ENCORE DES BUFFLES
je pus tirer encore trois fois; la première et la troisième, je maïKjuai; mais, la deuxième, je cassai la jambe à une femelle qui roula par terre et qui fut achevée immédiatement d'un second COU}).
Le troupeau nous ayant distancés, je fis couvrir les buffles morts et me mis à la recherche du gros mâle qu'il était facile de suivre aux rougeurs. Il était entré, naturellement, sous bois, dans la broussaille épaisse, et, comme de coutume, dès ce moment, notre vie était à la merci des circonstances. Je m'étais souvent arrêté pour écouter, mais, n'ayant rien entendu, j'avançais avec la plus grande précaution. Derrière moi, très près, venait Msiambiri, comme moi l'arme prête, le doigt sur la détente, le canon en l'air. A quatre ou cinq mètres, avec un fusil à pierre, Tchissamba, le porteur qui avait tant voulu nous suivre. Les autres venaient un peu plus loin.
Tout à coup, un grand bruit se fit derrière moi : nous avions passé devant le buffle sans nous en apercevoir ! L'animal sortit comme la foudre... Je me retournai et le couchai enjoué, car il se présentait de profil; mais, au moment où je pressais la détente, je vis devant moi le malheureux Tchissamba que le buffle chargeait! Ne pouvant tirer de peur de tuer l'homme,
j'attendis une seconde pendant laquelle il disparut Je tirai
alors mes deux coups, le buffle tomba sur les genoux, labourant la terre de son mufle, et, pendant qu'il cherchait à se relever, Msiambiri lui déchargea les deux coups de mon calibre 12 presque à bout portant... Une des balles traversa le cou de l'animal et laboura la terre de l'autre côté, la deuxième lui brisa l'épine dorsale. Je l'achevai d'un coup derrière l'oreille.
Dès que la fumée fut dissipée, je cherchai des yeux le malheureux que j'avais cru seulement renversé par la béte furieuse... 11 était là, gisant dans l'herbe, le ventre et le flanc ouverts, perdant son sang, sans connaissance, les intestins sortant par la plaie béante! Il avait reçu un coup de corne!