‹ Mes grandes chasses dans l'Afrique centraleChapitre 79 sur 113 · CHASSE AU BL'FFLI · texte numérisé non relu

CHASSE AU BL'FFLI

rendre furieuse; un peu plus bas, ou casse les omoplates et ou traverse le cœur. Si on touche juste, la bête est jetée à terre et ne peut plus se relever. J'élais arrivé à quarante mètres du buftle qu'il ne se doutait pas encore de notre présence : néau-

Gibier à rabrcuvoir.

moins, en vieux solitaire qu'il était, il se tenait debout, Toeil et l'oreille sur le qui-vive, avec cet air inquiet caractérisant les animaux qui ne comptent que sur eux-mêmes et ne peuvent se relâcher de leur vigilance ni jour ni nuit. Je substituai une balle pleine à la balle expansive de l'express , car la bête était énorme, et, après m'étre reposé et bien calmé, je tirai avec soin — En sautant de côté, je vis que j'avais obtenu le résultat désiré ; la balle avait frappé au bon endroit, la béte était

CUASSES DANS L'AFniyCE CENTRALE.

incapable de nuire. C'était la première fois que cela m'arrivait; jusqu'alors j'avais toujours eu à achever mes buffles et plusieurs d'entre eux m'avaient chargé furieusement.

Dès que le vieux solitaire avait mordu la poussière, Msiambiri qui portait mon grand couteau de chasse s'était précipité pour l'achever avant qu'il se relevât. J'accourais également, l'arme prête pour le cas où l'animal se serait remis sur pied; mais il ne pouvait y arriver, il se débattait, creusant la terre de ses sabots et de ses cornes. Tambarika prit une branche énorme, lui en asséna deux coups formidables sur le front, juste entre les yeux, pour l'étourdir, tandis que Msiambiri lui ouvrait la gorge.

J'étais maintenant fort embarrassé. Comment transporter tant de viande ? Il n'y avait pas à hésiter : il fallait d'abord la faire sécher afin d'en diminuer le poids, puis envoyer tous mes hommes la chercher et la porter à celui des deux camps, qui serait le plus rapproché. Mais lequel était-ce? Je n'en avais pas la moindre idée. Laissant Msiambiri auprès du buffle, j'emmenai Tamljarika qui devait montrer le chemin aux autres. Le hasard voulut que nous fussions à peine à une heure de marche du camp des Arabes. Je gardai un de ceux-ci pour rester avec moi près de la petite mare, tandis que le cuisinier, Tambarika et les autres chasseurs allaient rejoindre Msiambiri avec des récipients d'eau, pour passer la nuit là-bas , sécher la viande et rentrer ensemble au camp aussitôt que le beltong serait prêt, c'est-à-dire le lendemain.

J'attendais d'ailleurs, ce jour-là ou celui d'après, des nouvelles de mes émissaires. Laissant l'Arabe tout seul au camp, je suivis le sentier qu'ils avaient tracé dans les cendres et qu'ils devaient reprendre à leur retour. Je voulais aller leur faire comprendre qu'ils eussent à venir d'abord à mon camp qui était sur leur chemin, au lieu de se rendre directement à celui où j'avais laissé les Arabes.

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