MORT HORRIBLE D'UN NOIR
Je n'essayerai pas de peindre la doiilenr que j'éprouvai en voyant ce spectacle : il sera toujours présent à ma mémoire ; j(» ne puis y penser sans (jue les larmes me montent auxj-enx.
Mais il ne fallait pas perdre de temps : deux branchés furent coupées ; on y installa des traverses et des herbes, et nous portâmes le pauvre blessé jusqu'au camp. J'essayai de le rappeler à lui, d'arrêter Thémorragie, de remettre les intestins dans le ventre et de bander la plaie, mais on ne survit pas à une pareille blessure : l'ouverture avait plus de vingt centimètres, le foie et peut-être Testomac étaient touchés, le péritoine^ était déchiré, sans compter tout ce que je ne pouvais voii'. Le malheureux reprit connaissance; je lui fis avaler du rhum, le seul cordial que j'eusse dans ma pharmacie. Il mourut une heure après dans une espèce de somnolence, sans s'être rendu compte de son horrible état.
La mort de ce pauvre garçon me fit beaucoup plus de peine, à moi, qu'à ses camarades. Le soir, autour des feux, ils devisaient en riant, comme de coutume, de choses et d'autres, semblant avoir déjà oublié celui d'entre eux qu'on avait enterré au coucher du soleil.
Poires à poudre de chasseurs iiidisenos.