‹ Mes heures perduesChapitre 37 sur 97 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Qui ne vit et se meut qu'afin de mieux saisir Le caprice du maître et de son bon plaisir? Elle, c'est son affaire; elle est habituée, Grâce à vous, à se voir ainsi prostituée : La honte est un métier pour elle, et les maris Viennent là, sachant tout, en recevoir le prix. Alors on les fait ducs, et leurs femmes duchesses; Pour eux sont les faveurs, pour eux sont les richesses : On leur donne en retour l'ordre de la Toison, Ou le droit de porter des lis dans leur blason. Mais à nous qui tenons ces hommes pour infâmes, Qui n'avons au logis que l'amour de nos femmes, Simples et pauvres gens, pourquoi nous le voler, A nous qui n'avons rien pour nous en consoler?

FRANÇOIS Ier.

J'aurais un grand plaisir, mon maître, à vous entendre; Mais on m'attend : un roi ne doit pas faire attendre; Voici l'heure où je dois donner en mon palais Les lettres de créance à maître Rabelais, Avec mons Dubellay partant pour l'Italie ; Veuillez donc excuser ma retraite impolie. Adieu ; réfléchissez à tout ce que j'ai dit : Surtout, soyez plus sage.

FERRON

Et vous, soyez maudit.

(Le roi sort.)

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