‹ Mes grandes chasses dans l'Afrique centraleChapitre 51 sur 113 · ST · texte numérisé non relu

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à suivre la piste. Tout à coup, j'entendis assez au loin de véritables rugissements, des cris rauques comme ceux du cerf qui rait, mais plus prolongés, de vrais cris d'agonie. Je m'étonnais qu'une antilope, dont la mort est toujours silencieuse, fit un pareil vacarme. Je hâtai pourtant le pas et arrivai en quatre minutes environ à Tendroit où je pensais avoir entendu le bruit... Je me trouvai face à face avec une meute de loups qui montrèrent les dents à mon approche et s'éloignèrent néanmoins d'une vingtaine de mètres; là, ils s'arrêtèrent et, me faisant face, se mirent à aboyer. Quant au koudou, sauf la tête et les jambes, il n'en restait plus rien... Je tuai deux loups afin de me venger.

Une autre fois, vers le soir, j'étais assis à terre, allumant ma pipe et regardant à quelques pas de moi mes hommes qui attachaient une antilope avec des lianes pour la transporter au camp. Tout à coup, un kob magnifique débuche sur ma droite à toute vitesse, passant comme Féclair entre moi et mes hommes, suivi à une dizaine de mètres par une bande de vingt loups. Je me lève, je jette ma pipe, je file le kob et je le roule d'un coup très heureux à l'extrémité postérieure de l'épine dorsale, coup qui le met hors de combat ; mais à peine est-il à terre que mes hommes et moi nous accourons en poussant de tels cris que les loups abandonnent la partie et s'esquivent à la hâte. Ils m'avaient fait une fois chasser pour eux, je venais à mon tour de profiter du fruit de leurs peines : c'était ma revanche. Entre chasseurs, on se doit de ces politesses.

J'ai parlé un peu plus haut de la chasse à l'affût. Il convient, à ce propos, de citer quelques traits des mœurs des antilopes et autres bêtes. Pendant mes longues heures de station patiente dans l'immobilité, il m'a été donné maintes fois de les observer et d'étudier notamment les rapports que les difTérents animaux ont entre eux.

Certaines espèces fraternisent tandis que d'autres se tiennent absolument à l'écart les unes des autres.

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