CHAPITRE VIII
Temps meilleurs. — Retour à Makanga. — Excursion au Nord, chez les Azimbas.
— Campement de chasse. — .\fiut au lion. — Singes et phacochères vivants.
— Gaétan et Fanchonnette. — Mon record. — Les oiseaux insectivores. — Le koudou et les loups africains ou cynhyônes. — M(x;urs des antilopes. — Chattigre sur un arbre. — A l'affût. — Loutres. — Les bruits nocturnes. — Cliasse aux buffles. — Buffle blessé. — Léopards tués à l'affût.
Quelques jours après mou retour à Tcliiouta, je fis reprendre à l'expédition le chemin du pays des Atehécoundas, afin d'y refaire un peu ma santé. Les privations, les aliments aussi peu substantiels que variés, m'avaient fatigué et je n'étais pas fâché de revenir dans un pays où le gibier était abondant et où, même sans chasser, on trouvait à manger son soûl.
Le pays des Atehécoundas était, sans contredit, à cette époque, l'endroit le plus agréable à habiter pour un voyageur, pourvu qu'il ne craignît pas, bien entendu, les noirs traîtres et méchants qui en forment la population. A part cet inconvénient, tout était réuni pour nous procurer un séjour agréable : une altitude moyenne de 450 mètres, un air relativement sain, des forêts bien peuplées en animaux sauvages, des villages où l'on trouvait en abondance ce dont on avait besoin (1).
Je chassai pendant deux mois environ, faisant des excur-
(1) Aujourd'hui, tout cela a bien cliangé; le roi Tchanetta est mort; son remplaçant a lassé par sa tyrannie jusqu'au dernier de ses sujets. Les cultures périclitent, les animaux sont pourchassés, éparjjillés par des indigènes maladroits, et, à certains moments, la famine commence à se montrer.
lûG MES GRANDES CHASSES DANS L'AFRIQUE CENTRALE.
sioiis cynégétiques et géographiques en même temps, courant d'une extrémité du pays à l'autre. Comme les animaux que j'ai abattus sont déjà connus du lecteur, s'il a pris la peine de me suivre jusqu'à présent, je ne citerai que pour mémoire buffles, élands, kobs, guibs, reedbucks, phacochères, etc., et j'arriverai immédiatement à une partie de chasse de quelques jours que je fis après la saison des grosses pluies au nord de Makanga, dans une région abrupte et sauvage, loin de toute population, et dont les sites admirables resteront toujours gravés dans ma mémoire.
Nous avions traversé, avant d'y pénétrer, une immense plaine rase, parsemée d'une maigre végétation à laquelle les indigènes donnent le nom de Damba-Lanitché. Au pied du mont Foulankoungo qui limite cette plaine au N.-E., nous avions aperçu des empreintes de gibier, dont la direction menait à l'endroit dont j'ai parlé, et dont le nombre nous décida à camper quelques jours.
En plus du fidèle Msiambiri et des porte-fusils, j'avais avec moi des chasseurs que le roi de Makanga m'avait recommandés comme très experts à la lecture des pistes.
Nous étions à peu près dans les mêmes conditions topographiques qu'à la Louiya, lors de notre voyage en Maravie; nous avions trouvé une mare d'eau isolée où les animaux sauvages se désaltéraient, mais il y en avait une seconde à trois kilomètres delà, aussi fréquentée. Que faire? Impossible d'être auprès des deux à la fois. Je résolus donc de poster du monde à l'une jour et nuit, afin d'empêcher les animaux de s'en approcher, tandis que je me tiendrais aux environs de l'autre.
Je détachai trois de mes hommes, avec mission de demeurer sur le bord de la mare, d'y crier, d'y faire du bruit, de tirer au besoin des coups de fusil, pour éloigner les hôtes de ces lieux, désireux de se désaltérer.
Il parait que, dès leur arrivée, ils aperçurent des traces rc-