‹ Mes heures perduesChapitre 3 sur 97 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

François 7cr, auquel no manquent ni les violentes qualité* ni les beaux défauts romani iqnos, ot avec sa comédie Plus de peur que de mal, ingénieuse et brillante imitation des farces de Molière, il ne fut que trop joué ensuite, lorsqu'il se résigna à suivre les conseils des gens raisonnables et à écrire des vaudevilles, pour vivre.

Mais le noble effort de Félix Arvers ne devait pas rester sans récompense. Bien vite, un oubli profond couvrit pour jamais ses vaudevilles et ses comédies à succès, où les colonels parlent en vers, et au contraire ses Heures perdues devinrent des heures gagnées, et on se rappela, on retrouva, on voulut revoir ses poésies, sur lesquelles le premier Charles Asselineau appela l'attention dans l'Antologie Grépet et dans la bibliographie romantique. Et pour donner une récompense royale et divine à celui qui l'avait ardemment aimée, la Muse voulut qu'à jamais vécût et brillât sur la tombe du poëte cette fleur délicate et précieuse que rien ne peut faner, le rare, l'inimitable, le délicieux sonnet que caressent les larmes de la rosée et les baisers de la lumière vermeille, celui que les amants appelleront à jamais : Le Sonnet d' Arvers.

On ne connaît pas la femme pour qui il a été écrit, et il ne faut pas qu'on la connaisse ; en ceci encore est l'éternelle justice. Comme elle n'a pas deviné l'amour chaste et résigné du poëte, comme elle ne lui a donné ni une consolation ni un sourire, il faut aussi qu'elle ne marche jamais sur le tapis triomphal qu'il avait étendu devant ses pieds dédaigneux. Nul ne peut lui reprendre l'immortalité qu'elle a reçue, mais tandis que la lumière des étoiles rit et se joue sur sa robe de fiancée, son visage restera inconnu et voilé d'une ombre éternelle.

THÉODORE DE BANVILLE, l'aris, septembre 1878.

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