LA MORT DE PRANÇOI
FERRON, continuant.
Son cœur est un mystère Dont ton œil n'a jamais pénétré les replis. Tu sais tous tes devoirs d'épouse, et les remplis; Tu ne soupçonnes pas par combien de souffrance-, D'angoisses, de remords, et d'effroyables transes, La femme criminelle expie à tout moment L'affront fait à l'époux, et l'oubli du serment! C'est un mal incurable, une lente agonie...
LA FEROXNIERE, à part.
■Grâce !
FERRON, contir.Utnt.
Le jour, la crainte; et la nuit, l'n somnie. Trembler près d'un époux, et ne pouvoir jamais
(Apercevant la robe jetée sur un escabeau.) Le serrer dans ses bras sans frissonner... Eh mais! Que vois-je donc là-bas?
LA féronnière, troublée,
Cela?... c'est ma marraine....
Comme dame d'honneur attachée à la reiue. .. Dont c'est demain la fête... et qui m'a fait cadeau De la robe fourrée, ainsi que du bandeau...
FERRON, examinant la robe,
Elle est bien généreuse, au moins : quelle richesse ! Quel luxe ! C'est vraiment un fourreau de duchesse ! Mais c'est bien beau pour nous, pauvres bourgeois : aussi, Crois-moi, ne le prends pas, et garde celui-ci.