‹ Mes grandes chasses dans l'Afrique centraleChapitre 87 sur 113 · NOUVELLE CHASSE AU BUFFLE · texte numérisé non relu

NOUVELLE CHASSE AU BUFFLE

de fusil, ayant aperçu une petite troupe de sept ou huit buffles dans un état d'embonpoint magnifique, je résolus de me procurer, si possible, un morceau de viande un peu plus convenable que mon beltong d'éléphant. Cette chasse m'ayant donné Toc-

Zébrc.

casion d'un des plus jolis coups de fusil que j'aie jamais faits, je vais la raconter rapidement.

Nous étions sur un terrain excessivement accidenté : partout des ravines, des collines, des bosses et des trous. A peine vîmes-nous les buffles que nous résolûmes d'employer un autre système que celui que j'ai décrit jusqu'à présent : il s'agissait de les poursuivre rapidement jusqu'à ce que, perdant haleine, ils s'arrêtassent d'eux-mêmes épuisés ; nous comptions, en un mot.

les forcer à lu course. J'ajoute que cet exercice n'est guère possible que pour des chasseurs d'éléphants, ayant surtout à faire à des animaux très gras, car il représente un effort, un strussle, comme disent nos voisins, considérable.

Nous nous élançons au pas gymnastique derrière les buffles et dans leur propre piste ; les voici, fuyant lourdement à un petit galop essoufflé, qui s'engagent à un certain moment dans une vallée longée par des collines, ou plutôt par une seule éminence parallèle. Grimpant sur l'éminence, nous nous mettons à courir parallèlement aux ruminants, nous en haut et eux en bas. Il y avait ainsi plus de vingt minutes que la course durait , quand tout à coup, devant les buflles , un véritable rempart se dressa qui menait à notre niveau. Ils étaient dans un cul-desac et furent obligés de gravir le rempart à un pas lent et pénible. J'avais espéré jusqu'alors qu'ils finiraient par s'arrêter essoufflés, nous regardant bêtement comme ils le font lorsqu'ils sont exténués ; mais cette montée au pas revenait au même pour moi, puisqu'elle me permettait de viser avec calme.

Tandis que les premiers buffles étaient déjà à la crête, j'en choisis un des plus gras qui grimpait péniblement à vingt-cinq mètres de moi; l'ajustant juste au garrot, à la jointure de l'épine dorsale et des omoplates, je pressai la détente : le coup retentit d'une façon formidable dans ces vallons ; le buffle s'affaissa, tourna sur lui-même et roula au bas du talus comme un formidable lièvre. En arrivant en bas, il était mort. Cette chute de quinze mètres avait achevé de briser son épine dorsale, et le choc de l'arrivée lui avait sans doute donné le coup de grâce.

Ce matin-là, jetais parti pour ma promenade seulement avec Msiambiri et Maonda. Le premier, pendant la course , s'était enfoncé profondément une épine dans le })ied et il était resté à l'endroit de l'accident, essayant, avec son couteau, d'extraire

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