‹ Mes heures perduesChapitre 63 sur 97 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

le maréchal D'ANNEBAUT, GUILLAUME COP, médecin du roi.

(Guillaume Cop entre par une porte latérale; d'Annebaut va au devant de lui avec empressement);

d'annebaut.

C'est vous ! — Votre présence est ici nécessaire, Maître Cop; vous avez reçu,. '

COP

Votre émissaire, Monseigneur, m'a remis hier votre billet, Et me voici de grand matin à Rambouillet ; Ma monture est si bonne, et d'une intelligence!. .

d'annebaut.

Maître, bien vous a pris de faire diligence!

COP

Item, j'amène ici maître Ambroise Paré, Mon confrère.

180 LA MORT DE FRANÇOIS Ier

d'annebaut.

k C'est bien, je vous en sais bon gré.

COP

Il est venu céans en croupe sur ma mule ; C'est un jeune homme instruit, qui connaît la formule Autant comme ferait le plus vieux des docteur?, Et qui sait ad unguem les plus graves auteurs. Maintenant, dites-moi, quelle douleur nouvelle, Quelle fièvre quartaine, apostume ou gravelle, Quel symptôme effrayant a donc nécessité Un rappel aussi prompt près de sa majesté?

d'annebaut.

Eh,' mon Dieu ! c'est toujours ce mal cruel, qui semble Se rire des docteurs et de l'art tout ensemble: Vous, premier médecin du roi, vous avez su Comme à Compiègne un jour il avait aperçu Des signes effrayans, et de telle nature...

COP

Oui, vraiment. C'était même après une aventure Dont les oisifs de cour parlaient fort dans le temps; Je ne sais plus trop quoi : voilà tantôt huit ans De cela ; depuis lors, quoi que la médecine Ait fait pour extirper ce mal dans sa racine, Le mal est resté là; jamais la Faculté Ne put avoir raison de sa ténacité.

De tant de soins perdus, de tant de patience, Il n'est rien advenu, sinon que la science

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