CHASSE AU BUFFLE
noire se devinait ; mais élail-il mort ? Pour plus de prudence, j'envoyai encore une balle dans l'ombre et, comme rien ne remuait, j'y allai voir, avançant insensiblement, le doigt sur la détente, lt> fusil près de l'épaule, IVeil et l'oreille aux aguets.
Le bufllo était mort : ses cornes, son cerveau, la base du crâne étaient traversés et la balle loq-ée dans les chairs du cou. Si Ton examine soigneusement les cornes du buffle, on verra qu'elles lui tiennent lieu d'os frontal et que la plus grosse épaisseur au dessus du cerveau n'excède pas cinq ou six centimètres.
Cornes di^ Ijullle apparlcnanl à ma coUeclioii.
Une balle doit donc facilement y pénétrer, à condition d'être tirée bien de face. Si, au contraire, l'animal a la tête levée, la surface étant frontale en oblique, il est à craindre qu'il n'y ait ricochet.
Je tuai encore deux léopards dans la même région que les buffles. Le camp étant loin, il m'arriva de laisser de la viande dans la jungle, faute de temps pour l'emporter; le lendemain, ma viande avait disparu, comme de juste ; je trouvai des débris d'ossements sous tous les buissons et partout des traces de lions, d'hyènes et de léopards.
Voulant mettre à profit une si belle aubaine, j'apportai le lendemain une cuisse de buflle que j'attachai solidement, afin
qu'elle fût dévorée sur place, et je me postai sur uu arbre assez élevé, presque immédiatement au dessus, avec ma canardière chargée, comme toujours, d'une large poignée de chevrotines. La lune était magnifique, mais, malgré le soin que j'avais pris d'ététer tous les buissons voisins et même d'en" abattre quelques-uns, on n'y voyait pas du tout.
Vers le milieu de la nuit, je commençais à avoir très sommeil, lorsque les hj'ènes me rappelèrent au sentiment du devoir. J'entendais bien craquer la viande en bas, et d'abord je crus que ces vilains animaux s'en régalaient. Toutefois, comme ils continuaient à ne pas se rapprocher de moi, je finis par comprendre ([uils se tenaient à distance , attendant leur tour, comme ils le font lorsqu'un animal plus fort, léopard ou lion, est en train de déjeuner. Aussi me décidai-je à tirer; je savais parfaitement l'endroit où était l'appât, sans toutefois le voir. Au bruit de ma détonation, rien ne répondit. A cette distance (je pouvais être à six ou sept mètres), mon fusil devait avoir couvert la viande d'une couche régulière et serrée de projectiles.
Vers le matin, les hyènes se firent encore entendre, mais personne ne sembla plus s'approcher de l'arbre. Dès que le jour parut, je vis en bas un léopard mort, tué raide dans la position où il était lorsque j'avais tiré : dressé sur la cuisse du buffle, il mordait la viande, tandis que ses griffes y étaient encore enfoncées ; il avait six chevrotines rien que dans la tête et dix-neuf sur les autres parties du corps.
Le lendemain, la même scène se renouvela, mais le léopard partit en renâclant, en rugissant de douleur, et je l'entendis s'éloigner pendant plus d'un quart d'heure.
Une autre fois, croyant encore avoir affaire au félin, j'abattis une hyène, et la nuit suivante, je tuai un deuxième léopard qui alla mourir à deux mètres de l'appât. Le lion seul me tenait toujours rigueur. Ilprofitait toujours de ce que j'étais absentpour
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.,.„■„. ,uau.c.- les restes de la viande ; mais, jusqu'à présent, nons
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uuaiui ou oi -.,...., .o r,f nn fi attendre.
va le \ou\ noire deuxième
rencontre ne se fit pas attendi
Défenses (
le rliinoccTOS de ma collection.