‹ Mes loisirsChapitre 10 sur 42 · ALLELUIA · texte numérisé non relu

ALLELUIA

HOMMAGE A M. l'ABBÉ THS. CAROX, T. G.

Eesurrexit sicut dixtt, alléluia!

Satan vient de s'enfuir au font des noirs abîmes ; L'immense sacrifice est enfin achevé :

Le monde a consommé le plus grand de ses crimes. Et le monde est sauvé !

* Supérieur du Collège de Nicolet..

tTne hymiie â retenti sous les sacrés portiques Et les échos du ciel ont redit les cantiques Que les anges chantaient sur leurs lyres de feu. Des brûlants Séraphins les augustes phalanges, Les Trônes étonnés, les sublimes Archanges Chantent le triomphe d'un Dieu !

Chantez, anges des cieux, et dans votre allégresse Entonnez tous en chœur votre chant le plus beau ; Celui pour qui le ciel était dans la tristesse Est sorti du tombeau !

L'Univers tout entier frémissait d'épouvante : Le Christ était mourant. Dans sa rage sanglante De vinaigre et de fiel un monstre l'abreuva, Mais deux soleils à peine ont passé sur sa tombe Que l'Homme-Dieu s'élance ainsi qu'une colombe Yers le palais de Jéhova !

Rugissant de courroux dans sa demeure immonde Lucifer sur sou trône a tremblé de terreur,

Et la mort jusqu'ici la maîtresse du mondo A trouvé son vainqueur.

Pendant que de la nuit les profondes ténèbres Couvraient le Golgotha de leurs voiles funèbres, Une immense clarté dans les ombres a lui. Le Christ sort du tombeau tout rayonnant de gloire. Tremblants, épouvantés, les gardes du Prétoire Tombent foudroyés devant lui.

Il vit ! et du tombeau secouant la poussière,

Tout brillant de splendeur il éblouit les yeux .... Puis soudain dans des flots d'éclatante lumière On voit s'ouvrir les cieux !

Alors trois escadrons des célestes armées, Chantant et secouant leurs ailes enflammées Au devant de leur roi dii-igent leur essor, Et de blonds Chérubins aux vêtements de neige D'un vol harmonieux précèdent le cortège Portés sur leurs six ailes d'or !

Bientôt le front caché sous ces ailes brûlantes, Us adorent le fils du monai*que éternel, Et sur ses pas divins leurs cohortes brillantes Remontent vers le ciel.

Comme ces globes d'or qui de leur blanche reine Suivent pendant la nuit la course aérienne. Tous ces princes du ciel suivent le roi des rois ; Leurs mains laissent tomber des roses immortelles ; Ils chantent et soudain les harpes éternelles Frémissent d'amour sous leurs doigts ;

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" Tressaillez d'allégresse, ô peuples de la terre î " Chantez avec les cieux l'éternel hozanna ! " Car Dieu vient d'opposer le pardon du Calvaire " Aux foudres du Sina !

" Sion ! ferme à jamais tes augustes portiques ! " N'éveille plus l'écho de tes lambris dorés !

*' Plus d'agneaux égorgés dans tea parvis antiques, ** Sur tes autels saci'és !

*' Eteints tes encensoirs dont la flamme odorante ** Roule en flots de parfums, se ranime ou s'endort î ■*' Plus de fêtes le soir à la lueur mourante " De tes sept lampes d'or!

"" Ne verse plus à flots le nard et le dictame, *' N'embaume plus les airs du parfum le plus pur, *' Ne brûle plus l'encens, la myrrbe et le cinname " Dans tes urnes d'azur 1

*' Suspendez vos accords, ô tardes de Solyme: " Les harpes d'Israël ont horreur de vos mains ** Qui viennent d'immoler une auguste victime, " Le sauveur des humains.

^^ Malheur à toi, Sion ! malheur aux déioîdesî *' Bientôt tes ennemis cerneront tes remparts ; ^ Sur toi des légions de soldats intrépides ^ Fondront de toutes parts-

" A son banquet ton Dien t'appela la première, " Mais, ingrate Sion, tu fus sourde à sa voix ; " Et voilà que son bras a réduit en poussière " Le sceptre de tes rois.

'* H a lancé sur toi ses foudres vengeresses : " Ton temple, tes autels sont détruits pour toujours ; " D a frappé du pied tes hautes forteresses, " Tes ors^ueilleuses tours !

" Quitte, Galiléen, ta retraite profonde ; *' Va par tout l'Univers faire entendre ta voix *' Et timide pécheur va conquérir le monde ; " Ton arme c'est la croix !

" Et vous qu'à son banquet le Tout-Puissant convie, " O race des gentils, ô fortunés mortels ! " A celui dont la mort vous a donné la vie " Elevez des autelsw

" Tressaillez d'allégresse, ô peuples de la terre ! " Chantez avec les cieux l'éternel hozauna î " Car Dieu vient d'opposer le pardon du Calvaire " Aux foudres du Sina !"

Leurs voix roulaient encor dans les champs de l'espace, Et leur brillant essaim comme un astre qui passe. S'élançait par delà tous les mondes ravis. Les cieux ont entendu leurs hymnes solennelles,

Et les demeures éternelles Inclinent devant eux leurs augustes parvis.

Fleuves, ruisseaux, fontaines, Filtrant sous le gazon, Forêts, immenses plaines !

Montagnes dont les chaînes Dentellent l'horizon !

Vagues, flots de la grève, Ecume du torrent, Rameaux bouillants de sève Que la brise soulève De son souffle odorant !

Murmures du rivage Où s'endort le flot bleu, Foudres qui dans l'orage Déchirez le nuage Par un sillon de feu !

Des forêts murmurantes Orchestre aux mille voix, Ouragans et tourmentes, Cascades écumantes Grondant au fond des bois l

Brillant concert des mondes, Rochers silencieux, Immensité des ondes, Et vous, grottes profondes.

Chantez le roi des cieux !

Chantez le roi des cieux, sur votre lyre immense ! Chantez le roi des cieux dans un commun transport ! îl est ressuscité ! . . . . Pour chanter sa puissance Unissez de vos voix le grandiose accord !

Chantez, bardes des cieux, sur vos lyres sublimes! Car le jour du Seigneur est enfin arrivé ! Le monde a consommé le plus grand de ses crimes,. Et le monde est sauvé !

Avril 1859 .

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