis sur cette montagne une bonne récolte d'insectes et d'une espèce de plante grasse qui rappelle assez la màclie et peut se manger en salade; on la nomme matako ta tsano. Je n'avais trouvé trace d'aucun gibier, quoiqu'il y ait des sites charmants et des ascensions sous bois de plusieurs centaines de mètres; quelques serpents et des éperviers paraissent être les seuls habitants de ces endroits, et notre garde-manger se ressentit de notre arrivée dans ces récrions.

Le chef Mbiouï nous apporta quelques épis de maïs et une poule étique, en nous engageant, si nous voulions du gibier, à descendre, par le nord, dans la plaine dont je viens de parler.

Je levai le camp aussitôt, et, comme le trajet dura à peu près trois heures et demie, le soir même, l'expédition avait établi sa résidence au pied du Tchiouta, mais du côté opposé au village de Mbiouï, après avoir longé pendant le trajet un petit ruisseau aux ondes claires, le Mouana-Gombé , qui, je le sus plus tard, charrie de l'or sur son lit rocailleux.

Jamais blanc n'avait campé dans cette plaine, jamais Européen n'avait posé le pied dans ces régions, hormis mon camarade de voyage; les noirs y étaient tout à fait chez eux. A Mandjé, plus éloigné d'environ douze milles, passe le sentier des caravanes arabes venant de l'Afrique centrale avec l'ivoire et les esclaves.

Nous avions trouvé, fort loin l'un de l'autre, deux trous ayant à peu près deux mètres de diamètre, remplis d'une eau

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douteuse; nous avions, en vain, parcouru la plaine, en quête d'un liquide plus tentant. Force était de s'en contenter. Le camp fut installé auprès de l'un d'eux, crevasse ou cuvette naturelle laissée sur un rocher dont une herbe verdâtre ornait les bords et où une foule indescriptible de petites bêtes vivaient en paix. Le pauvre Jones n'y eût pas déplié ses lignes ni ses hameçons.

Le lecteur doit supposer que nous avions des fdtres ; c'est bien exact, puisqu'une expédition comme la nôtre exige un matériel résumant presque tout ce qui se trouve aux magasins de la c( Ménagère » à Paris. En veut-on une idée? Voici, à titre de curiosité, en passant, un abrégé très rapide de ce qui marchait avec nous :

Mâtéiuel de taule et de cuisine, — Assiettes, fourchettes, couteaux, cuillers, tasses, soucoupes, cafetières, théières, louches, timbales, coquetiers, marmites diverses, grils, bouilloires, poêles à frire, moulins à café, rôtissoires, plats à œufs, four à pain de campagne, passoires, gamelles à couvercle, filtres, haches, etc., etc. Point de porcelaine ni de faïence : du fer émaillé.

Matériel de caaipement. — Tentes, lits de camp, toile imperméable, couvertures, cordages, piquets, marteaux, tables, pliants, lanternes,, etc., etc.

Matériel de chasse et de péciie. — Haches, couteaux, munitions de toute espèce, médicaments pour préservation des peaux, empaillage et conservation des insectes, etc.; bouteilles à eau, poires à poudre, pièges à oiseaux, pile et réflecteurs électriques de Trouvé, glu, filets, hameçons, lignes flottantes et de fond, harpons, etc., etc.

Médicaments. — Une pharmacie de campagne pour cinquante hommes, deux pharmacies portatives pour les Européens, deux pharmacies de poche.

Matériel de voyage. — Sacs à vivres en cuir, tubs et ca-

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